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Electricité: un nouvel investisseur au Cameroun, Actis peut-il se retirer?

La question se pose au lendemain de l’annonce du transfert des parts du fonds d’investissement britannique dans les centrales de Kribi et de Dibamba

Le fonds d’investissement britannique Actis, détenteur de 56% des actions au sein de la compagnie nationale de production et de distribution d’électricité Eneo Cameroon S.A. peut-il décider de revendre ses parts au sein de cette structure à tout moment? Si la question se pose, c’est que le groupe s’est déjà défait de ses actifs dans la Kribi Power Development Company (KPDC) et la Dibamba Power Development Company (DPDC), au profit du consortium contrôlé par le fonds norvégien Nordfund et l’institution de financement britannique Commonwealth Development Corporation (CDC Group) pour 227 millions de dollars, soit environ 125 milliards de F. Ce montant correspond en fait au rachat de la totalité des actifs d’Actis dans sa filiale Globeleq Africa (présent dans cinq pays), laquelle avait pris les commandes des centrales de Kribi et de Dibamba, géré au niveau national par Globeleq Cameroun Management services (GCMS).

En effet, c’est le 23 mai 2014 que le fonds d’investissement britannique a finalisé avec l’Etat du Cameroun, le rachat des actions détenues par le groupe américain Aes Corporation au capital de la défunte Société nationale d’électricité (Sonel), de la KPDC et la DPDC pour la période 2014-2021. La période qui sépare le rachat et la revente par Actis de ses actions au sein de KPDC et DPDC (23 mai 2014-14 septembre 2015) est assez court. Soit 15 mois exactement, surtout lorsqu’on sait que les négociations autour de cette transaction ont été entamées en février dernier. Des interrogations demeurent quant aux raisons qui auraient pu pousser le partenaire stratégique de l’Etat dans le secteur de l’électricité à prendre une telle décision.

Mais au-delà, c’est davantage l’avenir des différents projets en cours qui préoccupe les Camerounais, dans un contexte où la fourniture en électricité connaît de nouvelles perturbations depuis quelques jours. On attend toujours de savoir comment le consortium Nordfund-CDC entend mener à terme, les projets d’extension des centrales de Kribi (216 MW) et de Dibamba (86 MW) qui devraient contribuer à relever l’offre énergétique du pays.

La probabilité pour qu’Actis vende les actions qu’elle détient dans Eneo Cameroon, est envisageable de l’avis de certains analystes. En termes de performances, les actionnaires d’Eneo Cameroon S.A n’ont pas reçu de dividendes l’année dernière (date d’entrée en scène d’Actis), en dépit des bons résultats enregistrés par Eneo. Le rapport annuel 2014 rendu public, il y a quelques jours, par l’entreprise révèle une augmentation des recettes de l’entreprise de 244 milliards de F en 2013 à 279 milliards de F en 2014. Ce qui correspond à une croissance de 14,22% du chiffre d’affaires.

Dans une interview accordée récemment au magazine Challenge Pro, le directeur général de Globeleq Cameroun, Frederic Didier Mvondo, annonce que le consortium Nordfund-CDC est prêt à investir cinq milliards de dollars, soit environ 290 milliards de F dans les 10 ans à venir en Afrique. «Nous pensons qu’il y a une compétition qui est ouverte entre le Cameroun et le reste des entités du groupe et je suis convaincu que nous la gagnerons en capturant, pourquoi pas, la moitié de ces 5 milliards de dollars pour des projets locaux. Même dans ce type de projet, Norfund a de sérieuses références. Je pense qu’on pourra tirer notre épingle du jeu, c’est un bon espoir pour le Cameroun» a-t-il confié au magazine.

Une déclaration de l’Etat du Cameroun (actionnaire au sein de KPDC et DPDC) par rapport au changement de contrôle au sein de ces deux entreprises permettra d’éclairer l’opinion sur le profil et les compétences du nouveau gestionnaire, les conditions dans lesquelles l’opération de transfert des actions s’est déroulée entre autres. Selon les termes de la convention d’actionnaires, il est prévu qu’en cas de changement de contrôle de l’un des actionnaires, que celui-ci avise l’Etat du Cameroun qui a la faculté, s’il considère que le changement de contrôle aura des conséquences négatives sur la société, d’acquérir ou de faire acquérir par un tiers ces actions.


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