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Emilien Denis Atangana: « Je veux sortir la commune de Monatélé du déclin programmé »

Le candidat Mrc à la mairie de Monatélé exprime ses intentions à l’occasion des élections legislative et mucipale du 30 septembre prochain

On vous connait comme un « tombeur de recteur » mais, depuis quelque temps vous avez décidé d’être un « tombeur de maire ». Que se passe t-il dans votre tête?
Soyez en rassuré il ne se passe rien de négatif dans ma tête. J’estime simplement en tant que camerounais j’ai quelque chose à donner au Cameroun en général et à Monatélé en particulier. Je veux sortir la commune de Monatélé du déclin programmé dont semble se satisfaire ceux qui la dirigent. Je ne combats personne à Monatélé. Je pense et je propose des idées nouvelles et réalistes à nos frères et s urs jeunes; à nos parents qui consentent des efforts énormes pour nous envoyer à l’école. Monatélé se trouve dans une situation très critique et il n’y a que la jeunesse pour mettre Monatélé debout. C’est ce que je suis entrain de faire avec des hommes et de femmes qui aiment Monatélé. Si certains pensent que c’est faire tomber des gens cela relève de leur droit.

A 25 ans seulement, n’est-ce pas prématuré quand on sait que la politique est une affaire des séniles au Cameroun?
Je crois que mon engagement politique est tardif. Ailleurs, les jeunes moins vieux que moi sont maires et députés. Pourquoi pense t-on au Cameroun que la politique c’est l’affaire des vieux? Ou plus on est vieux plus on a les atouts pour faire la politiques et gérer le destin des camerounais. C’est une mauvaise manière de voir la politique. Ceux qui nous dirigent aujourd’hui sont arrivés aux affaires étant jeunes. Il ya eu dans ce pays des ministres de moins de 25 ans. Je pense que c’est encore possible. le Cameroun a une jeunesse formidable qui a juste besoin d’être encadré et impliqué dans le processus de construction du Cameroun. C’est pour moi ici l’occasion d’inviter la jeunesse à comprendre que son engagement politique relève de l’urgence absolue. Dans une lettre ouverte que j’ai adressée à la jeunesse camerounaise il ya de cela quelques mois, j’ai dit que les jeunes sont les dieux du Cameroun. Ce sont les jeunes comme Um Nyobé, Osendé Afana, Ernest Ouandié qui s’étaient battus pour l’indépendance du Cameroun. Le bonheur de ce pays est dans la politique pour la simple raison que sans la volonté politique ; rien n’est possible. Au 5ème congrès de l’UPC, Rubben Um Nyobe disait à ce sujet « tout est politique et tout s’encadre dans la politique. La religion est devenue politique ; le commerce est politique même le sport est devenu politique. La politique touche à tout et tout touche à la politique. Dire que l’on ne fait pas la politique, c’est dire que l’on n’a pas le désir de vivre. C’est pourquoi, nous estimons qu’il faut avant tout, se battre pour les libertés fondamentales gage essentiel du succès matériel ». Notre jeunesse doit rejoindre le combat politique. Et pour le mener, il est important de comprendre dès le départ le problème Cameroun. Pour notre bonne gouverne, le problème du Cameroun réside dans l’absence d’une véritable volonté politique. C’est cette dernière qui permet de construire les écoles, les universités, les hôpitaux et les routes bref, qui réunissent les compétences et les moyens pour répondre aux préoccupations des jeunes. C’est également la volonté politique qui décide de faire de la corruption une méthode de gouvernance comme c’est le cas au Cameroun. La jeunesse aujourd’hui est un facteur de puissance. C’est elle qui maitrise les nouvelles technologies et a de l’énergie à revendre. Voilà en quelques mots ce qui justifie mon entrée en politique. Moi j’ai compris le problème du Cameroun et j’espère que tous les jeunes vont le comprendre pour qu’on se mette ensemble pour refonder le Cameroun maintenant car demain, il sera tard.

Comment comptez-vous-y prendre dans ce département majoritairement acquis à la cause du Rdpc avec de grosses pontes du gouvernement comme Essimi Menye, Eyébé Ayissi, Ndong Soumet pour ne compter que ceux-ci?
Les populations de Monatélé n’appartiennent pas au parti dont vous venez de citer et encore moins aux personnes que vous avez évoquées. Je vous invite à y faire un tour vous trouverez que personne là-bas ne détient les cartes de militant de ce parti. Il ya une petite bourgeoise qui parle à chaque fois au nom des populations qui meurent dans des hôpitaux mouroirs; et est incapable de se soigner même des maladies vulgaires. Parcourent des dizaines de kilomètres pour avoir de l’eau et restent contraint de mendier ce qui lui revient de droit. Vous comprenez qu’il ya une large différence entre les noms que vous avez évoquez et les populations de Monatélé. Moi j’ai les mêmes problèmes que ces gens et c’est pourquoi elles me soutiennent. Ma stratégie est simple : le porte à porte et la protection du vote. Vous savez que le parti que vous avez évoqué a une expertise avérée dans la fraude. Je saisi cette porte pour dire à ceux qui pensent que Monatélé leur appartient et qu’ils peuvent en disposer comme ils veulent que cette époque est terminée. Les jeunes de Monatélé par ma voix disent que trop c’est trop. Et que plus que par le passé, ils sont déterminés eux-mêmes à prendre leur destin en main avec un maire jeunes. J’espère tout simplement que mon parti le MRC va m’investir et accepter que je puisse mener ce combat en première ligne.

Est-ce que vous vous appuyez sur votre notoriété qui a cours sur les campus depuis les mouvements de votre association « Sauvons l’université de Ydé II » qui a réussi à avoir la tête de l’ancien recteur Jean Tabi Manga?
Non, je suis né à Monatélé. J’ai grandi à Monatélé. Je peux vous rassuré que j’ai un réseau associatif sur lequel je ne saurais reposer tous mes espoirs. J’ai fais des associations et j’y suis encore. Au lycée j’étais toujours parmi les actifs dans les clubs et defandant les droits de leurs camarades. Pour ce qui me connaissent, mes camardes amis et professeurs c’est pas une surprise.

Que disent vos parents au sujet de votre détermination à être maire de Monatélé?
Mes parents me soutiennent tout comme mes amis. Je leur dis merci pour cela. Mais au départ c’était difficile parce qu’il avait peur pour ma vie. Je les comprends mais lors qu’il on su que je n’étais pas prêt à jeter l’éponge, ils sont devenus mes premiers directeurs de campagne.

Que pense la population de cette commune?
Je peux vous assurer que la quasi-totalité de la population louent cette initiative. Chez les jeunes c’est grave ce qu’ils font pour ce projet est exceptionnel. Ils dépensent de leur temps et parfois leurs moyens c’est à dire les motos et leurs économies pour me soutenir. Ces populations sont très favorables à mon discours qui consiste à leur dire que Monatélé avec moi maire va devenir un pole économique et industriel et une ville carrefour et touristique. Il sera question pour nous de créer une activité économique qui va créer des richesses; des emplois et accélérer l’accès à des services sociaux de bases des populations.

Emilien Denis Atangana, candidat Mrc à la mairie de Monatélé

journalducameroun.com)/n

Mais, vous allez vous présenter sous la bannière du Mrc. Quel est le niveau de pénétration de ce parti né il y a seulement 8 mois dans votre bastion?
Effectivement, je suis membre du Mrc avant même son officialisation et je suis candidat à la candidature à l’investiture du Mrc à la Mairie de Monatélé. Nous avons des unités de bases qui se créent comme des champignons à Monatélé. Au défilé du 20 mai malgré que le parti adverse distribuait des tickets de 1 000f et une bière pour que les gens aillent défiler à son compte et que en donnant zéro franc et zero bière nous avons avec les responsables de bases mobilisés plus de défilant que ce parti. Cela montre à suffisance que nous sommes implantés et que le volume d’espoir que nous incarnons est immense.

On vous voit organiser des évènements fédérateurs. Tout jeune que vous êtes, d’où vous vient cet argent?
Quel état faites-vous du niveau de développement de ce chef lieu de département de la Lékié ? Que dire de la décentralisation effective au Cameroun depuis 2010?
Dans la majorité des secteurs liés au développement, la situation actuelle de l’arrondissement de Monatélé demeure très préoccupante. Pas besoin d’être un expert du développement pour constater que notre arrondissement malgré tout le potentiel qu’il regorge cumule un lourd retard. Ce retard nous l’observons à travers le manque et le délabrement des infrastructures sanitaires et scolaire, détournement des équipements et du matériel, absence d’un réseau électrique fiable, absence de points d’eau aménagé et éloignement des populations des points d’eau, des routes en mauvais état, des pistes impraticables, des ponts en mauvais états, mauvaise politique agricole et manque d’infrastructures sportive et culturelle.
Cette situation de misère des populations traduit l’urgence de mettre Monatélé debout en sortant les populations du sommeil dogmatique et Monatélé du déclin programmé dont semble se satisfaire ceux qui la dirigent depuis 1964 à travers la mise en uvre d’un projet de société avec des propositions qui si elles sont appliquées, feront de Monatélé un pole économique et industriel, une ville carrefour et touristique. Pour la décentralisation, elle connait encore des couacs sans doute à cause du manque de volonté politique. C’est regrettable parce que les camerounais sont fatigués de bons discours sans concrétisation.

L’argent n’est pas ce qu’il faut pour faire la politique. Seuls les courageux et ceux qui acceptent de se mettre au service de la collectivité y ont accès. Il faut reconnaitre que beaucoup de mes connaissances me soutiennent moralement, physiquement et symboliquement et même financièrement. Il est aussi arrivé que je sollicite du soutien auprès de mon parti qui est jeune et par conséquent n’a pas encore assez de moyen. La plupart des activités fédératrices que j’ai organisées, ce sont mes amis et des membres de la famille qui m’ont soutenu et il faut avouer que ma personnalité y est pour beaucoup. Les gens font confiance et veulent me voir réussir. Certains vont jusqu’à me dire que je dois savoir que ce projet n’est le mien seul, c’est leurs affaires et leurs devoirs de m’aider à être le plus jeune maire du Cameroun.

Au regard de votre parcours, le leadership et le dynamisme vous collent bien à la peau. Mais au juste où allez-vous ? Que cherchez?
Je vais au service des Camerounais qui ont besoin d’une jeunesse combattante et d’un pouvoir politique qui va les amener à comprendre que rêver et réussir sont des droits, des devoirs et des aspirations légitimes.

Des langues disent que vous êtes dans le viseur des autorités et qu’à la moindre récidive en rapport avec vos combats, vous serez mis hors course. Est-ce vrai ? Et quelles sont les dispositions prises pour éviter qu’on en arrive là?

C’est ce qu’on dit pas moi je ne travail pas au renseignement. Cela m’invite à plus de vigilance et je suis engagé sur un chemin et personne ne va m’arrêter car mon ambition est légitime.

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