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Economie: Déficit public Camerounais à la hausse

La Caisse autonome d’amortissement a prescrit aux autorités la vigilance sur la gestion de l’endettement

35 milliards FCFA de hausse
Selon le rapport rendu public par la caisse autonome d’amortissement(CAA) la dette publique due par l’Etat camerounais a connu une augmentation de 1,5%, passant de 1.478 milliards des FCFA au premier trimestre 2009, à 1.501 milliards de FCFA pour la même période cette année. Soit une augmentation de 35 milliards de FCFA. Le même rapport indique que la perte de valeur de la monnaie européenne (Euro) auquel est attaché le FCFA utilisé au Cameroun a contribué à augmenter le niveau du stock de la dette publique d’environ 1%. Une situation qui selon la CAA devrait préoccuper les autorités en charge de l’économie. Au 31 mars 2010, la dette publique due en devises étrangères était composée de 57,28% de prêts obtenus en Euro. Si cette monnaie continuait à perdre de la valeur, le volume des emprunts libellés en dollars américains (5,24%) pourrait significativement augmenter, selon la CAA. Au moins deux tiers de l’ensemble des engagements financiers pris par le Cameroun sous forme d’emprunts sont ainsi exposés à la variation des cours de change (la valeur du CFA par rapport aux monnaies étrangères). Une situation qui il est vrai peut faire baisser ou augmenter le montant, en fonction de la variation des taux de change sur les marchés financiers. Pour l’heure, la tendance est à la hausse. Les clauses de variabilité, contenus dans les accords de prêts signés par le Cameroun et ses « partenaires » financiers étant inconnues, pour les experts, une variation du taux de change comme celui que connait aujourd’hui l’euro face au dollar Américain suffit à faire augmenter la quantité d’argent à rembourser plus tard, de plusieurs centaines de millions de Francs CFA, et ce malgré les taux d’intérêts qualifiés d’attractifs par les dirigeants camerounais.

Des demandes de financement supérieurs aux besoins initiaux
La publication de cette information fait craindre à de nombreux experts, que la situation de surendettement allégée avec l’initiative pays pauvre très endettés (PPTE) ne refasse à nouveau surface, avec des conséquences très lourdes pour les ménages camerounais. L’impossibilité de tenir ses échéances de remboursement par le Cameroun, avait conduit à l’application des mesures d’ajustement structurel, qui ont considérablement réduit le niveau de vie des camerounais, et provoqué la destruction du faible tissu de production locale des biens et services qui s’installaient déjà. Les experts sont d’autant plus inquiets, qu’aucun chiffre exact sur les conséquences réelles de l’application ratée du document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP) au Cameroun, n’a été avancé. Au lendemain de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE, le gouvernement avait misé sur l’augmentation de l’épargne budgétaire. L’allègement de la dette issue de l’initiative devait contribuer à partir de 2007, à une baisse significative et continue de la dette publique camerounaise jusqu’en 2012. Lorsqu’on évalue les projections des besoins de financement du Cameroun pour la réalisation de ses « Projets structurants » on est situé à plus de 1700 milliards FCFA jusqu’en 2014. Un montant très largement au-dessus des besoins projetés au lendemain de l’atteinte du point d’achèvement PPTE.

Conseil de ministre au Cameroun
Journalducameroun.com)/n

A qui profitent l’endettement du Cameroun?
Dans ses derniers discours, le président camerounais confirmé par la suite par ses ministres attribue ce surplus en besoin de financement, par la nécessité de poursuivre les politiques d’investissement initiées par le pays et aussi par la crise mondiale qui a eu des conséquences sur les recettes issues de l’exportation. Mais de nombreux experts financiers ne sont pas de cet avis. Dans une lettre adressée aux députés camerounais en décembre 2009, lors de l’adoption par le parlement de la loi de finance 2010, l’ingénieur financier Babissakana, attirait l’attention des députés sur le fait que le cumul de tous les excédents budgétaires du Cameroun depuis ces 5 dernières années, avoisinait près de 1500 milliards de FCFA, soit une bonne partie de l’encours de la dette officiellement reconnue par les autorités camerounaises, mais aussi équivalent à une bonne partie de la masse totale des besoins de financement par le Cameroun de ses grands chantiers énergétiques et infrastructurels. Une des situations qui selon Babissakana a contribué à l’importance du cumul de l’excédent budgétaire. Certaines analyses vont plus loin que la note d’information de la CAA, pour permettre d’attirer l’attention des autorités camerounaises sur la menace réelle d’une perspective d’un nouveau surendettement. En refaisant à nouveau du Cameroun un consommateur de prêt, les autorités camerounaises compromettraient selon certains experts, l’avenir économique d’un pays aux potentialités reconnues. Le comportement de l’Etat Cameroun semble créditer cette thèse. Face à la crise, le gouvernement a préféré emprunter plutôt que de réduire son train de vie. Un effort de réexamen des dépenses publiques au profit des dépenses porteuses de croissance (dépenses d’éducation, de développement du système de santé, de développement des infrastructures de communications et de télécommunications déficientes) a été fait. Des mesures visant à réduire le train de vie de l’Etat (audit de la masse salariale et des pensions, maîtrise de l’acquisition des véhicules administratifs et des charges courantes de fonctionnement), ont elle aussi été prises. Mais la vérité est que sur le budget 2010, les dépenses de fonctionnement ont fortement augmenté, plombant les investissements dans les secteurs productifs.

L’ingénieur Financier Babissakana a tiré la sonnette d’alarme
Babissakana)/n
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