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Ebola et affrontements en RDC: villa de l’OMS touchée par un obus, 16 personnels provisoirement envoyés à Goma

Seize membres du personnel de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), mobilisés contre l’épidémie Ebola dans l’est de la RDC, ont dû quitter Beni où un obus a touché la villa qu’ils occupaient vendredi soir, lors d’affrontements entre des Casques bleus et des rebelles, a indiqué l’OMS à l’AFP.

« C’est dans les échanges de tirs que la villa a reçu un obus. Ce n’était pas une attaque délibérée contre la villa », a déclaré à l’AFP le Dr Michel Yao, coordonnateur de la lutte contre le virus Ebola à Beni.

Il n’y a pas de blessé, a-t-il précisé, sans savoir si l’obus venait du camp de la force onusienne, de l’armée congolaise ou des rebelles.

C’est la première fois que l’OMS doit évacuer, même provisoirement, des personnels depuis la déclaration de l’épidémie d’Ebola le 1er août dans la région hautement dangereuse de Beni.

Les 16 membres (sur 191 de l’OMS au total à Beni) sont partis samedi à Goma « pour déstresser » et dans l’attente d’une solution pour leur logement, selon Mr Yao.

« C’est une villa à deux niveaux et le staff s’était réfugié en bas. L’obus a atterri sur le toit dans une des toilettes », a-t-il précisé, ajoutant que certaines personnes sont « traumatisées ».

Plus tôt samedi, le ministère congolais de la Santé avait indiqué que la lutte contre l’épidémie d’Ebola à Beni avait été suspendue après des affrontements armés la veille, « à quelques mètres du Centre des opérations d’urgence et des hôtels dans lesquels plusieurs équipes sont logées ».

Vendredi soir, les Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) ont repoussé une nouvelle offensive attribuée au groupe armé ADF « après plusieurs heures d’affrontements » dans le quartier Boikene, à l’entrée nord de Beni, selon le bulletin quotidien du ministère de la Santé.

Les Forces démocratiques alliées (ADF), qui ont massacré des centaines de civils depuis 2014 et tué au moins sept Casques bleus cette semaine dans des affrontements, voulaient « attaquer l’une des bases de la Monusco », d’après ce document officiel congolais.

Les affrontements de vendredi soir se sont soldés par deux maisons et une voiture incendiées à une centaine de mètres d’un des hôtels occupés par les équipes anti-Ebola, d’après un correspondant de l’AFP.

« Le ministre de la Santé, le Dr Oly Ilunga Kalenga, déplore ces actes de violence (…). L’épidémie reste dangereuse, en particulier à Beni », ajoute le ministère de la Santé.

Historiquement des rebelles musulmans ougandais repliés dans l’est du Congo dans les années 90, les ADF multiplient les attaques contre la ville de Beni depuis septembre, après des massacres qui visaient surtout Oïcha au nord ou des routes et des champs dans la brousse.

Un hommage a été rendu samedi à Beni aux six Casques bleus du Malawi et au Casque bleu tanzanien tués cette semaine dans l’offensive contre les ADF menée conjointement avec l’armée congolaise.

Quinze Casque bleus tanzaniens avaient été tués le 8 décembre de l’an dernier dans l’attaque d’une base onusienne dans la région de Beni attribuée aux ADF.

Des élections sont prévues en RDC le 23 décembre. En début de semaine, la représentante des Nations unies au Congo, Leïla Zerrougui, s’était déclarée « de plus en plus alarmée » par la situation à Beni, en s’inquiétant de la situation sécuritaire qui menace la tenue des élections en de nombreuses régions de l’est du pays.

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