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Une étude au Cameroun et en RDC relativise la supposée mauvaise qualité des médicaments vendus en Afrique

Sur les échantillons analysés, l’étude scientifique, conduite par 14 chercheurs d’Allemagne, du Cameroun et de la République démocratique du Congo, n’a relevé que 8,5% de médicaments ne répondant pas aux standards de la Pharmacopée américaine. Elle a été publiée le 11 mai dans la revue scientifique de la Société américaine de médecine tropicale et d’hygiène (ASTMH)

 

La perception véhiculée sur la commercialisation, dans une grande proportion, de médicaments de mauvaise qualité en Afrique n’est pas établie, selon les conclusions d’une recherche publiée en ligne le 11 mai dans l’American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, revue scientifique de la Société américaine de médecine tropicale et d’hygiène (ASTMH).

La recherche, réalisée par 14 chercheurs d’Allemagne, du Cameroun et de République démocratique du Congo (RDC), a été menée sur des antibiotiques et des médicaments utilisés contre les maladies non-transmissibles. En tout, 13 “médicaments essentiels” ont été examinés, à travers 506 échantillons collectés auprès de structures publiques, d’établissements de santé confessionnels, pharmacies privées et vendeurs informels (60).

“Le pourcentage de médicaments falsifiés observés dans l’étude est nettement inférieur que celui souvent décrit dans les articles alarmistes de médias sur la qualité des médicaments en Afrique”, affirme l’étude.

La collecte des échantillons a été faite entre août 2017 et novembre 2018 dans le nord-est de la RDC – plus précisément dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Tanganyika -; et au Cameroun, dans les régions de l’Adamaoua, du Centre, du Littoral, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Ouest.

Résultats

L’analyse a été menée selon les normes de la Pharmacopée des Etats-Unis (USP), organisation qui établit les normes de qualité des produits médicamenteux, lit-on dans l’article.

Selon les résultats des chercheurs, trois échantillons – sur les 506 collectés – ont été identifiés commes “falsifiés”.

Dans l’ensemble, 8,5% des échantillons n’ont pas satisfait aux standards de l’USP, en ce qui concerne le contrôle des substances actives pharmaceutiques (Active Pharmaceutical Ingredients, API) et 11,7% n’ont pas été conformes aux tests de dissolution.

Les trois échantillons falsifiés venaient de vendeurs informels. Les médicaments venant de fournisseurs informels ont montré un taux hors spécification plus élevé (28,2%) que les autres points de ventes de médicaments (12,3%).

Le taux d’échec des médicaments déclarés produits en Europe (5,1%) – plus coûteux – était moins important que celui des médicaments en provenance d’Asie (17,7%) et d’Afrique (22,2%).

L’usage de faux médicaments a parfois été décrit comme “une pandémie” dans les pays à revenu faible et intermédiaire, affirment les chercheurs; qui considèrent qu’il ne s’agit pas d’une affirmation vérifiable au regard des résultats de leur enquête.

Cette dernière, rappellent-ils, rejoint trois autres études à large portée menées sur la qualité des médicaments en Afrique, dont une de l’Organisation mondiale de la santé publiée en 2011 (étude QAMSA sur les antipaludéens) qui avait trouvé un taux de 0,2% de médicaments falsifiés dans ses échantillons.

Les auteurs de l’étude menée en RDC et au Cameroun la considèrent comme la “plus grande étude approfondie sur la qualité des médicaments” conduite au Cameroun et en RDC au même moment, et la plus grande enquête publiée à ce jour sur la dissolution des substances actives pharmaceutiques (API) des médicaments sur le marché africain.


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