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Elections sénatoriales: Vers un Raz de marée du RDPC

En annonçant pour le 14 avril prochain un vote qui sera effectué par les conseillers municipaux, le président Paul Biya permet à son parti de dominer la chambre haute du parlement

Un décret lu à la radio nationale et signé du président Paul Biya, a annoncé la tenue des élections sénatoriales pour le 14 avril 2013 prochain. S’appuyant sur la révision constitutionnelle de 2008, le décret du président de la république fait savoir que le corps électoral de ces élections sera constitué de conseillers municipaux. Cette annonce met fin au débat sur la date des sénatoriales et dans le même temps fait tomber l’espoir de voir la chambre haute du parlement camerounais, se caractériser par un équilibre des forces politiques. Selon la loi, 70% des sénateurs sont élus au scrutin indirect, pour un mandat de cinq ans, et à raison de 7 sénateurs par région. Les 30% autres sont directement désignés par le président de la république lui-même, qui s’appuiera sur un critère controversé de réputation établie. Ce sont ainsi 10636 conseillers municipaux, qui vont se rendre dans les urnes pour choisir leurs sénateurs. Un chiffre dans lequel le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais de Paul Biya au pouvoir possède les ¾ des votants. Le mode de choix des candidats pourrait aussi faire basculer les forces de manière totale au RDPC. Si le décompte des voix se fait globalement par région sans proportionnelle, des fiefs de moindre envergure comme celui de Ndam Njoya de l’UDC dans le département du Noun, pourraient ne pas peser dans la région de l’ouest.

Plus qu’une guerre de partis, le dessin de la succession de Paul Biya
Le RDPC qui contrôle plus des 4/5 des 360 communes du Cameroun sera le seul parti politique à présenter des candidats dans les 10 provinces. Mieux encore, le parti au pouvoir fera cavalier seul dans certaines d’entre elles, à l’instar des provinces du Sud, de l’Est, de l’Adamaoua où il contrôle seul tous les conseils municipaux, et dans une certaine mesure dans la province du Centre où il compte 1902 élus, contrôlant ainsi entièrement 68 des 70 conseils municipaux. On voit mal aussi comment L’UPC avec ses 44 conseillers dans le Nyong et Kellé pourra rivaliser ce leadership. Une domination qui pourra s’étendre à d’autres provinces comme, le Nord, voire l’Extrême Nord, le Sud-Ouest et le Littoral. Seul le Nord-Ouest où John Fru Ndi est implanté, pourrait résister à la domination du parti au pouvoir. Le premier grief qu’on fait à ce processus est que finalement, le Sénat qui est supposé être la chambre des représentants des régions, sera constitué de membres choisis par les maires, une situation qui contraste avec la volonté du président Biya de moderniser l’appareil institutionnel du pays. L’article 20 de la Constitution énonçant que chaque région est représentée au Sénat par dix sénateurs. Cela est une incongruité évidente dont il est étonnant qu’on veuille absolument la consacrer et la réaliser, a fait remarquer Alain Didier Olinga un éminent professeur camerounais, dans une de ses analyses de la révision constitutionnelle de 2008. Dans une lecture plus profonde, des observateurs font remarquer que la composition du Sénat, fournira les clés de la succession du président Biya. Un Sénat actif, ce sera la fin de l’intérim probable, pour Cavaye Yeguie Djibril, l’actuel président du parlement, originaire du grand nord. Cette qualité sera désormais reconnue au futur président du Sénat, dont on attend de connaitre le visage.

Les sénatoriales auront lieu le 14 avril 2013 au Cameroun

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