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En observant le Burkina, le peuple est la plus puissante et la plus efficace des armées

Par Shanda Tonme

La date du 1er octobre (2015, ndlr) marquera à jamais l’histoire des peuples africains, comme celle qui a consacré des enseignements forts pour les aspirations légitimes à la liberté, à la démocratie et à l’expression de capacités propres des citoyens à se débarrasser du joug de l’oppression.

Premièrement, un peuple déterminé est en mesure de renverser la dictature, y compris la plus rusée, la plus soutenue de l’étranger et la plus barbare

Deuxièmement, l’attachement aux grands principes avec des objectifs précis et une orientation claire, est suffisant pour déjouer toutes les tentatives de récupération du soulèvement populaire. Le rejet retentissant du plan initial de la CEDEAO porte le témoignage.

Troisièmement, le peuple est la première, la plus forte, la plus puissante et la plus efficace des armées. Aucune garde prétorienne, aucune milice, aucune force spéciale fut-elle armée de missiles nucléaires, n’est en mesure de triompher de la volonté d’un peuple déterminé. La déconfiture du Régiment spécial présidentiel, horde de criminels voués à la garde du pouvoir de Compaoré porte le témoignage.

Quatrièmement, les peuples africains comprennent aujourd’hui que l’Occident est mal placée pour donner des leçons de tolérance, elle qui continue de rechercher, de poursuivre, de juger et de condamner les criminels de la deuxième guerre mondiale et du génocide des Juifs. En effet l’Occident est, souligne Aimé Césaire, dans «discours sur le colonialisme», comptable devant l’humanité du plus haut tas de cadavres de l’histoire». Cet Occident qui continue de bombardé en Irak, en Syrie, au Yemen, et en Afghanistan, cette Occident qui a créé toutes les guerres et toutes les souffrances, soutenu et soutien les pires dictatures à travers le monde, est mal placée pour conseiller la tolérance à l’endroit des auteurs des crimes de sang au Burkina Faso.

Cinquièmement, l’ultime enseignement qui nous vient de cette tentative de briser l’élan révolutionnaire du peuple Burkinabé par des salopards et des vers malpropres en treillis et leurs suppôts en civil du genre Bassolé Djibril, c’est que dans la confrontation des intérêts sur la base des oppositions sur les principes, le châtiment doit être radical, sans pitié, sans concession, sans retard, et sans remords. L’enseignement vaut pour tous les regroupements humains, dès lors que s’engage ouvertement la lutte. Le destin collectif n’est pas négociable avec des traitres dès lors qu’ils sont convaincus d’avoir pris des libertés avec les principes consacrés et sacrés, que ce soit dans le contexte d’une nation, d’une famille, d’une association ou d’un simple cercle opportuniste.

Sixièmement, On ne saurait faire une bonne sauce avec de la viande avariée ou des condiments pourris. Ceux qui soutiennent les dictatures, orchestrent des embrigadements des populations et croient tromper la société avec des actes, des gestes, des déclarations contraires à la vérité, devraient être disposés à assumer les conséquences inévitables pour eux et leurs familles, leurs descendances, à long terme. Ce n’est ni de l’exclusion, ni de la discrimination que de débarrasser les peuples de rapaces politiques et financiers qui ont uvré à compromettre le destin de l’Afrique.

Septièmement, L’idée ambiante qui voudrait que l’Afrique soit le continent des palabres douces et des arrangements familiaux non contentieux qui pardonne tout, oublie tout et tait les querelles procède d’un discours faux, raciste et infantilisante. Toutes les sociétés humaines sans distinction sont gouvernées par des luttes des classes, des rapports des forces qui déterminent des situations de pouvoir, de domination, de subordination, de gouvernance, d’exploitation, de richesse, de maître et d’esclave.
Huitièmement, chaque peuple porte en ses entrailles, toutes les ressources nécessaires pour sa dignité, son indépendance, son bonheur, sa respectabilité par les autres peuples et son rayonnement./.

Yaoundé, le 02 octobre 2015


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