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Election présidentielle au Cameroun: Qui peut fédérer le grand nord aujourd’hui?

Par Salihou Soule à Betchem

Depuis quelques années, le débat sur l’alternance au sommet de l’Etat semble ne pas vouloir quitter les devants de l’actualité nationale.

On dirait que des groupes occultes tapis dans l’ombre se sont donnés la mission de faire rebondir ledit débat à chaque fois que celui-ci semble vouloir s’estomper dans l’opinion nationale. Ces derniers jours, c’est l’hebdomadaire Jeune Afrique qui a remis (à l’instigation de qui?) ce débat sur la place publique. Toutefois, il convient de souligner que toute cette agitation sur la retraite du pouvoir du prince d’Etoudi semble ne pas concerner l’intelligentsia du Grand Nord qui serait plus préoccupé par d’autres priorités. A savoir par exemple, qui peut fédérer ces trois régions dans la perspective du retour du pouvoir ici.

En fait, une observation attentive de ce qui se passe dans le Triangle national laisse transparaitre une grande sérénité chez les compatriotes sus évoqués. Comme si ces derniers avaient la certitude que «fait quoi, fait quoi» le pouvoir va leur être retourné au terme du magistère du Président Paul Biya. Du Vice Premier ministre Amadou Ali aux opposants (présumés) tels Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakari, tous affichent humblement un profil bas et accomplissent efficacement, parfois avec un zèle surprenant, les missions que leur patron leur assigne. Ni l’insécurité installée par le groupe armée islamiste nigérian Boko Haram, ni l’arrestation et l’incarcération du ministre Marafa Hamidou Yaya, ni même le recul de Cavayé Yeguié au rang de 3e personnalité de la République ne semble ébranler cette certitude que le Grand Nord va récupérer le pouvoir que le premier président avait remis au Sud.

Si la certitude que le pouvoir va échoir au Grand Nord est établie, l’incertitude qui demeure est celle de savoir entre quelle main ce pouvoir sera remis. Il faut relever ici pour le souligner que deux camps antagonistes s’opposent ici. L’élite fidèle aux premiers présidents Ahmadou Ahidjo et les fidèles du président Paul Biya. Le moins que l’on puisse dire ici est la disqualification par les populations d’une bonne majorité de ceux qui clament à tue-tête «Paul Biya oyé!» au bénéfice des personnalités qui ont manifesté un certain loyalisme au «Père de la nation». En témoigne la facilité avec laquelle l’Undp sous la conduite de Badjika Ahidjo et les siens «casse la gueule» régulièrement au Rdpc lors des différentes consultations populaires dans le Nord.

L’arrestation et l’incarcération du Ministre Marafa avec la légion des leaders des trois régions septentrionales qui se sont déployés dans le grand Nord pour expliquer au populations que Marafa méritait son sort a fini par convaincre que les populations de céans que certaines soi-disant figures de proue ici étaient tout simplement des hypocrites prêts à renier frère, père et mère au non de leurs seuls intérêts égoïstes. Ajouté à cela le fait que la plupart de ce qui tient lieu de leaders ici sont déjà vieux et ont trempé la main dans de nombreuses compromissions les mettant à dos les populations. Aucune voix qui compte par exemple ici n’a élevé la voix, ni même initié la confection d’un mémorandum pour exiger le retour officiel de la dépouille du premier Chef de l’Etat dans la terre de ses ancêtres. Comme si sa brouille avec le régime de Yaoundé que l’illustre défunt a lui même mis en selle, en novembre 1982 avait annulé tout le travail abattu et tous les sacrifices qu’il a enduré en 25 ans de magistère aux commandes de la nation camerounaise.

Toutefois, la question reste posée. Qui peut fédérer le Grand Nord aujourd’hui ?


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