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Entretien avec Guy Alain Bellomo, porteur d’un projet sur les énergies renouvelables au Cameroun

Il est ingénieur en électrotechnique spécialisé en énergétique et a présenté son projet lors du Davoc 2010 en Allemagne

Pour nos lecteurs, qui est Alain Guy Bellomo?
Je suis camerounais, je vis en Allemagne depuis près de 17 ans, j’ai fait mes études ici et je suis ingénieur en électrotechnique spécialisé en énergétique, dans le domaine des énergies renouvelables. Depuis près de 10 ans, je travaille dans le domaine de l’energie pour les logiciels de gestion d’entreprise.

Racontez-nous le Cameroun que vous avez connu, votre enfance.
Je suis né à Yaoundé, j’ai grandi en grande partie dans cette ville. Mais j’ai aussi fait la ville de Douala et un peu Bafoussam. Mes études primaires et secondaires, je les ai faites en partie à Bafoussam et à Douala et secondaires à Yaoundé au lycée Général Leclerc. Après le Bac C, j’ai eu l’opportunité d’avoir une bourse d’étude pour faire mes études universitaires, ici en Allemagne.

Vous n’avez donc pas connu l’université du Cameroun?
Si, j’y ai passé 6 mois parce qu’on attendait encore le départ des boursiers étant donné que ça trainait un peu, pour couvrir ce temps, je suis allé à l’université de Yaoundé. Je me suis inscrit à la faculté de sciences en maths/infos.

Donc vous avez connu le début des troubles?
Un peu au Cameroun. Mais nous les boursiers, nous l’avions vécu aussi Allemagne. car la bourse a été suspendue, et il fallait travailler pour payer ses factures. C’était très très difficile au début mais on a tenu.

Comment vous retrouvez-vous à travailler à la fin de vos études en Allemagne?
Lorsque je finis mes études, l’université me propose un poste d’ingénieur assistant dans le laboratoire d’électrotechnique pour un travail de recherche qui était mené dans le domaine des énergies renouvelables, l’énergie provenant des éoliennes. Parce qu’à la Côte, il y a beaucoup d’activités dans ce domaine vu la disponibilité du vent mais je ne me sentais vraiment pas très bien dans l’univers académique. Je voulais aller dans l’industrie. C’est à cette période que je me décide donc avec le background que j’avais en mathématiques appliquées à l’économie de faire la consultation. J’ai commencé dans un cabinet, un bureau de conseil.

Et comment cela se passe pour un camerounais? Les études, on imagine que ça été difficile avec la barrière de la langue et même pour le travail, ça ne vous a jamais causé un problème ?
Ce n’était pas facile les études. Il fallait les financer soi-même. Après les troubles de 1992 à l’université au Cameroun, le gouvernement nous a signifié qu’il n’était plus en mesure de supporter le coup des bourses d’études. J’ai dû travailler et cela m’a permis de m’insérer progressivement dans la vie professionnelle allemande.

Lors du forum écomonique de la diaspora Davoc, vous avez présenté un projet. De quoi s’agit-il ?
Il s’agit d’un approvisionnement en énergie électrique à partir de biogaz. Et ce biogaz est obtenu de la métallisation de déchets ménagers. Donc il est question de voir dans nos grands centres urbains qui sont Yaoundé et Douala, comment est ce que l’on peut utiliser les déchets ménagers pour la production de l’énergie, de l’énergie électrique plus précisément. Et pour cela on utilise une technologie qui est bien connue et des procédés qui sont très bien connus et qui peuvent vraiment nous aider au Cameroun à résorber le problème du déficit énergétique. Le deuxième élément du projet est l’aménagement urbain. En utilisant, en revalorisant ces déchets ménagers ça nous permet aussi d’assainir la ville et de trouver une solution au dépôt ou à la gestion des déchets urbains ou ménagers.

Déchets ménagers qui sont un problème dans les centres urbains.
Un très gros problème. Donc, avec un projet comme celui là on arrive à résoudre plusieurs problèmes et pour cela je m’y suis investi depuis pratiquement huit ans et il était question pour moi de partager déjà cette expérience avec les autres participants au Davoc et en deuxième plan de pouvoir avoir des contacts avec des officiels et des autorités camerounaises pour voir dans quelle mesure il faudrait renforcer les activités de ce projet pour qu’il puisse être mis en place.

Et quels sont vos rapports avec les gouvernants camerounais? Parce qu’il faudra que le projet voit le jour.
Les rapports sont bons, nous devons nous rapprocher de ces dirigeants car ce sont eux qui gouvernent, qui dirigent et nous essayons d’attirer leur attention sur l’apport de la diaspora. Il est question de la création d’entreprises, des emplois au Cameroun, donc nous devons nous y impliquer et moi je dis en tant qu’ingénieur, il est question d’attirer l’attention des décideurs sur ce que nous pouvons faire, sur ce que nous savons faire pour appuyer ce qu’ils imaginent faire pour le Cameroun.

Vous vivez à l’étranger et que répondrez-vous à ceux qui estiment que vous êtes loin des réalités du pays ?
Je répondrais que je me suis appuyé sur les problèmes du Cameroun et j’ai utilisé l’expérience, la technologie, l’expertise disponibles ici en Allemagne, on sait très bien que l’Allemagne est une très grande puissance dans le domaine de la technologie et cette expérience que je vis et que je continue à vivre d’ailleurs, j’ai essayé de rallier ça avec les problèmes que je connais du Cameroun étant donné que j’y suis régulièrement pour voir dans quelle mesure une solution pourrait être trouvée à ces problèmes.

Et un mot sur VKII ?
VKII est une association d’ingénieurs et d’informaticiens camerounais en Allemagne. C’est une association qui regroupe les ingénieurs étudiants ou bien professionnels et qui ont étudié en Allemagne ou bien qui travaillent en Allemagne. C’est une association qui regorge de beaucoup de compétences, comme on peut se l’imaginer. Je pense que c’est un pôle de compétence qui pourrait être utilisé pour la solution à plusieurs problèmes au Cameroun. Car nous avons des génies et des expertises à faire valoir. Ça peut être à travers des projets de groupes ou personnels, mais aussi des initiatives globales.

Le Cameroun vous manque ?
Bien évidemment.

Qu’est ce qui vous manque du Cameroun ?
La chaleur, la terre. Et la possibilité d’être impliqué dans le processus de développement du pays. Et ça, même de loin nous pouvons le faire.

Alain Guy Bellomo
Journalducameroun.com)/n
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