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Election présidentielle de 2011 au Cameroun: Un lecteur s’exprime

« Y-a-t’il une formule marketing capable de faire basculer le vote au Cameroun? »

Dans la perspective des prochaines élections présidentielles de 2011 au Cameroun et les opérations de charme et de séductions entreprises ci et là par les avérés et potentiels candidats à la magistrature suprême, existe-il une formule ‘choc’ capable d’inverser les v ux des camerounais ?
– Voir l’actuel président ne plus se présenter aux prochaines élections présidentielles en d’autres termes le voir tirer sa révérence ?
– Voir un candidat qui saura enfin tenir compte des aspirations du peuple
– Voir un Cameroun dynamique et entreprenant qui susciterait de l’espoir.
Il serait prétentieux de dire exactement ce que veulent les Camerounais, mais on sait pouvoir dire ce qu’ils ne veulent plus jamais voir.
Les gourous et autres communicants qualifiés de sorciers ‘blancs’ qui dirigent et gèrent la communication des dirigeants africains partout sur le continent sont-ils des sorciers dans le sens ‘africain’ du terme ou de simples charlatans mus par la cupidité inhérente à leur système de valeurs ? Il est une opposition à laquelle ils devront prendre en compte, la détermination de l’opinion camerounaise, africaine en générale, prête à en découdre avec qui, une fois de plus, se permettrait d’ignorer, d’annihiler l’expression de leur voix , de la voler tout simplement comme ce fût le cas au Togo..

Seules la flagornerie, la mesquinerie et un certain esprit mercantiliste et de lucre assez développé, au vu de la situation économique, politique et sociale pourrait pousser à une lecture hagiographique du Cameroun, à un angélisme davantage abscons que béat. Il faut pouvoir être mû par finalement une haine des populations africaines francophones pour pouvoir chanter des louanges à leurs dirigeants respectifs. C’est dans cette aventure aussi périlleuse que, dans ce qu’il est justifié de qualifier de ‘salmigondis’, le journaliste français François Mattei du quotidien France-Soir vient de se lancer en essayant de forcer les esprits à se convaincre de la beauté de ce qu’ils ont décidé de rejeter parce que plus supportable. Exercice dans lequel les limites du raisonnable ont été de loin dépassées pour verser dans l’insanité et l’injure.

Insanité parce que, présenter la gouvernance actuelle du Cameroun comme un modèle du genre, en vantant les mérites de son auteur, alors que depuis 27 ans, elle (gouvernance) a inscrit le désespoir dans le futur des millions de camerounais réduits à la mendicité pendant qu’une infime partie séquestre l’espoir, est tout simplement hideux et abject. Insanité parce qu’une fois de plus, il faut que des « forces » obscures et extérieurs au Cameroun consentent à venir dire aux Camerounais ce qui est bon ou non pour eux.

Une injure à l’endroit des millions de camerounais qui feraient uvre de salubrité intellectuelle et morale en ne s’offrant pas des écrits qui les vilipendent en les forçant à accepter ce qu’ils rejettent parce que la connaissant mieux que n’importe quel adepte du charlatanisme, fut-il journaliste de France ou d’ailleurs. Et comment d’ailleurs la population camerounaise dans sa majorité pourrait s’offrir un tel salmigondis, même si elle le voulait? La situation précaire qui est la leur ne permet plus l’accessoire et lequel, dans le cas de la ponte de ce journaliste, est simplement une injure à leur endroit. Chanter des louanges à un système séquellaire comme celui qui sévit en Afrique francophone en général et au Cameroun en particulier est une forme non détournée de fustiger, d’accabler les camerounais dont les efforts de se sortir du carcan dans lequel ils sont enchainés ne sont plus à faire ; efforts tués dans l’embryon, par une absence de vision politique.

Un tel angélisme vendu aux camerounais, bien qu’inscrite dans une philosophie de communication consiste à prendre, dans une perspective moins grave, les camerounais pour des enfants et au pire, à affirmer sans masques, qu’ils sont des abrutis, des imbéciles. Les formules de choc en marketing n’ont jamais réussi à porter un produit de mauvaise qualité telle qu’il soit dans le choix des consommateurs et la politique n’échappe pas à cette règle naturelle finalement. D’ailleurs si la marchandise était de bonne qualité, elle ne se livrerait pas à une telle démarche de séduction tous azimuts, puisque pendant 27 ans, elle a eu le temps de se faire apprécier par les consommateurs.

Evidemment, comme un proverbe bien camerounais le dit : « Impossible n’est pas camerounais », pour la circonstance, « Impossible n’est pas français » c’est l’histoire commune entre ces deux peuples écrite bien sûr par des exégètes politiques et leurs sbires. On trouvera donc toujours des gens qui, face à l’impossible, seront tenus et jugerons que remettre en cause leurs contre-vérités, que l’on enveloppe dans un contenant pour faire genre, est un exercice d’exagération, une réaction épidermique venant de ceux qui ne partagent pas cet angélisme enthousiasmant et dénué de bon sens que l’on impose à l’intelligence de tout un peuple et au monde. On fera pour cela l’apologie de la calamité et du vice politique en peignant des tableaux enjoliveurs dont le but est de faire admettre que les valeurs auxquelles le peuple croit, peuvent être incarnées par une espèce d’immondicité gentille tout d’un coup.
On trouvera toujours que le peuple camerounais est ingrat lorsqu’il dénonce la politique de ses dirigeants. Une politique qui, depuis plus de 27 ans a fait la démonstration de son inadaptation d’avec les aspirations du peuple, d’un autisme sans commune mesure.

François Mattei, en publiant son ouvrage, rend de fait les camerounais, acteurs de leur propre oppression en retirant toute la substance mortifère à une vision politique qui traque, sévit et dont les séquelles ont encore été observées en février 2008 dans un océan de sang de certains citoyens, dont le seul tort a été d’avoir fait céder la digue du silence qui entourait, étouffait leurs souffrances quotidiennes, lesquelles s’inscrivent dans une sorte d’héritage que l’on observe de plus en plus et de génération en génération.

La communication, même inscrite dans la politique serait-elle forcément au service du mensonge ? De la manipulation des esprits même si ces derniers ne sont plus disposés à écouter ces boniments ? Les « sorciers blancs », veulent tenter le pari et croire qu’ils sont encore capables d’exercices de prestidigitation susceptibles d’éblouir les nègres.
Patricia Balme, comme François Mattei promoteurs de l’image de l’actuel président de la république du Cameroun, sont dans ce rôle. Celui d’essayer de positionner un produit comme on dit en marketing. Doit-on ou peut-on leur en vouloir ? Dans l’absolu Non ! Le seul reproche qu’on pourrait leur faire est de ne pas connaître ou tenir compte du marché dans lequel ils essayent tant bien que mal à peaufiner l’image de leur produit. Il ne s’agit plus ici d’un produit comme les autres, qu’on essaye d’insérer dans l’inconscient des gens à renforts de supports publicitaires. Il y va de l’avenir de plus de 20 millions de personnes dont le destin se joue et se jouera encore en 2011 lors des prochaines élections présidentielles et des gens qu’il s’agit, ont un rejet de ce produit, ils en font une indigestion.

Ces communicants semblent ne pas intégrer la dimension dramatique voire tragique qui entoure finalement ce qui n’est pour eux qu’un simple acte d’opération commerciale, dans lequel ils prennent surement des milliers d’euros, pendant que la population visée se meurt. Ils parlent de l’Afrique, pendant que leur c ur pense au Fric comme disait Francis Bebey. Le déficit de lecture qu’ils ont de la population à laquelle ils s’adressent est tout autant destructeur, ravageur que le produit dont ils ont la promotion. Y’a-t-il aujourd’hui une seule formule choc, capable de faire basculer rationnellement, logiquement les voix des camerounais pour un système qui depuis des années laisse sur le carreau et quotidiennement ses citoyens ? Chacun y répondra à sa manière et en fonction de ses arguments. Mais les indicateurs sociaux tendent déjà à montrer, si le choix des urnes est réel et effectif au Cameroun, quelle est ou sera la tendance du vote du camerounais et/ou de la camerounaise en 2011.

Nos promoteurs en image, convaincus eux-mêmes du mal fondé de leur démarche, devraient se dire qu’ils participent à l’appauvrissement voire à la mort des dizaines de milliers citoyens camerounais qui ne mangent pas/plus à leur faim, ne se soignent pas, ne s’instruisent pas, en empochant des sommes colossales. Sommes qui devraient normalement revenir à la promotion de l’éducation, de la santé ; à la construction des infrastructures (hôpitaux, écoles, ponts etc) des camerounais. Pour un travail dont ils sont conscients de l’inefficacité, de la vacuité, les sorciers blancs qui entourent les rois nègres, viennent une fois de plus se remplir les poches sur le continent. Qu’on se le dise, aucune formule choc n’a jamais fait gagner des élections à quiconque et ceci le sera davantage dans les années qui suivent.


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