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Essai de compréhension du phénomène de l’Obamania en Afrique (2)

A tous ceux qui attendent les petits bonbons, il vaut mieux réitérer que le président des Etats unis est élu, payé et entretenu pour parler fort.

Le risque du triomphe des combinaisons qui brisent les espoirs
Dans la situation où se trouve Barack Obama, devenu le candidat des pauvres, des espoirs ancestraux et de tous les antiaméricanismes européens et du monde, les tentations d’une déception des suites des mauvais jeux inattendus des politiciens américains pourraient se révéler fatales. Personne ne saurait dire avec exactitude, les marges d’influence des facteurs qui demeurent difficilement maîtrisables. Il ne s’agit pas seulement d’épiloguer sur le facteur racial, tant de nombreux autres facteurs instables sont pourraient prendre le pas. Par ailleurs, il y a les certitudes à l’instar du degré de ralliement de l’équipe de l’ex première dame, dont les ambitions se projettent bien au-delà de l’élection de novembre. Pour que Dame Hilary Clinton ait encore une chance d’envisager la présidence des Etats-Unis, il faut nécessairement que monsieur Brack Obama ne soit pas déjà élu président cette fois ci. Comment dans ces conditions croire à une implication effective et totale de la famille et des amis Clinton ? Or qui dit Clinton, dit le dernier dinosaure de l’appareil du parti que ces gens contrôlent des pieds jusqu’à la tête.

Il faut aller fouiller encore plus loin, au-delà de simples électeurs, des citoyens ordinaires, pour découvrir tout le complexe militaro industriel, tous ces gens, lobbies et clans financiers qui font et défont les présidents, au rythme des guerres et des commandes militaires. Vous ne voulez pas de la guerre, alors vous ne voulez pas des armes, vous ne voulez pas des milliards en équipements technologiques, vous ne voulez pas des emplois, vous ne voulez pas vraiment être président des Etats unis, parce que un président des Etats unis, ça doit pouvoir, mener la guerre et non l’arrêter. C’est combien de personnes, ce lobby, sinon des millions de familles ?
Certes, l’envie de ramener les enfants à la maison en mettant fin à toutes les guerres, les deux plus importantes et plus ruineuses pour le pays, l’Afghanistan et l’Irak, soit quelques six milliards de dollars par jour, sont présentées comme des guerres propres, pour des causes justes, les causes de la démocratie et des droits de l’Homme qui fondent la personnalité morale et internationale de la grande Amérique, mais que faire de la fatigue et des pertes qui s’accumulent ?

Il faut encore, noter cet engouement de l’Europe, qui a presque donné à penser aux Etats unis, que Obama était le candidat plus de l’étranger que de l’Amérique et que par conséquent, il ne défendrait pas bien ou exactement les intérêts de l’Union. En fait, il y a, dans la considération finale, quelque chose qui ne se dit pas ou qui ne se dit que dans certains salons. Combien sont-ils, ceux qui travaillent derrière les rideaux, à obtenir plutôt la victoire de John Mc Cain ? Combien sont-ils, les traitres dans le camp démocrate ? Combien sont-ils, ceux qui annonceront d’autres choix à un jour, à deux jours, à la veille, le matin même ?
L’Amérique nous en déjà fait voir d’autres, et nous ne jouons plus à clamer la victoire de nos totems car les tentations inconnues et dévastatrices, pourraient nous conduire dans des salles de réanimation. Barack Obama est prêt pour l’Amérique, mais l’Amérique est-elle prête pour Barack Obama ? Les Africains sont-ils prêts à accepter autre chose que la victoire de leur choix, un choix sur lequel et pour lequel ils n’ont bien sûr rien fait, un choix qui n’a pas eu besoin de leur avis, mais qui est devenu le symbole de leurs rêves les plus fous ?

Logiquement, l’on se serait attendu à un peu plus d’indiscrétion de la part des pontes qui meublent avec une insolence criminelle, les sommets du pouvoir en Afrique, mais il est clair qu’ils ont perçu le message et ne serait pas, pour certains, mécontents d’une déconvenue d’un candidat qui sert d’instrument de défiance et de dénonciation à leur égard. Que l’on complote à Washington dans l’establishment pour bloquer l’ascension de l’africain américain n’est en réalité un sujet de préoccupation que pour quelques analyses encore capables de faire montre de froideur et de résistance devant les intimidations de l’unanimisme public transformé en maladie obamalogique.
Que les Clinton ou que des milieux particulièrement impliqués dans des jugements racistes agissent en coulisse, est maintenant de trop peu d’importance. Rien n’ébranlera le mental déjà construit en béton sur la victoire, une victoire de revanche, dont le candidat lui-même ignore réellement les contours chez ses frères et s urs de race. Au soir de ce jour de gloire, ce sera la fête, mais après ?


cepgl.blogspot.com)/n

Le Président OBAMA à la Maison Blanche
Il n’est pas prématuré de faire des projections sur la tenure de monsieur Obama et ses premières difficultés. Il aura pour lui un Congrès acquis à son parti, mais peut-être pas entièrement à sa cause. La nuance est très importante pour être signifiée dès à présent chez tous les analystes qui n’auraient pas la maîtrise de la mémoire historique des présidences américaines. De façon presque générale, rare sont les présidents moralisateurs et trop ouverts aux réformes sociales avancées qui ont dépassé un mandat. Certains ont été précipités dans la tombe, sans que les enquêtes monstrueuses, comme seuls savent le faire les Etats unis, aient produit les tenants et les aboutissants.

L’on sait depuis que malgré une minutie extraordinaire et des tonnes de papiers, de pièces à conviction et de témoignages, la commission Warren chargée d’enquêter sur l’assassinat de John Kennedy, n’a pas réussi à produire des conclusions irréfutables. Bine au contraire, les zones d’ombres ont été multipliées par mille, laissant les pistes encore plus brouillées que jamais. Jimmy Carter fut remercié après juste un mandat, vite remplacé par un véritable cowboy à l’image d’une Amérique qui n’a de compte à rendre à personne ni sur ses guerres en Indochine, ni sur les actions de la CIA à travers le monde, ni sur la gestion de son petit billet vert, le Dollar. Le pasteur Carter n’était pas l’homme que l’Amérique attendait ou voulait.

Monsieur le Président Obama risque fort bien de connaitre le même que ces présidents de très grande conviction chrétienne qui ont oublié que l’Amérique c’est d’abord le gendarme du monde, le patron de l’Europe, le roi de l’ONU, et l’on payé d’un départ peu glorieux, non sans être traités par les lobbies ultra conservateurs de faibles.
A tous ceux qui attendent les petits bonbons, il vaut mieux réitérer que le président des Etats unis est élu, payé et entretenu pour parler fort. S’il faut faire la guerre, il le fera, même en payant la facture au prix de la dénégation de votre fraternité de race. Qui oserait croire qu’après avoir engagé des alliés par ci et par là, l’on en viendrait à changer de fusil d’épaule, parce que le monsieur qui occupe le bureau ovale à la maison blanche a changé de couleur de peau ? Il faudra donc vite gérer des tas de contradictions pour lesquels, il se trouvera plus de gens pour l’enfoncer et démontrer son incompétence et sa faiblesse, que pour l’aider, le guider et l’éclairer.Traditionnellement, la classe politique américaine ne se renouvelle pas assez vite et pas assez radicalement, contrairement à ce que l’on pourrait croire dans un pays si ouvert et si attaché à la démocratie. S’agissant particulièrement de la politique étrangère, la situation est même encore plus grave. Ce sont de tous petits cercles qui façonnent la vision mondiale de la très grande Amérique. Les barrons concernés ont généralement servi plus d’une administration, vont et viennent, dictent en douceur et s’imposent dans la continuité et dans la durée. Chaque nouveau entrant à la Maison blanche doit les subir, et bien souvent dès le stade des primaires.

A côté des barrons, il y a les pôles médiatiques, formés par des journalistes et des titres vedettes. Ce sont les Bob Woodward, héros du scandale du Watergate et autres, bien propulsés principalement par les titres phares: le New-York Time, le Washington Post, Chicago-Tribune, Los-Angeles Times, Washington Times, et voilà. Une seule chronique dans l’un de ces titres et sous la plume de l’une de leurs presque intouchables vedettes, peut contraindre un président américain à s’engager dans telle voie ou dans telle autre. Et lorsqu’ils sentent ou simplement soupçonnent le vent tourner, le doute s’installer, ces journalistes n’hésitent pas à précipiter la chute du temporaire de la maison blanche. Les plus malins n’attendront pas un mois pour commencer à mettre sur la table la promesse de retirer les troupes d’Irak, et la suite sera des débats interminables qui contrarient toujours le président.
Vu dans notre subconscient d’Africain soucieux du succès du frère, ce sera un racisme de trop, une méchanceté de trop, une autre humiliation historique de trop, une autre provocation insupportable.
Il n’en demeure pas moins que quoi qu’il advienne dans le cours de la gestion du pouvoir à la tête de la première puissance mondiale par un noir, les africains portés vers la malédiction éternelle de la race, n’auront certainement plus d’argument pour justifier l’arriération du continent. Les noirs n’iront plus raconter que Dieu ne les pas aimé ni qu’il ne leur a légué qu’un continent à problème. Aux Etats-Unis même, il faut rappeler que les noirs n’ont pas donné le meilleur de ce qu’ils peuvent donner ou de ce que le cadre institutionnel leur permet. Il y a effectivement une misère noire résultant des injustices, mais il y a aussi une misère noire résultant de la paresse, de l’irresponsabilité, et de cette malédiction chronique. Il faut par exemple savoir que plus 60% des familles noires sont tenues par des femmes seules, en l’absence des hommes qui font preuve d’irresponsabilité criarde. Crimes, abandons scolaires, maternités précoces, univers carcéral, suicides, en découlent logiquement. La faute n’est donc pas toujours au système ni aux dirigeants, et il ne suffira pas non plus d’envoyer un président noir à la Maison Blanche pour changer ces réalités.
Barack Obama à la maison blanche, entraînera trop de conséquences, trop d’implications, et trop d’espoirs, pour être totalement décryptés maintenant. Dans dix ans sans doute, nous racontera une histoire différente, mais après avoir préparé pour les prochaines générations d’africains, des livres d’histoire, de science politique et de sociologie, où ils apprendront que les noirs peuvent être autre chose aux Etats Unis, que des citoyens de seconde zone.
L’histoire sera donc écrite, peut-être avec de nouvelles espérances, et de nouvelles barrières à franchir, pour aller installer un autre noir, dans le fauteuil de la place Saint Pierre à Rome./.


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