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Et si Tchamba Ngassam Melvin était un otage français détenu au Congo ?

Par Evarist Mohbeu

Malgré les multiples conférences de presse organisées par plusieurs associations des droits de l’Homme sur la disparition mystérieuse de l’ingénieur Camerounais, Tchamba Ngassam Melvin dans le district de Zanaga en République du Congo le 11 Avril 2011,le gouvernement camerounais garde un silence inexplicable. La famille quant à elle, éplorée, ne sait plus à quel saint se vouer. Des cas similaires sont nombreux. Au fait, les Camerounais de l’étranger sont ils protégés par les autorités ?

Cas de Melvin Tchamba
Dans la nuit du 07 au 08 avril 2011 disparaissait en terre congolaise dans des circonstances floues Monsieur Tchamba Ngassam Melvin, ingénieur des eaux, forêts et chasses de nationalité camerounaise, 34 ans révolus, marié et père de deux enfants et exerçant pour le compte de la société Geospatial Technology Group Congo. Les organisations de la société civile (le COMICODI, le «Collectif Retrouvez Tchamba Ngassam Melvin», etc.), la presse nationale et internationale ont immédiatement alerté les différentes instances en faisant large écho de la situation et en insistant sur la nécessité d’ouvrir et de mener une enquête en bonne et due forme. L’enquête préliminaire ouverte après des semaines de retard n’a jamais cependant été menée jusqu’au bout, des preuves d’amateurisme et des zones d’ombre ayant émaillé tout son processus. Depuis, le silence et l’absence de réaction de la part des autorités congolaises et camerounaises nous laissent penser désormais à un sentiment d’abandon par ceux censés les protéger. Le ministre de la communication du gouvernement camerounais habitué à ne parler comme un griot garde un silence inexplicable Les voix s’élèvent du coté de la famille pour fustiger ce qui est considéré comme un abandon. La libération récente des otages français a encore mis en exergue le rôle prépondérant d’un Etat prompt à s’occuper des étrangers…pendant que son propre peuple disparaît dans la nature sans qu’il ne s’émeuve. C’est en suivant le communiqué de la Présidence de la République lue sur les antennes de la radio publique, dans la matinée du 19 avril dernier, que le monde entier a appris la bonne nouvelle avec les otages français qui avaient été libérés au Cameroun. Il ne faut pas se tromper, le dénouement heureux avec la libération des otages français, avant d’être une libération pour la France, sont avant tout la victoire de la France, du Cameroun et du Nigéria. Mais, que dire du Cameroun qui ne s’occupe pas du sort de ses citoyens disparus ?

Plusieurs autres cas énumérés parmi tant d’autres
En 2004, le couple Ndoumbe Merlin fut assassiné dans leur domicile à Toulouse en France. Après la conclusion par le juge français de la thèse de règlement de compte, l’affaire est restée classée. En 2008, le jeune Stéphane Kameugne était été porté disparu en France avant d’être retrouvé mort quelques jours plus tard. La police française avait évoqué la thèse de la noyade. Pendant ce temps, les autorités camerounaises comme par habitude ne se sont pas intéressé à ce drame. Le 1er mai 2008 en Belgique, Folefack Sontsa Ebenizert était retrouvé mort au centre fermé de rétention des sans papiers de Merksplas. Le parquet de Turhnout avait conclu à la thèse de suicide. Il a fallu que des organisations comme le CODE, l’asbl CEBAPH, le Collectif Folefack, l’Association Menoua de Belgique et de France etc. puissent se mobiliser autour de la cause. Jusqu’ici, aucune trace des activités des autorités camerounaises. Pour reprendre Bonaberi.com, « Plus grave, ou plus touchant, en 2008, 12 étudiants camerounais décédaient de noyade en Guinée Conakry. Une affaire qui avait ému le Cameroun comme un seul homme. excepté les dirigeants. Sans nouvelles du consul, en détresse, les survivants avaient dû bénéficier d’un geste organisé sur Bonaberi.com pour pouvoir organiser les recherches et récupérer les dépouilles. » Lorsque la situation s’embrasait dans les pays arabes et que chaque pays rapatriait ses enfants, les Camerounais se retrouvaient livrés à eux-mêmes et devaient s’en remettre à dame chance pour quitter le pays. » Aujourd’hui, ce sont des étudiants Camerounais qui sont abandonnés en Chine avec 18 mois d’arriérés de complément de bourse, sans que l’Etat camerounais ne démontre sa volonté régalienne. Où est finalement l’intérêt des Camerounais dans le dénouement hyper médiatisé de l’affaire des otages français détenus au Nigeria? Juste pourrait-on remarquer que jamais, de triste mémoire, Paul BIYA ne se sera autant préoccupé du sort de ceux de ses propres compatriotes, victimes de tragédies similaires à l’étranger. Les citoyens camerounais à l’étranger sont ils protégés par leur gouvernement? Et si par exemple Tchamba Ngassam Melvin était un otage français détenu ou disparu au Congo, quelle serait la réaction de la France ?

Evarist Mohbeu
africapresse.com)/n
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