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Économie, politique et insécurité en couverture des journaux camerounais

Les journaux camerounais parus mercredi consacrent une place de choix à des sujets liés à l’économie interne, à la future élection présidentielle ainsi qu’à la sempiternelle crise anglophone.C’est d’abord le bihebdomadaire Repères, sous le titre : «Finances publiques du pays : le glas sonne pour l’opacité», qui se penche sur la nouvelle loi portant Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques, qui annonce la fin du flou entretenu autour des dépenses sécuritaires, des contrats pétroliers et marque un pas vers la déclaration des biens, jamais appliquée et pourtant prévue par la Constitution de 1996.

Ainsi, sous réserve de l’adoption et de la promulgation d’un texte définissant les circonstances permettant d’établir l’enrichissement illicite et de punir, les responsables publics sont astreints à faire la lumière sur leurs avoirs à la prise et au terme de leur mandat ou fonction.

Mais la publication marque tout de même un bémol : «Si pour certains, cette loi peut sembler ‘’révolutionnaire », une connaissance empirique de la gouvernance publique au Cameroun montre que le problème, loin de se situer au niveau de l’encadrement juridique des affaires publiques, se trouve plutôt au niveau de son application. Par conséquent le caractère ‘’révolutionnaire » de cette loi ne prendra effet que lorsqu’elle sera effectivement implémentée.»

Ceci n’a sans doute rien à voir avec cela, mais, si l’on en croit Le Quotidien de l’Économie, le budget d’investissement public, objet de toutes les manipulations, est aujourd’hui confronté aux dures réalités de l’économie réelle : en passant à 37,93% au premier semestre 2018 contre 69,86% à la même période l’année dernière, la baisse de son taux d’engagement est révélatrice d’un malaise qui avait fait son lit dans le processus de passation de la commande publique dans le pays.

Il est clair, répond en écho Expression Économique, que les contraintes du programme de réformes, conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) en juin 2017, y sont pour quelque chose – et heureusement.

Pour accompagner le Cameroun dans ce vaste champ, le Centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques du Cameroun (Camercap), un think-thank, vient de proposer ses bons offices au gouvernement pour l’accompagnement dans les politiques structurelles, la gestion publique, les secteurs financiers, la valorisation des ressources humaines ainsi que la protection sociale.

Au package de solutions attendues de ce compagnonnage, il faudrait, renchérit EcoMatin, ajouter la nouvelle croisade que vient de lancer la Commission nationale anti-corruption (CONAC) contre les administrations des Impôts, de la Douane et du Trésor, considérées comme le ventre mou de la gouvernance et dont les mauvaises pratiques sont passées au crible depuis quelques jours.

Une autre expédition punitive, que signale le nouveau tabloïd en langue anglaise Eco-Outlook, c’est celle que vient de lancer le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, contre les délinquants de la micro-finance dont les établissements non agréés vont devoir baisser le rideau.

Dans l’autre sens, salue Diapason qui en dresse la liste, 412 de ces structures viennent de voir leur agrément soit renouvelé, ou alors confirmé par la même personnalité.

Dans le champ politique, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune salue la «coopération vivante» entre le pays et l’Ordre souverain de Malte dont le dirigeant, Fra’ Giacomo Dalla Torre del Tempio di Sanguinetto, en visite officielle de 4 jours, a rencontré la veille le chef de l’Etat Paul Biya.

En dehors de l’hôpital Saint-Jean de Malte de Njombé (Littoral), détaille Repères, l’Ordre soutient et assure la prise en charge de la léproserie au centre Rohan Chabot de Mokolo (Extrême-Nord) et le service chirurgical de la léproserie de Nyamsong (Centre), détaille Repères qui prévoit, dans les mois à venir, un renforcement de cette coopération dans les domaines du secourisme, de l’assistance humanitaire, de l’accueil des réfugiés et de l’accès aux soins de santé en faveur des populations défavorisées.

Évoquant l’élection présidentielle du 7 octobre prochain, la même publication constate que l’heure est aux derniers réglages avant l’expiration du délai de dépôt des dossiers de candidature à Elections Cameroon (Elecam), ce 19 juillet 2018 : à un jour de la date butoir, les partis politiques mettent les bouchées doubles et se préparent à battre campagne.

Et, pendant que L’Épervier estime que ce scrutin sonnera la fin des illusions, pour une opposition plongée dans ses propres turpitudes, Ouest-Echos sent plutôt comme un vent de peur-panique dans le camp au pouvoir : en fin de semaine dernière, relate l’hebdo régional, c’est le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguie Djibril en personne, qui a perpétré un «acte de barbarie» dans son Maroua natal (Extrême-Nord) en brûlant, publiquement et sous les caméras, les tenues d’un parti d’opposition.

A travers ce geste, la 3ème personnalité du pays démontre clairement que le régime a perdu la main dans cette zone considérée comme «la plus peuplée, la plus pauvre et la plus sous-scolarisée» du pays, mais toujours théâtre de toutes les fraudes électorales ayant permis au régime de Yaoundé de se maintenir.

Dans la région de l’Est, important gisement de suffrages et elle aussi enclavée, Le Messager signale un autre fait suspect et qui pourrait être imputé au pouvoir en place : des centaines de réfugiés centrafricains s’y retrouvent dans le fichier électoral de leur pays d’accueil, sur fond de braderie de la nationalité camerounaise.

Dans le chaudron sécessionniste anglophone, The Guardian Post consacre un reportage sur un sujet insolite : dans la région du Nord-Ouest, ce sont désormais les femmes qui creusent des tombes pour enterrer des proches tués par l’armée, alors que les hommes s’enfuient dès que les armes commencent à crépiter.

Dans le chef-lieu de ladite région, Bamenda, Mutations signale effectivement plusieurs morts, enregistrées ces derniers jours dans les affrontements entre les activistes (réels ou présumés) et les forces de défense et de sécurité, avec à la clé d’innocents civils dans les dégâts collatéraux.

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