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ELECAM: La polémique se poursuit

Des révélations sur la personnalité du président d’ELECAM et une présumée suspension des financements prévus par le Commonwealth ont enflammé la sphère médiatique

Le moins que l’on puisse dire, remarque le journal AURORE PLUS, c’est que Elecam commence bien mal. Ce journal, citant une dépêche de APA, fait savoir que « Le Commonwealth a suspendu son appui financier d’un montant de 15 millions d’Euros destinés à la mise en place de Elections Cameroon (Elecam) ». Et ce n’est pas la démission des membres du Rdpc, parti au pouvoir, qui a calmé les esprits. Au contraire, le communiqué du secrétaire général de ce parti qui constate que « les personnalités concernées membres du Rdpc à la date de leur nomination, ont remis leur démission du parti au président national du Rdpc, selon les formulaires statutaires afin de se conformer aux dispositions relatives aux incompatibilités » n’a fait qu’étaler des manquements de la démarche du pouvoir de Yaoundé. Cette sortie du secrétaire général du Rdpc, BEBELA la qualifie de « fausse partition ». L’on voudrait savoir comment les membres du Rdpc s’y sont pris pour remettre leur démission au président national ? s’interroge le journal de Henriette Ekwé. « Ces nouveaux promus présentés comme personnes qu’il faut à la place qu’il faut, sont coupables de la décrépitude du pays » analyse le même journal. Et s’il y a un des membres sur qui pèse beaucoup de soupçons, c’est bien le président Fonkam Samuel Azu’u. « Un clou dans la chaussure de Paul Biya » observe BEBELA qui titre à sa Une que le nouveau président de Elecam et secrétaire général adjoint de l’assemblée national « imite la signature de Cavaye Yeguié », le président de l’auguste chambre. « Il existerait un autre document bizarre et de la même nature que celui dont était en possession les quatre jeunes gens originaires de la région anglophone du Cameroun et qui s’apprêtaient à s’exiler aux Etats-Unis au moment où ils ont été stoppés net par un contrôle de routine à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Sauf que cet autre document est un ordre de mission mettant en route le secrétaire général adjoint de l’assemblée nationale, Fonkam Azu’u lui-même pour les USA, à la seule différence que le présent document est plutôt signé du président de l’auguste chambre, Cavaye Yeguié Djibril en personne et qui ne se reconnait pas une telle démarche ». La conclusion reste en tout cas la même pour plusieurs commentateurs dont Henriette Ekwé, « avec les nominations d’Elecam, c’est l’alternance politique qui est à jamais interdite ».

Mais en fait, qu’en pense le peuple camerounais, LA METEO est descendue dans les rues de la capitale pour tenter de trouver une réponse. Une galerie de réactions de 37 personnes qui se recrutent dans toutes les classes sociales est proposée aux lecteurs. Entre les préoccupations de survie exprimés par certains et d’autres qui attendent de voir Elecam au pied du mur, les réactions sont majoritairement défavorables au décret présidentiel. « Cest le Rdpc bis » déclare sans sourciller un étudiant interrogé. Mais le vrai débat devrait rester juridique d’après le politiste Simon Pierre Mfomo qui publie une tribune dans L’ANECDOTE. « La problématique relative à l’autonomie d’Elecam participe plus d’un quiproquo sémantique au plan du doit » écrit-il. Pourtant constate t-il « Au plan professionnel, l’évitement de toute position de subordination.Au plan financier et matériel, les membres d’Elecam doivent se placer et être placés à travers leurs de comportements respectifs, leur régime de rémunération et leurs avantages statutaires au-dessus de toute forme d’inféodation » sont garanties par les textes de lois créant Elecam. « Sous le bénéfice de ces considérations, il apparaît clairement que l’autonomie d’Elecam est réelle au plan du droit et ne saurait s’apprécier à partir des critères subjectivistes, telle que l’identité partisane ». Surtout que l’autonomie de ses membres, note le politiste, « est renforcée par leur immunité contre les poursuites judiciaires, les privilèges et rémunérations substantielles accordées à ceux-ci ». Au total, conclu-il, « l’exercice impartial d’une fonction d’intérêt général est pour tous et pour chacun, une question de conscience qui n’autorise guère de procès d’intention préalable ». et revancharde.


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Et l’opposition dans toute cette polémique ? « L’opposition complice du pouvoir ? » s’interroge Henriette Ekwé, la directrice de publication de BEBELA qui remarque que « l’opposition est devenue l’alliée objective du pouvoir qui multiplie les lois anti-démocratiques sous sa barbe et son nez sans soulever la moindre indignation ». Et les députés de l’opposition observent un silence embarrassé qui « atteste ce ramollissement des soudain des opposants plus prolixes ailleurs ».
Elecam n’a donc pas fini de faire parler de lui. En mal surtout. Un mort-né pilonné sans pitié par une opinion de plus en plus frondeuse


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