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Emeutes de Kondengui : quinze jours après, aucune mesure prise

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Le gouvernement camerounais n’a encore pris aucune mesure officielle pour répondre aux griefs soulevés le 22 juillet par des prisonniers de la crise anglophone et du Mrc.

Cela fait quinze jours que la mutinerie de la prison centrale de Kondengui a eu lieu, faisant deux blessés parmi les prisonniers et causant la destruction de quelques bâtiments du centre pénitencier ; et aucune réponse officielle n’a encore été apportée aux revendications des détenus de la crise anglophone et du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). L’on en est encore à demander des propositions aux différentes juridictions.

Lundi, 22 juillet, des prisonniers anglophones  –  en détention sans inculpation depuis près de trois ans pour leur participation à des mouvements contestataires dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest en décembre 2016 –  ont tenu un mouvement d’humeur pour dénoncer les lenteurs judiciaires et leurs conditions de détention.

D’abord ignorée des autorités pénitencières, la manifestation récupérée par d’autres prisonniers a mué en scène de violence, obligeant Yaoundé à mettre en place un important dispositif sécuritaire.

Le ministre de la Justice, Laurent Esso, en fonction depuis 2011, a prescrit mercredi, 31 juillet, aux différentes juridictions de lui proposer des moyens de réduire les lenteurs judiciaires. Mais au niveau des parquets, cette demande n’est pas nouvelle. Selon des sources contactées par Journalducameroun.com, de nombreuses suggestions ont déjà été faites à ce sujet. Des piles de dossiers contenant d’éventuelles solutions ont souvent été adressées au ministère de la Justice. Elles traineraient dans des tiroirs de ce département ministériel, apprend-on.

Une demande sans doute motivée par  la pression de la présidence de la République qui, l’a indiqué vendredi le ministre René Emmanuel Sadi, a demandé de procéder à un désengorgement des prisons et au renforcement du control et de la surveillance des centres pénitenciers.

En attendant de prendre des mesures qui seraient salutaires, le  régime de Yaoundé a entrepris d’auditionner des détenus impliqués dans les émeutes du 19 juillet et transférés vers le Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed) et le Groupement spécial d’opérations (GSO). 244 détenus, en tout, apprend-on d’une communication du ministre René Emmanuel Sadi ce 02 août. Seulement, depuis leur départ de Kondengui, personne n’a de leurs nouvelles. Ils n’ont pas droit aux visites que prévoit  la loi, même pas celles de leurs avocats, provoquant une vague de solidarité chez d’autres détenus. Mercredi, des leaders ambazoniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre la disparition de leurs compagnons.

 



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