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Elisabeth Bassock, promotrice du Fiadems danse avec les marionnettes

«En dehors du théâtre, je suis une femme très proche de sa famille»

Dans votre environnement on connait madame Bassock la « Prési ». Et si on vous demandait de vous présenter?
Je suis une dame mariée et mère de cinq enfants. Titulaire d’une Licence es lettre en 1994. J’entre à l’Ecole Normale supérieure de Yaoundé en 1994 où j’obtiens à la fin de ma formation en 1996 un diplôme de professeur des lycées d’enseignement secondaire (DIPES II). Parallèlement, je continue au second cycle de l’Université et j’obtiens une maîtrise en arts du spectacle, option production théâtrale. Promotrice culturelle depuis octobre 2002, j’organise le Festival International des Arts et du Développement de la Marionnette et de la Sculpture (FIADEMS). Vous comprenez bien que je suis partagée entre ma profession d’enseignante, ma passion pour la culture et ma position de mère et épouse.

Comment avez-vous découvert l’univers de l’art et surtout de la marionnette?
J’ai commencé avec le théâtre au Lycée et plus précisément en classe de seconde où j’ai interprété le rôle de Miranda dans une tempête d’Aimé Césaire. Mais, ma passion pour l’art théâtral s’est beaucoup plus amplifiée au Théâtre universitaire de Yaoundé où pendant plusieurs années, j’ai occupée brillamment le poste de Présidente du théâtre universitaire. Ce que m’a d’ailleurs valu le pseudonyme de « Prési » que vous citez plus haut. Par ailleurs, j’ai animé plusieurs activités culturelles dans les lycées où j’ai enseigné. Ma rencontre avec le monde la marionnette, est partie d’un constat : au moment où j’ai pensé quitter les planches pour créer une activité culturelle fédératrice dans le domaine de l’art au Cameroun, mon attention a été portée sur l’ignorance des arts de la marionnette par les artistes et par le public camerounais. Il m’est arrivé de constater que l’univers culturel camerounais et même celui de l’Afrique Centrale souffrait d’un manque criard des spectacles de marionnettes. Pourtant cet art multiculturel et très diversifié a sa place en Afrique. Mais malheureusement n’était pas connu des artistes. Alors, l’Association Rencontre de Développement qui existait déjà a choisi de créer un festival de la marionnette. Au départ, l’accent a été mis sur la formation des artistes parce que nous avons jugé que l’artiste camerounais en particulier et celui de l’Afrique Centrale en général avait besoin d’être formé. Ainsi, les deux premières éditions ont porté uniquement sur la formation des artistes à la fabrication et à la manipulation des marionnettes. Aussi, depuis 2004, année de création du festival, le FIADEMS a eu à former une trentaine d’artistes africains aux arts de la marionnette.
D’autre part, le FIADEMS est allé au delà de l’aspect culturel pour aborder le caractère pédagogique et thérapeutique de la marionnette. A cet effet, nous avons en 2005, travaillé avec le ministère de l’éducation de base où nous avons eu à former quinze maîtres et maîtresses des écoles à la fabrication, à la manipulation et à l’utilisation des marionnettes à gaine en situation d’enseignement comme outils pédagogique. Sur le plan thérapeutique, nous avons constaté avec certains psychologues avec qui nous avons travaillé dans l’atelier, que la marionnette pouvait contribuer à guérir des enfants en difficulté mentale. A ce jour, le premier résultat palpable du FIADEMS est le spectacle « Meyong Meyeme » qui est la résultante d’une résidence de formation et de création qui s’est déroulée entre septembre et novembre 2008.

Votre dernier festival des arts de la marionnette et de la sculpture a drainé beaucoup de participants. Heureuse?
Mes sentiments après la dernière édition du FIADEMS sont ceux d’une personne avide de perfection. Au delà de la satisfaction que j’ai d’avoir une fois de plus réussi une édition du FIADEMS, malgré les moyens toujours limités, il se profile en moi le besoin de faire mieux pour les prochaines éditions. Pour répondre, je dirai que je suis une promotrice comblée d’avoir réuni autour d’elle une multitude d’artistes venant de pays et de continents différents dans une atmosphère festive. Je suis également comblée d’avoir réussi à susciter autour de cet événement une fois de plus des brassages qui ont plus ou moins abouti à des projets fédérateurs. Comme je l’ai toujours dit, le FIADEMS est un enfant qui grandit bien. Mais à six ans beaucoup de choses restent encore à faire dans tout processus de développement. C’est pour cela qu’au delà de la satisfaction qu’on peut avoir aujourd’hui, le mieux pour moi et pour tout mon comité d’organisation reste à venir.

En dehors du théâtre, quelles sont vos autres passions?
En dehors du théâtre je suis une femme très proche de sa famille. C’est dire qu’en dehors de ma profession d’enseignante et de mes activités artistiques, le temps libre qui me reste est entièrement consacré à ma famille et à ma maison. Au delà de cela, j’aime écouter la musique (beaucoup plus les slows), j’aime également le football, le beau. J’apprécie aussi les ballades en amoureux avec mon cher et beau mari.

En tant que femme vous sentez vous privilégiée?
En tant que femme et compte tenu des actions que je mène, je me sens privilégiée. Ceci est dû au fait que je pratique des activités qui me procurent beaucoup de plaisir. Mais ce privilège est la résultante d’un travail assidu au quotidien. C’est pour cela que j’invite les autres femmes comme moi à développer leurs propres initiatives, sources d’épanouissement personnel, et ce dans le but d’apporter chacune dans son domaine, sa modeste contribution dans l’édification de notre pays.

Dans une optique plus professionnelle, envisagez-vous des projets en vue de vulgariser la marionnette au plan médiatique, en créant un show télévisé par exemple?
Merci pour l’idée du show télévisé que vous me proposez. Nous pourrons l’exploiter dans les éditions à venir. Pour l’instant, le projet qui nous tient en ce moment, est de mettre en place à partir du FIADEMS 2010, un partenariat avec les télévisions locales pour un début, et étrangères par la suite, qui consistera à filmer entièrement les spectacles invités au festival et qui seront diffusés dans ces chaînes de télévision. Ce projet, nous l’espérons, permettra de vulgariser les arts de la marionnette au Cameroun et dans le monde et en même temps de mieux vendre le festival.

Le ministère de la culture soutient-il votre action?
Le ministère de la Culture parraine et patronne le FIADEMS. A cet effet le festival reçoit une subvention du ministère de la Culture depuis sa création. Et il faut d’ailleurs dire qu’à chaque édition, nous avons le privilège de recevoir les lettres de félicitations du ministère de la Culture sur l’organisation de notre événement, acte qui consiste à nous galvaniser davantage.
Par ailleurs, nous bénéficions également du soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie qui depuis 2005 assure le transport international des artistes africains que nous invitons.


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Etes-vous amatrice de football, si oui quelles chances donnez-vous aux lions indomptables du Cameroun lors de la prochaine coupe du monde?
Comme je l’ai dit tout plus haut, j’aime le football. Je voudrais d’ailleurs vous faire une confidence : j’ai pratiqué le football au Lycée, alors que la plupart de mes camarades filles pensaient que c’était un jeu strictement réservé aux hommes. J’occupais d’ailleurs le poste de latéral offensif. Je pense que les lions ont une grande chance d’arriver au second tour, même si d’aucuns qualifient cette poule de poule de la mort. Mais il faut remarquer que les Lions ont toujours fait parler d’eux en situation difficile. C’est pour cela que tout en restant vigilant, les adversaires des Lions au Mondial à savoir les Pays-Bas, le Danemark et le Japon, ne suscitent pas beaucoup d’inquiétude pour moi. Mais comme le ballon est rond, je ne peux que souhaiter bonne chance aux Lions Indomptables.

Quelle est la chose qui vous fait le plus plaisir?
Me coucher tôt et me réveiller tard. Ce qui est quasiment impossible pour moi.

Quelles sont vos ambitions futures sur un plan personnel?
La création de la maison de la marionnette à Yaoundé qui serait un centre de formation, d’exposition et de vente, de création et de diffusion. Ce centre permettra aux artistes de s’épanouir dans tous les domaines des arts de la marionnette. En outre nous envisageons à partir de cette nouvelle année, intégrer notre pays, dans l’Union Internationale de la marionnette (UNIMA) qui est une plate forme internationale d’échanges et de promotion des arts de la marionnette.

Un message pour terminer?
Je voudrais m’adresser particulièrement aux artistes camerounais qui flirtent déjà avec la marionnette pour leur dire que le théâtre de marionnette contrairement au théâtre d’acteur est un art qui allie en même temps, le jeu de l’acteur et l’art du sculpteur. Donc, celui-ci demande un surcroît de travail et un savoir faire particulier qui s’acquièrent au bout de la formation. C’est pour cela que je les réitère cet appel à se former chaque fois que l’occasion se présente. Le FIADEMS leur offre déjà cette opportunité chaque année. Ainsi aucune formation sur la marionnette ne devrait être négligée par eux. Ce n’est qu’au bout de cela qu’ils pourront valablement représenter le Cameroun au marché des arts de la marionnette. Je profite de l’occasion que vous me donner pour souhaiter une bonne et heureuse année 2010 à tous les pratiquants et sympathisants de la marionnette. Et également à votre journal qui m’a donné l’opportunité de m’exprimer sur cet événement. Je ne vais pas oublier ma petite famille à qui je dis de très bonnes choses pour la nouvelle année.


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