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Estel Mveng brille au Masa 2018

Estel Mveng, artiste camerounaise. ©Droits réservés.

L’artiste camerounaise était sur la scène de l’Escale bantoo le mercredi 14 mars dernier.

On y croit quand elle reprend « A na nguongue »,  titre extrait de son spectacle intitulé « Le cœur qui chante ». La voix saccadée, Estel Mveng pleure son grand-père. Un homme présent et aimant, mort alors qu’elle en avait encore grand besoin. Aujourd’hui, la jeune femme n’a que ses mots et sa voix pour lui dire « Je t’aime comme hier et pour toujours ». A la manière de chez nous, Estel s’est contorsionnée, s’est roulée à même le sol pour regretter cet être si cher à son cœur. Fragile, vulnérable mais sans jamais perdre la voix, la chanteuse camerounaise a tout donné le 14 mars sur la scène de l’Escale bantoo au Masa 2018.

Son entrée a fait sourire le public qui l’entendait chanter au loin, s’attendait à la voir sortir de la loge. Mais c’est derrière lui qu’elle est apparue. La démarche assurée, Estel s’est avancée vers la scène pour tenir le public en haleine. Pendant une vingtaine de minutes, la lauréate 2016 du prix découverte de l’Institut Goethe du Cameroun s’est transcendée. Elle a donné de la voix, fait virevolter les longues lamelles de sa robe avec des pas de danse cadencés, avec tantôt le sourire, tantôt le regard froid et indifférent mais parfaitement maîtrisé. Rien à voir avec la jeune femme timide et silencieuse qui évite de se faire remarquer dans la vie de tous les jours.

La musique avant et après tout

Sur scène, Estel Mveng se métamorphose. Elle quitte sa peau de fille ordinaire à celle de femme pleine d’assurance qui a une histoire à raconter. Mveng Amougou Estelle Victorine est née un 8 juillet au Cameroun. Elle vit une enfance simple, sans jamais penser à faire de la musique, même si elle est entourée d’artistes . C’est au collège Le Sillon à Yaoundé que la musique vient à elle. Son professeur de français lui force un peu la main pour rejoindre la chorale. Mais l’adolescente ne s’y plaît pas. A l’internat du collège Bonneau qu’elle intègre quelques années plus tard, la petite Estelle joue dans la fanfare, sans conviction.

Une fois à l’université de Ngaoundéré, la jeune fille dépose ses valises au club musique. Là encore, elle ne trouve pas satisfaction. Chanter en play back ne lui convient pas. Mais elle doit se faire une place. Quand Estelle gagne le concours de musique organisé par l’Alliance française de Ngaoundéré, elle force le respect des autres et donne son premier concert. Depuis, la jeune femme se consacre exclusivement à la musique. Dire qu’elle aurait pu être commissaire de police aujourd’hui. « J’ai décidé de ne pas aller en formation parce que l’appel de la musique était trop fort », raconte l’artiste.  Ce qui lui a valu les foudres de sa famille. Mais, elle pouvait compter sur son grand-père, qui lui a légué son fauteuil de chef traditionnel de 3ème degré de Nkol-Amougou par Biwong Bané dans le Sud du Cameroun.

Avec mélancolie, Estelle Mveng livre les secrets de sa vie, de son parcours semé d’embûches, de rencontres extraordinaires, comme celles faites au Masa 2018, et surtout de son amour de mère. Des projets pleins la tête, la jeune femme poursuit lentement son bonhomme de chemin pour faire entendre sa musique, un mélange de sonorités traditionnelles (Ekang, Ewanga, etc) et modernes. On l’écoute forcément, parce que sa voix en impose.  Et ça lui va plutôt bien. Le 14 mars dernier, sur la scène de l’Escale bantoo, le public est resté baba, se demandant si c’était fini ou pas. Et c’était bien fini. Estel Mveng était partie sans demander son reste…

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