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Elections au Cameroun: La leçon de Kah Walla!

La militante du SDF a donné un cours de transparence électorale au public de la fondation Friedrich Ebert

Dans tous les pays du monde, c’est l’administration qui organise les élections. Le problème, ce n’est donc pas Marafa Hamidou Yaya qui est un garçon intelligent, c’est qu’il est un haut fonctionnaire et appartient à un parti politique dans un contexte où systématiquement, tout fonctionnaire est tenu de servir le parti au pouvoir.
Kah Walla, conseillère municipale SDF



La traditionnelle conférence mensuelle de la fondation Friedrich Ebert a eu lieu Jeudi dernier. Cette conférence était placée sous le thème : transparence électorale au Cameroun : De l’Onel à Elecam. En bonne place parmi les panélistes figurait Kah Walla, conseillère municipale de la mairie de Douala 1er et membre du National Executive Committee (Nec) du Social Democratic Front (Sdf). Dans une démonstration particulièrement limpide et magistrale, elle a entretenu l’auditoire sur le thème crédibilité et compétence du système électoral camerounais. Pour elle, 3 critères majeurs fondent la crédibilité d’une élection : la participation, la compétition et la légitimité. En termes de participation, Kah Walla explique qu’une élection est jugée crédible lorsque le taux de participation est élevé et lorsque la participation des partis politiques de l’opposition est significative. Pour ce qui est du second critère à savoir la compétition, la militante du Sdf estime qu’il faut que les partis d’opposition prennent part à l’élection, que cette opposition soit représentée autant à l’assemblée nationale que dans les collectivités décentralisées. Elle ajoute que les règles de campagne électorale doivent être clairement établis et équitables ainsi que la transparence sur la mobilisation des moyens de l’élection. « Dans tous les pays du monde, c’est l’administration qui organise les élections. Le problème, ce n’est donc pas Marafa Hamidou Yaya [ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, Ndlr] qui est un garçon intelligent, c’est qu’il est un haut fonctionnaire et appartient à un parti politique dans un contexte où systématiquement, tout fonctionnaire est tenu de servir le parti au pouvoir » a-t-elle lancé. Concernant la légitimité, Kah Walla indique qu’un système est crédible lorsque la majorité de la population trouve que le système produira des élus qui représentent leurs aspirations. Considérant cela Kah Walla conclue qu’Elecam souffre d’un manque de légitimité si l’on considère que les membres nommés par le chef de l’Etat proviennent d’un même camp politique.

Kah Walla, conseillère municipale SDF
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Des pistes.

J’ai eu la chance de beaucoup voyager et je peux vous dire que notre pays regorge de beaucoup de potentialités que d’autres pays n’ont pas. Ne gâchons pas les opportunités d’un si beau pays. Pour finir, je parlerai un peu comme Thomas Sankara, osons inventer l’avenir du Cameroun.
Kah Walla, conseillère municipale SDF



Pour débloquer cette situation, Kah Walla suggère une double solution africaine et professionnelle. En guise de solution africaine, elle propose de choisir une personnalité africaine reconnue pour son intégrité. Elle cite ainsi les cas de Koffi Anan, Aminata Traoré, Jerry Rawlings et bien d’autres. La conseillère municipale SDF de la mairie de Douala 1er propose que l’on sollicite les compétences de Cheick Modibo Diarra pour l’informatisation du fichier électoral. Celle-ci souhaite en fait une totale refonte du fichier électoral camerounais. Kah Walla veut que les commissions électorales telles qu’avant Elecam soient maintenues. Pour elle, il faut que la diversité des acteurs du processus politique au Cameroun soient représentés dans ces commissions. Ainsi, les membres de la société civile, des partis politiques, les personnalités indépendantes africaines devront impérativement faire partie des commissions chargées de gérer les élections. « J’ai eu la chance de beaucoup voyagé et je peux vous dire que notre pays regorge de beaucoup de potentialités que d’autres pays n’ont pas. Ne gâchons pas les opportunités d’un si beau pays » a-t-elle lancé à l’assistance avant de conclure ses propos par un slogan d’inspiration « sankariste », osons inventer l’avenir du Cameroun. L’exposé a été salué par un tonnerre d’applaudissements dans une salle médusée par la maîtrise avec laquelle Kah Walla a conduit son exposé. « Cette femme est impressionnante » a-t-on entendu dire dans la salle.


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