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Etats-Unis: un troisième Bush veut succéder à Barack Obama

Jeb Bush, fils et frère d’anciens présidents, doit officialiser lundi à Miami sa candidature à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de novembre 2016

Jeb Bush, qui doit officialiser lundi à Miami sa candidature à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis, va devoir éviter les écueils d’une candidature modérée pour espérer ramener son parti à la Maison blanche.

Fils et frère d’anciens présidents, l’ancien gouverneur de Floride dont l’épouse Columba est née au Mexique fait entendre une voix modérée dans les débats sur l’immigration et l’éducation.

Il veut élargir la base du Parti républicain, attirer vers lui les électeurs centristes, mais devra pour cela composer avec la droitisation du « Grand Old Party » et éviter de reproduire l’erreur de Mitt Romney: le candidat battu par Barack Obama en 2012 n’avait pas su « ouvrir son c ur » et était resté trop distant aux yeux des Américains moyens.

« Que Jeb soit Jeb », disait une de ses sympathisantes lors d’une réunion de donateurs organisée en avril dernier à Miami.

Son entrée en lice survient alors que dans le camp démocrate, Hillary Clinton a enclenché la vitesse supérieure en tenant samedi après-midi à New York son premier grand meeting de campagne.

Quand l’ex-Première dame et ex-secrétaire d’Etat d’Obama fait largement la course en tête dans les intentions de vote en vue des primaires démocrates, Jeb Bush, lui, est au coude à coude avec d’autres candidats républicains, qu’ils soient déjà déclarés ou qu’ils fassent encore durer le suspense à l’image de Scott Walker, le gouverneur du Wisconsin.

Dans l’Iowa, cet Etat conservateur du Midwest dont les caucus lanceront en janvier le long processus des primaires, Scott Walker, qui pourrait officialiser à son tour sa candidature au début de l’été, domine les sondages tandis que Jeb Bush est dans le peloton de ses poursuivants, avec Ben Carson, Rand Paul et Mike Huckabee.

« La course sera très ouverte dès le début et ce sera une très longue course. A l’évidence, le plateau est très fourni avec des républicains très talentueux », expliquait au début du mois le porte-parole de Jeb Bush, Tim Miller.

Dix candidats sont d’ores et déjà engagés; d’autres pourraient suivre dans les prochaines semaines.

Romney, l’anti-modèle
A 62 ans, l’ex-gouverneur de Floride (1999-2007) qui était notamment en poste lors de l’interminable dépouillement des voix lors de la présidentielle de 2000 remportée par son frère George W. face au démocrate Al Gore prétend être celui qui ramènera le Parti républicain à la Maison blanche après deux échecs successifs.

Dans son entourage, on souligne qu’il a tiré les leçons de la défaite de Romney. Une de ses proches conseillères, Sally Bradshaw, a du reste co-signé une analyse officielle de l’échec de 2012.

« La première priorité dont il parle, c’est qu’il veut ouvrir son c ur », dit Tim Miller. « Dans les sondages sortie des urnes de 2012, un grand nombre d’électeurs estimaient que Mitt Romney devançaient Obama sur nombre de traits caractéristiques, mais qu’il était en revanche battu à plates coutures à la question il se préoccupe de gens comme moi' », poursuit-il.

Son dérapage sur les 47% d’Américains assistés vivant selon lui des prestations sociales de l’Etat et dont il disait ne pas avoir à se soucier était passé par là. « Mon boulot n’est pas de m’occuper de ces gens. Je ne réussirai jamais à les convaincre d’assumer leurs responsabilités et de prendre leur vie en main », affirmait Romney dans un discours théoriquement à huis clos mais dont un enregistrement vidéo avait été largement diffusé et commenté.

Jeb Bush devrait pour sa part mener campagne dans des lieux ignorés par Romney et peu fréquentés par les candidats républicains en général, comme les églises noires ou les quartiers et campus hispaniques, indique un de ses conseillers.

Quand Romney menait une campagne très contrôlée, quasi rigide, lui veut être plus ouvert à l’improvisation, plus accessible aux électeurs, aller au devant d’eux lors de réunions publiques avec questions-réponses.

Quant aux relations avec les journalistes qui couvriront sa campagne, il devrait être beaucoup plus accessible là encore que Romney, qui était réticent à discuter en petit comité avec les médias.

Issu d’une dynastie politique qu’il ne renie pas, Jeb Bush devrait aussi insister sur la voie personnelle qu’il a suivie, avec ses années de formation passées au Venezuela par exemple, et mettre en avant son bilan de gouverneur.

« Je vais rester ce que je suis, je ne vais pas changer parce qu’à un moment donné quelqu’un aura donné un point de vue particulier sur un sujet », a-t-il confié samedi en Estonie, où il achevait un déplacement en Europe qui l’a également conduit en Allemagne et en Pologne.

Jeb Bush, qui doit officialiser lundi à Miami sa candidature à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de novembre 2016 aux Etats-Unis, va devoir éviter les écueils.
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