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Etats Généraux de la Communication au Cameroun, enfin!

Les deuxièmes Etats Généraux de la Communication s’ouvrent ce mercredi dans un contexte de tension, mais aussi de promesses et de défis pour le secteur

Les Etats généraux de la communication (Egc) du Cameroun débutent ce mercredi 05 décembre 2012 à Yaoundé. C’est le Palais des congrès qui servira de cadre à ce qui est annoncé comme une « grande messe de la communication». La Communication, instrument de consolidation de la paix, de l’unité et de la solidarité nationales, pour un Cameroun prospère et émergent à l’horizon 2035, voilà le thème sous le prisme duquel se bâtiront les travaux. Neuf ateliers de réflexion sont prévus sur «médias, citoyenneté et responsabilité», «statut des professionnels», «viabilité économique des médias et qualité du pluralisme». Et aussi sur la «régulation et auto-régulation professionnelle», « l’ assainissement de la télédistribution et structuration du secteur », entre autres. Pour ce faire, le ministère de la communication à l’ouvrage pour l’organisation a nommé à la commission scientifique des travaux, le Pr. Jacques Fame Ndongo, actuel ministre de l’enseignement supérieur, ancien ministre de la communication et rapporteur général des travaux de la première édition des Etats généraux de la communication en 1994. De nombreux invités sont annoncés dont Georges Gros, secrétaire général international de l’Union de la presse francophone et Hervé Bourges, ancien Président du Conseil supérieur de l’Audiovisuel français, ancien Président des chaînes de télévision en France et ancien directeur de l’école de journalisme du Cameroun. Ce dernier, dans une interview accordée à Afrik.com, a donné son point de vue sur les enjeux de ces Egc: « Ces Assises interviennent au moment précis où le Cameroun doit concevoir l’articulation entre les aspirations collectives propres à chaque nation, à un niveau culturel et politique, et un univers médiatique nouveau, celui d’Internet et de la mondialisation des réseaux de communication (.) D’un côté, il y a une formidable liberté de communiquer dont la régulation est indispensable mais compliquée, de l’autre il y a la nécessité de préserver les identités nationales et les cultures face au déferlement d’images internationales. La solution, c’est le dynamisme de chaque pays, sa capacité à produire, à diffuser à l’intérieur de ses frontières et hors de ses frontières des images originales et fortes, capables d’entrer en concurrence avec celles des réseaux mondiaux»

L’enthousiasme et les attentes de Hervé Bourges ne sont pas partagés par le syndicat national des journalistes du Cameroun. Le président actuel, Félix Cyriaque Ebolé Bola, a appelé les journalistes « à se rendre massivement à l’esplanade du Palais des congrès de Yaoundé le 5 décembre au matin afin de manifester, pacifiquement et en toute responsabilité, leur refus d’embrigadement politique d’un secteur vital pour le Cameroun ». ce dernier reproche au ministère de la communication entre autres le manque de concertation avec les acteurs « réels » de la communication au Cameroun :« Au sein dudit Comité scientifique, déjà pléthorique, se retrouvent non seulement une foultitude de thuriféraires du parti au pouvoir, mais également de soi-disant représentants de regroupements professionnels dont le mandat est échu, dont les organes ont cessé de fonctionner depuis des lustres ou dont les titres affichés sont manifestement usurpés» et d’ajouter « de tout ce qui précède, il apparaît clairement que le dessein du MINCOM est loin de l’avènement souhaité d’un univers communicationnel assaini, crédible et performant. A travers sa décision, Issa Tchiroma Bakary recherche avant tout des cautions politiques pouvant l’accompagner dans l’acte de forfaiture qu’il s’apprête à perpétrer contre les libertés et avec l’argent du contribuable». Le Snjc a donc appelé à un boycott actif de ces travaux : « c’est pour cela que le SNJC sera présent sur le lieu des travaux, mais ne prendra part à aucun atelier » a indiqué M. Ebole Bola dans une note.

Du 29 août au 1er septembre 1994 avait eu lieu la première édition des Etats généraux de la communication. Sous la présidence du Pr. Augustin Kontchou Kouomegni alors ministre de la communication. De nombreuses résolutions avaient alors été prises comme celui de la tenue tous les 5 ans de ces Etats généraux. Ce n’est pas la seule à ne pas avoir été respectée. Les résolutions et recommandations présentées le 1er septembre 1994, par Amadou Vamoulke qui officiait comme secrétaire général des Etats généraux, prévoyait entres autres l’institution d’un quota minimal de 80% de contenus camerounais pour les produits diffusés dans les médias d’Etat, la formation des communicateurs en langues nationales, l’accroissement du nombre de structures de formation universitaires, un plus grand respect du bilinguisme officiel dans les organes médiatiques d’Etat, une utilisation plus prononcée des langues nationales dans les médias d’Etat, de toutes les sensibilités nationales…

Etats Généraux de la Communication au Cameroun, du 05 au 07 décembre 2012
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