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Ebola: Le Cameroun fait face à un risque réel (ministre)

Les mesures prises par le gouvernement, limitant le mouvement des personnes en provenance des pays touchés, se heurtent à la porosité des frontières selon le ministre de la Santé publique

Le Cameroun, qui n’a pas encore déclaré de cas de personne atteinte de la fièvre hémorragique Ebola, fait face toutefois à un «risque réel» d’importation de cette maladie qui sévit au Libéria, en Sierra Leone, en Guinée et au Nigéria voisin. «En effet, à cause de la porosité de nos frontières et avec l’afflux des réfugiés venant de ce pays voisin, les risues d’importation de cette épidémie au Cameroun sont réels», a reconnu le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, dans une interview accordée à Cameroon Tribune, dans son édition du 20 août.

D’après le ministre de la Santé publique, la décision prise le 14 août dernier de limiter les déplacements par voie aérienne, fluviale ou terrestre en direction des zones à risque, se heurte à un obstacle pratique. «Le renforcement de la surveillance épidémiologique et de la collaboration transfrontalière sont les interventions prioritaires aux portes d’entrée du pays. Notamment les aéroports et ports maritimes. Notre difficulté réside dans le contrôle des points d’entrée terrestre pour les voyageurs qui viennent du Nigéria, du fait de la porosité de nos frontières avec ce grand voisin», explique-t-il. Le Nigéria et le Cameroun partagent en effet une frontière terrestre de plus de 2000 Km.

L’épidémie d’Ebola a déjà fait 1229 morts, selon un bilan actualisé présenté par l’OMS le 19 août, dont 466 au Libéria (avec 834 cas), 394 en Guinée (avec 543 cas), 365 en Sierra Leone (avec 848 cas) et 4 au Nigéria (avec 15 cas recensés).

Face à cette maladie qui n’a encore pour l’heure aucun traitement spécifique, André Mama Fouda recommande de mettre en uvre un certain nombre de gestes utiles: «Toute personne ayant séjourné dans un pays en épidémie doit rapidement se rendre dans une formation sanitaire, en cas d’apparition d’un, ou plusieurs des symptômes suivants: fièvre, douleurs musculaires, diarrhée, vomissement et hémorragie ; éviter de manipuler ou de consommer un gibier trouvé mort ; les mesures habituelles d’hygiène doivent plus que jamais être renforcées, non seulement au niveau des individus, mais aussi au niveau des formations sanitaires».

Se refusant d’alarmer les populations et les personnes qui pourraient en être infectées, le ministre de la Santé publique indique que le traitement des symptômes «initié de façon précoce», permet de sauver 40 à 50% des personnes atteintes. «Le recours rapide au système de santé permet ainsi non seulement de se donner des chances de survie, mais aussi de protéger les siens et d’éviter la propagation de la maladie», conseille André Mama Fouda.

André Mama Fouda, ministre de la Santé publique du Cameroun
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