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Emprunt obligataire au Cameroun: Les contours en phase d’adoption

La documentation relative à l’organisation de l’opération devrait être validée ce jour par la commission des marchés financiers

11 placeurs pour la réussite de l’opération
Annoncé par le ministre Essimi Menye des finances le 18 novembre 2010 dernier, les détails de l’opération d’emprunt obligataire de l’état du Cameroun sont déjà ficelés. Il faut juste que la commission locale des marchés financiers valide le document final qui a été proposé et cela devrait se faire à mon avis sans grand problème, nous a déclaré un expert financier proche de l’opération. Le slogan de l’ensemble de cette opération sera celui de faire une épargne différente. Onze prestataires de service d’investissement ont été retenus pour servir de placeurs. On y retrouve Afriland First Bank, Citibank et la Société générale des banques, qui ont aussi été les principaux arrangeurs de l’opération. Les autres prestataires sont la BAC, la BICEC, BMCE Capital, le Crédit Agricole-SCB, CENAINVEST, EDC-Investment Corporation et United Bank of Africa. La présence de la commercial Bank of Cameroon dans la liste des prestataires proposés reste assez surprenante, l’institution étant sous administration provisoire. 20 millions de titres d’obligations du trésor seront mis à la disposition des investisseurs potentiels pour une période de souscription qui ira du 06 au 15 décembre 2010 soit exactement 7 jours ouvrables. Ces titres seront dématérialisées c’est-à-dire ne devraient pas donner lieu à la création d’un titre sur support papier. Ils seront inscrits en compte auprès des Prestataires de Services d’Investissement (PSI) et ne seront négociables qu’auprès de la Douala Stock Exchange (DSX) qui servira de marché secondaire. Les investisseurs intéressés par l’offre devront se rapprocher des Prestataires de Services d’Investissement. Des bulletins de souscription leur seront remis par ces établissements. Toutefois, les modalités de gestion des comptes-titres et plus tard de la négociation de ces titres auprès de DSX resteront du ressort de chaque Prestataire de Services d’Investissement.

Une protection maximale pour les investisseurs
La rémunération on le sait déjà sera de 5,6% et débutera dès la première année date d’anniversaire de la souscription. Le capital c’est-à-dire la valeur initiale de l’achat des titres sera remboursée de manière constante sur 4 ans, à compter de la fin de l’année 2012. Pour rassurer les potentiels investisseurs, l’état du Cameroun se propose de mettre en place un compte spécial ouvert à la direction nationale de la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC) au Cameroun. Un compte qui sera alimenté mensuellement par des prélèvements systématiques du Compte Unique du Trésor ouvert dans les livres de la BEAC. L’Etat du Cameroun a signé à cet effet, une convention de compte avec la BEAC, prévoyant un prélèvement mensuel irrévocable opéré par la BEAC sur le Compte Unique du Trésor, du douzième de l’annuité exigible sur la base du tableau d’amortissement indiqué. Une masse des obligataires chargée de veiller au bon fonctionnement du compte spécial de remboursement est prévue. Elle devrait informer en permanence la communauté des investisseurs du niveau des provisions constituées et affectées aux paiements et remboursements des échéances. Globalement l’opération d’emprunt par l’état est très saluée par les milieux des investissements financiers au Cameroun. L’état a pris le soin d’encourager les soumissions de personnes physiques. Une des propositions relatives à cet emprunt laisse entendre que dans le cas où la somme totale des souscriptions est supérieure à 200 milliards de Fcfa, ces personnes seront servies prioritairement de l’intégralité des quantités de titres demandés et les souscriptions des personnes morales devraient être réduites selon un coefficient calculé par DSX. C’est la Douala Stock Exchange qui procédera aux allocations définitives.

Banque des Etats d’Afrique Centrale BEAC
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Les investisseurs en attente
De nombreuses personnes intervenant dans l’environnement des finances et même à titre individuel sont prêtes à jouer le jeu, d’une part parce que pour une fois l’état sollicite vraiment le secteur privé, et avant de le condamner, elles veulent d’abord lui apporter leur soutien, cela pourrait être le point de départ d’une nouvelle forme de coopération secteur privé et secteur public et c’est bien mieux que de s’endetter à l’extérieur nous a confié sous couvert d’anonymat, un analyste financier proche des PSI. Cela dit même si peu de personnes y croient, le tout premier emprunt obligataire du Cameroun bénéficie d’un contexte où les investisseurs potentiel en quête de placements productifs ont l’occasion de pouvoir aborder d’autre type d’investissement. Pourtant beaucoup restent sceptiques quant à la capacité de pouvoir réunir les 200 milliards de Fcfa. Cela va être difficile, beaucoup d’entreprises sont en fin d’exercice budgétaire et les documents étant encore en attente, nous n’aurons pas vraiment le temps d’analyser la question et d’en ressortir toutes les implications qui l’accompagneront. Déjà deux points du projet de documentation soulèvent des sentiments de réserve. L’état semble rappeler que les clauses d’acquisition des titres d’obligations pourraient subir les influences externes ou internes à l’emprunteur qu’il est. Une situation à double tranchant qui en Afrique ne profite pas toujours aux personnes privées. D’un autre côté l’état en laissant le soin au prestataire placeur des obligations de fixer les incidences financières des tenues des comptes-titres et de leurs replacements sur le marché secondaire ne facilitent pas toujours la tâche à un investisseur camerounais qui n’est pas toujours très au courant des la question financière. Le document final reste attendu et les premières opérations aussi. L’état du Cameroun a prévu dans le cadre de la loi des finances 2010 cette opération dit-elle, pour soutenir des projets structurants. Le lancement de la plupart de ces projets a été différé mais les investisseurs camerounais semblent décidés à ne pas lâcher l’état pour cette grande première.

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