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Emballages plastiques au Cameroun: Un délai de 18 mois accordé aux opérateurs

L’information est du ministre de l’environnement qui ne précise pas le moment à partir duquel court les délais

Le ministre Hélé Pierre en charge de l’environnement et de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED) au Cameroun, a fait savoir que les opérateurs fabriquant ou important les emballages plastiques avaient un délais de 18 mois, pour liquider leurs stocks d’emballages plastiques dont la qualité est interdite par un arrêté conjointement signé par lui et son homologue en charge du commerce en octobre 2012. Je voudrais attirer l’attention de l’opinion publique que l’arrêté conjoint MINEPDED/MINCOMMERCE du 24 octobre 2012 portant réglementation de la fabrication, de l’importation et de la commercialisation des emballages non biodégradables est en vigueur depuis sa date de signature, a indiqué Monsieur Hélé, dans une interview publiée jeudi 21 février 2013, par le quotidien national Cameroon-tribune. Toutefois précise le ministre les opérateurs du secteur disposent d’un délais de dix-huit mois pour épuiser les stocks en leur possession et pour se conformer aux dispositions de ladite réglementation. L’information n’est pas tout à fait précise sur le point de départ de ce délai. On ignore en effet si les 18 mois courent dès la publication de l’arrêté conjoint ou alors si on doit le prendre en compte à partir de ce moment présent. Dans le premier cas, les opérateurs n’auront plus que 13 mois pour se conformer.

Le ministre précise que son objectif n’est pas de livrer la guerre à tous les plastiques, mais seulement à ceux qui ne sont pas biodégradables et donc présentent un risque sur l’environnement. On ignore pour le moment l’ampleur du problème et le coût environnemental qui peut découler de plusieurs années de vente de ces produits. Le ministre Hélé a parlé de situation préoccupante qui a fait l’objet d’une «haute instruction du chef de l’Etat». Dans son analyse pourtant, il ressort que sur la base de statistiques obtenus à la suite d’une enquête du MINEPED, à peine 22 000 tonnes de papiers plastiques sont concernés par le problème, sur près de 400 000 tonnes de déchets plastiques produits chaque année.

Selon des observateurs proches du dossier, le problème que posent les emballages plastiques non biodégradables (qui résistent longtemps sans se dégénérer) est qu’il s’incruste facilement dans les soles contribuant à les détruire. Mais les mesures de substitution ne semblent pas clairement identifiées. Fabriquer des emballages biodégradables supposera pour les acteurs de la filière, de rajouter certaines autres composantes et avec des coûts supplémentaires pour la chaîne de production. Dans un secteur très peu connu, il est certes difficile de dire avec précision quel peut être l’impact de cette mesure sur l’activité. Mais de l’avis de certains experts, l’accent aurait plutôt dû être mis sur la promotion des actions de recyclage plus porteuses pour l’économie, que l’interdiction complète qui risque de tuer des filières ou d’entrainer des coûts supplémentaires sur le produit. Ce problème sera surtout rencontré par les commerces avec des petits budgets. Dans de gros commerces comme Casino ou des boulangeries comme Select (Yaoundé) et Zepol (Douala) les emballages se font désormais avec du papier recyclé.


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