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Electricité: Voici pourquoi AES/Sonel est devenue «Eneo-cameroon»!

Par Jean Baudelaire Belengue, Secrétaire général adjoint du RACE

Pendant près de trois mois, le service de communication de la filiale camerounaise du fonds britannique ACTIS (devenue ENEO-CAMEROON depuis vendredi 12 septembre 2014), nous a rabâché les oreilles à coups de publicité sur tous les supports médiatiques autour de sa nouvelle dénomination. Ils ont même lancé un jeu concours qu’ils ont voulu « historique » et qui a tenu en haleine 12300 Camerounais avec 8896 propositions de nom. Au final, il y aurait eu un heureux gagnant qui aurait empoché pour cette «prouesse» la somme de 02 millions de Fcfa.

Une fois ce cirque de la quête d’une dénomination «fétiche» passé, il a fait place aux explications les plus burlesques sur sa signification. Ainsi, selon le magazine ComNews édition du 18 septembre 2014, sous le titre «ENEO dévoile sa nouvelle identité visuelle» et citant M. Alexandre Siewe, Directeur de la Communication et du Marketing : «Eneo-Cameroon S.A est le nouveau nom de l’opérateur de l’électricité au Cameroun. Il vient de « Energy of Cameroon S.A » qui est le nom juridique de l’entreprise. Mais l’opérateur se présente sous le nom commercial « Eneo » qui, selon le directeur général, est composé de la lettre E comme Energie et de Neo pour Nouveau. Sur le nouveau logotype, le nom Eneo est écrit entièrement en bas de casse, signe d’humilité. Dans la signature « We are the energy of Cameroon », on remarque toutefois l’usage de la majuscule sur deux lettres. « Le W traduit le mouvement, la dynamique nouvelle que nous voulons inscrire, mais aussi le C du Cameroun véhicule la puissance que nous voulons diffuser».

Rappelons que le slogan de l’ancien opérateur AES Corporation, qui ne manquait pas également d’ambition, était : «AES-SONEL Energizing Cameroon», ce qu’ils expliquaient par : «Pourvoir le Cameroun d’une électricité à profusion». Tout le monde connait la suite de l’histoire. En lieu et place d’une «électricité à profusion», ils ont plutôt réussi l’exploit d’enrichir le vocabulaire des consommateurs camerounais d’un nouveau mot : délestage, devenu l’emblème des années AES au Cameroun.

En réalité, derrière ce branle-bas communicationnel et cet étrange cours d’ «étymologie marketing» se dissimule une volonté de redorer le blason terni d’une entreprise impopulaire. Les vraies raisons de ce changement de dénomination se trouvent dans la recherche désespérée d’une virginité perdue depuis belle lurette. Le pari caché du nouvel opérateur d’électricité, comme son prédécesseur, est d’embellir son image par des artifices publicitaires, en faisant oublier à tout prix aux consommateurs, les treize (13) années de délestages et autres désagréments, dont il a pourtant fièrement hérité du groupe américain AES Corporation le 23 mai 2014.

Malheureusement pour eux, les faits sont têtus. Les consommateurs se sont rendu compte depuis 05 mois qu’AES/SONEL, ACTIS ou ENEO-CAMEROON, c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Nonobstant le déferlement de spots télé, des plages entières d’émissions radiodiffusées, des dizaines de pages publicitaires et d’articles de presse commandés, le calvaire quotidien des consommateurs a repris inexorablement. Les délestages sauvages se poursuivent dans la plupart des localités du pays, l’électricité coûte toujours aussi chère au Cameroun, les usagers continuent de se rendre chaque mois devant les guichets bondés pour payer leurs quittances surfacturées, le harcèlement des clients débiteurs a repris avec la même brutalité, les poteaux électriques pourris continuent de tomber de façon intempestive dans nos quartiers exposant les populations aux risques d’électrocution et les candidats à un premier abonnement attendent toujours durant plusieurs mois la réalisation d’un banal branchement.

Telle est la réalité immuable dont aucune campagne de communication ne peut faire l’impasse. Vraisemblablement, cette «opération Kilav» et le coup d’une amnésie collective dans laquelle le nouvel opérateur d’électricité veut entrainer les consommateurs, ne réussiront pas. Comme dit l’adage: «Chasse le naturel, il reviendra au galop». Malgré ce changement d’appellation, la nature spécieuse du fonds britannique ACTIS que dénonce le RACE depuis son arrivée au Cameroun, se dévoile peu à peu.

L’accès à l’énergie est un droit essentiel et inaliénable !

Fait à Douala, le 22 septembre 2014.
Pour le Bureau Exécutif du RACE: Jean Baudelaire BELENGUE , Secrétaire général adjoint



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