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Emprunt obligataire de l’Etat du Cameroun: Fin des souscriptions

Les premières informations font état de ce que les banques auraient acheté une grande majorité des titres

Environ 170 milliards de souscriptions annoncés
Les souscriptions pour les titres d’obligation émis par l’Etat du Cameroun dans le cadre de l’emprunt obligataire ont officiellement pris fin ce lundi 20 décembre. Selon des sources proches de l’opération, les 200 milliards de FCFA n’auraient pas été atteints. Ce lundi à 15 heures on était encore seulement à 160 milliards de francs CFA, mais certaines opérations de finalisation se déroulaient encore et d’ici que le rapport des souscriptions soit rendu public, on sera fixé, mais nous ne pensons pas qu’on puisse atteindre les 170 milliards, a fait savoir un observateur proche de l’opération. L’analyse semble pertinente. Prenant la parole lors de l’assemblée générale du Groupement interpatronnal du Cameroun (GICAM), le directeur de la société générale des banques (SGBC), qui est aussi un des arrangeurs de l’opération, a prononcé un discours où il invitait les investisseurs à se joindre à l’opération: Il vous reste trois jours pour souscrire, nous avons assorti cette opération d’un mécanisme permettant de privilégier les investisseurs particuliers et entreprises par rapport aux banques dans l’octroi des obligations. Si vous souscrivez, vous serez servis a déclaré Alexandre Maymat. Ce jour là on était officiellement à un peu plus de 150 milliards de francs CFA. Des analystes proches de l’opération indiquent qu’ au stade actuel de l’opération ce sont les banques qui ont pris le gros des titres émis. Les estimations laissent entrevoir que le groupe Ecobank viendrait en tête avec près de 32 milliards de titres acquis. suivrait ensuite Afriland first Bank, le premier investisseur purement camerounais avec à peu près 25 milliards de titres récoltés. La société générale des banques est annoncée à la troisième place avec une vingtaine de milliards de titres acquis. Citées aussi, la BICEC (environs 15 milliards), UBA (environ 12 milliards), CITI Bank (environ 6 milliards) BMCE Capital, CBC et Banque Atlantique, tous pour un peu plus de 10 milliards. Les assurances sur lesquelles avaient misé certains analystes n’auraient finalement pas joué le jeu, malgré l’importante opportunité que représentait pour eux cette opération. Elle aurait débuté avec du retard, à un moment où une bonne partie de leurs fonds sont en placement dans d’autre marchés financiers notamment en Afrique de l’ouest.

Pour les analystes cette configuration semble logique. Ecobank et Afriland first Bank sont aujourd’hui en quelques sortes victimes du succès de leurs offres et de leurs approches clientèle. Il en résulte que durant les dernières années, elles ont consolidé leurs dépôt bilan mais ce sont retrouvées face à une nouvelle difficulté, faire rémunérer cette importante disponibilité financière. L’emprunt obligataire du Cameroun qui est sur quatre ans est presqu’à la limite du court terme et jouit d’une garantie claire. Intervenir pour eux dans cette opération leur permet de renforcer la valeur de leur dépôt. D’ailleurs Afriland first Bank n’a pas attendu l’emprunt obligataire pour intervenir aux côtés de l’Etat du Cameroun. Elle a déjà été sollicitée dans les travaux initiés par la Sonara, elle est accompagnatrice du projet de construction des centrales thermiques d’urgence, pour près de 15 Milliards de FCFA. La même raison qui veut que certaines banques ont profité de l’opération pour rémunérer leurs dépôts à terme peut s’appliquer aussi aux banques telles la BICEC ou la banque Atlantique. Mais par-dessus tout, des observateurs affirment que le relatif succès de cette opération et plus lié à des considérations d’ordre politique. Le secteur bancaire a pris ses responsabilités, et envoyé un message au secteur public. Nous sommes là et nous pouvons intervenir efficacement lorsque le besoin se fait sentir. Un choix stratégique que les investisseurs particuliers et entreprises ne sont pas prêts à effectuer. Olivier Behle président du Gicam l’a fait savoir à demi mots, les procédés de l’Etat ne sont pas toujours encourageant pour les investisseurs. Sur l’origine des fonds, deux thèses s’affrontent. L’une veut que les filiales des banques étrangères aient reçu un appui de leurs maisons mères respectives. L’autre théorie est que les banques ont eu des discussions en interne avec certains de leurs gros clients qui ont accepté de prêter leurs dépôts au jeu. Dans ces circonstances, le gouvernement qui tient à ses milliards aurait été moins rigide. Même le rapport de souscription qui est attendu dans les prochains jours n’apportera pas de réponse à ce type de question.


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