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Enième effondrement d’immeuble: Les probables causes

Après une nouvelle chute d’immeuble, des voix s’élèvent pour justifier cette succession d’incidents…

Le pire évité de justesse
En l’espace de dix jours, deux immeubles en construction sont tombés au quartier Elig-Essono à Yaoundé, la capitale camerounaise. Le dernier en date, un immeuble de cinq étages. Plus de peur que de mal, de nombreuses personnes travaillaient au moment où est survenu l’accident. Le bâtiment dont la construction aurait commencé il y’a un an, [i est la propriété de la famille Ekobena, dont un des membres, Jean Claude Ekobena, est vicaire général à l’archidiocèse de Yaoundé. Une heure avant l’effondrement, il était venu inspecter l’avancement des travaux. C’est le quatrième effondrement d’immeuble en moins d’un an dans la ville de Yaoundé. Un autre au quartier Kodengui avait causé la mort de quatre personnes, dont une femme enceinte. De nombreuses autorités sont descendues cette fois sur les lieux du drame tels que le gouverneur de la région du centre, Moïse Eyene Nlom, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna et le délégué général à la sûreté nationale, Emmanuel Edou. Selon Tsimi Evouna, une seule cause peut justifier cette succession d’effondrement, l’absence de respect des normes et la méconnaissance des formalités d’acquisition de permis de bâtir. On n’est pas sans ignorer que les mêmes causes produisent les mêmes effets, les gens doivent prendre l’habitude de respecter les normes et la règlementation en matière de construction. Comme d’habitude, le propriétaire de cet immeuble ne possède pas de permis de bâtir(.) Si les gens s’attachaient au moins les services d’un architecte, ce genre d’incident ne se produirait plus a déclaré le délégué du gouvernement.

De la négligence à tous les niveaux de gestion
Une enquête a été ouverte mais pas plus que lors des effondrements précédents. L’opinion publique doute que ses conclusions soient, un jour, connues de tous. Fait étonnant, les deux immeubles effondrés au quartier Elig-Essono, se situent non très loin du siège de l’Ordre national des architectes du cameroun. Selon un de leur représentant, qui rejoint le délégué du gouvernement, l’amateurisme est la raison principale des effondrements d’immeuble. Selon notre source, un premier texte proposé par les architectes avait été transmis au Premier ministre après l’accident de Nkoldongo l’an dernier. Visiblement les propositions formulées dans cette lettre tardent à être prises en compte. D’un autre côté, les techniciens du bâtiment refusent qu’on remette en cause leurs compétences. Nous faisons des propositions mais parfois un maître d’ouvrage, tu lui donnes le devis, il te dit qu’il n’a pas assez d’argent et parfois il achète un matérial qui n’est pas suffisant, nous a déclaré un chef chantier. Une déclaration très grave au regard des conséquences qui peuvent survenir par la suite. Certains observateurs pensent que les constructions d’immeubles en cours devraient être suspendues afin qu’une enquête soit véritablement menée sur le phénomène. Ce qu’on constate, c’est que ces immeubles tombent dans des quartiers moyens où les gens acquièrent les matériaux de construction chez des fournisseurs locaux. L’agence des normes a fixé les règles en ce qui concerne les spécifications des matériaux à utiliser, comme le ciment, le fer à béton, le sable, etc. Mais dans la pratique ces normes ne sont pas toujours respectées. L’agence des normes ne possède pas des ressources pour pleinement exercer ses missions de contrôle. Un dernier facteur et non moins important: la corruption. Avec des relations, on obtient facilement un permis de bâtir ou l’indulgence des autorités communales, qui ne peuvent affirmer aujourd’hui qu’elles ignoraient qu’un immeuble de cinq étages et pour lequel elles n’avaient pas donné d’autorisation, était en construction.


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