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Exploitation illégale du bois: Le gouvernement camerounais interpellé

L’association les Amis de la Terre, l’IFIA et Le Commerce du Bois s’investissent pour une filière bois durable au Cameroun

Malgré les progrès enregistrés dans la gestion durable des forêts au Cameroun, l’exploitation illégale du bois reste un problème majeur. Dans un nouveau rapport publié par l’ONG les Amis de la Terre, l’Association des producteurs africains (IFIA) et les importateurs et distributeurs de bois exotiques ont été invités à participer à une mission sur le terrain, afin de mieux comprendre les impacts écologiques et sociaux de l’exploitation illégale de bois et de discuter avec les autorités camerounaises des moyens de l’enrayer.

Cette mission intervient alors que le Cameroun s’apprête à signer un partenariat avec l’Union Européenne pour lutter contre le commerce illégal du bois. Sur un autre plan, Plusieurs stratégies de réduction d’émissions de la déforestation et de la dégradation (REDD) ont été développées au niveau des instances internationales. L’objectif ici est de permettre aux pays en voie de développement de préserver leurs forêts primaires et de recevoir en retour des contreparties financières. Ainsi l’ONG et les représentants des deux Associations Professionnelles ont constaté sur le terrain, dans la région de Nanga Eboko, à l’Est du pays, l’ampleur des problèmes. Ils se traduisent par des coupes à l’intérieur d’une réserve forestière, l’utilisation frauduleuse de titres d’exploitation, la complicité de certaines administrations locales ou encore la destruction de plantations villageoises.

Les résultats de cette mission ont été présentés aux autorités du Ministère des Forêts et de la Faune. L’IFIA et LCB ont fait le souhait de voir les communautés villageoises victimes de ces abus indemnisées. De même il est recommandé que les « petits titres » fassent l’objet d’un moratoire. Ces titres correspondent à des autorisations de récupération ou d’enlèvement de bois prévues par la loi lors de la création d’une route ou d’un projet de développement. Ils font l’objet de blanchiment pour d’importants trafics illégaux de bois. De nombreux rapports ont fait état du danger que présente l’exploitation illégal de bois. La Banque Mondiale estime dans un rapport récent que le coût direct de l’exploitation illégale de bois pour le seul Cameroun s’évaluait à près de 100 millions de dollars par an. Ce coût est même supérieur quand on la compare aux pertes de bénéfices procurés par les services environnementaux vitaux. La mission de l’ONG les Amis de la Terre semble avoir eu un impact sur les acteurs du secteur.

Pour Eric Boilley, directeur de LCB et porte parole de la fédération européenne du Commerce du Bois: Il est indispensable que le Ministère des Forêts du Cameroun aide à faire la différence entre le légal et l’illégal et combatte efficacement ce dernier. Car il n’est pas normal que, sur le marché, les opérateurs s’engageant dans des politiques d’achats responsables soient pénalisés par des acheteurs et des producteurs peu scrupuleux. Hervé Bourguignon, directeur de l’IFIA a présenté la même préoccupation. Il est impératif de créer le cadre juridique sécurisé qui permettra aussi aux nationaux de bénéficier de titres d’exploitation pérennes à même de leur assurer un avenir. ajoute-t-il.

Pour sa part le Ministère des Forêts et de la Faune s’est engagé à apporter des réponses dans les prochains jours sur ces questions. Pour Samuel Nguiffo, directeur des Amis de la Terre Cameroun: L’exploitation de bois illégal ne profite pas aux populations locales mais surtout elle contribue à leur appauvrissement en les privant d’une ressource qui pourrait être gérée durablement.


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