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Exploitation humaine: Les preuves qui accablent la Sosucam

Elles concernent les violations graves des droits du travail et le non respect des normes environnementales. Sherpa International et une coalition des ONGs camerounaises enquêtent désormais sur ces pr

Troisième employeur après l’État et la CDC (Cameroon development coorporation), la Sosucam emploie plus de 7 000 personnes dans ses différentes usines de Mbandjock et de Nkoteng. Mais selon des informations recueillies à bonne source, 99.1% des emplois sont saisonniers. Avec des salaires minables qui rappellent l’époque de la traite négrière. Comme si cela ne suffisait pas, les dirigeants de cette entreprise violent constamment les droits les plus élémentaires de ces travailleurs. Les licenciements abusifs sont monnaie courante à la Sosucam. Personne ne semble pouvoir exiger des comptes aux patrons de la société sucrière du Cameroun. Les employés saisonniers qui sont les ouvriers des plantations de cannes à sucre manquent cruellement du matériel et autres équipements adéquats pour faire correctement leur travail. Et quand il en existe, ils sont plus souvent défectueux ou vétustes. Une situation qui expose ces ouvriers à d’énormes problèmes de santé et à des accidents de travail, compte tenu de la délicatesse de l’entretien et de la récolte des cannes à sucre. Quant aux moyens de déplacement, ils sont tout simplement inhumains. Les ouvriers sont constamment entassés comme des esclaves dans ces quelques carrosses qui servent de véhicules de transport. Sur le plan environnemental, les produits phytosanitaires utilisés par la Sosucam sont interdits de par le monde parce que sources de pollution. On retrouve généralement des déchets non triés entassés en plein air sur les sites de la Sosucam. Les déversements des eaux huileuses, des hydrocarbures et des boues graisseuses au sol et dans le cours d’eau Mekono est de nature à détruire l’écosystème de cette région. La Sosucam a d’ailleurs été condamnée par les institutions compétentes à une amende de 5 millions Fcfa jusqu’ici impayée. Une habitude pour cette entreprise qui ne respecte pas toujours ses engagements. Preuve, les indemnisations des populations à la suite de l’achat par Sosucam de Camsuco font encore jaser, malgré l’engagement à une compensation locale souscrite par l’entreprise. Des éléments d’une extrême gravité qui n’ont pas laissé la société civile camerounaise et internationale indifférentes.

Sherpa International dénonce
En partenariat avec une coalition des ONGs camerounaise, Sherpa International (une ONG française de défense des droits de l’homme, basée en France) a décidé de tirer la sonnette d’alarme. La méthode consiste à mener des investigations auprès des travailleurs et des populations riveraines concernées par l’extension de l’usine à l’horizon 2015. Le but est de récolter le maximum d’informations pour faire pression sur la Sosucam, afin qu’elle contribue au développement local et assume les missions de service public qui lui incombe. Au besoin de se servir des résultats de toutes ces investigations pour contraindre cette société à plus de transparence et de respect des droits de travail et de sécurité social. Ce plaidoyer s’appuie aussi selon Marie Laure Guislain présidente de Sherpa international, sur l’étude d’impact environnemental concernant l’extension de l’usine Sosucam sur une superficie de 11 980 hectares réalisée par le Cabinet JMN consulting. Cette étude a mis en évidence des risques de perturbation de l’écosystème. C’est pourquoi la descente sur le site d’implantation de l’usine s’impose. Les membres de la société civile qui ont donné une conférence de presse le 21 décembre 2012 à Yaoundé, sont déterminés à le faire. Car il faut avant toute démarche, collecter tous les éléments de preuve permettant de constituer un document de plaidoyer à soumettre à qui de droit. D’autres options sont également envisagées comme moyens de pression. Il s’agit des actions judiciaires et administratives.

Les preuves accablent la Sosucam

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