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Extrême-Nord: Baisse de la fréquence des attaques de Boko Haram

Plus de quatre mois après la déclaration de guerre faite par Paul Biya, l’armée mène une offensive musclée contre Boko Haram dans le Nord du pays

Sur les dents à différents points d’entrée dont l’aéroport international de Maroua-Salack près de la principale ville de la région de l’Extrême-Nord, les forces de défense et de sécurité camerounaises dressent un bilan encourageant de leur mission de sécurisation de cette partie du territoire national en ayant permis la baisse des attaques de la secte islamiste nigériane Boko Haram.

Plus de quatre mois après la déclaration de guerre faite par le président Paul Biya le 17 mai lors d’un mini-sommet à Paris avec ses homologues nigérian Goodluck Jonathan et tchadien Idriss Deby Itno, à l’initiative du leader français François Hollande, le dispositif sécuritaire camerounais qui s’est entretemps renforcé mène une offensive musclée contre Boko Haram dans le Nord du pays.

« Ces gens vont désormais réfléchir par deux fois avant de revenir attaquer, comme ils le faisaient auparavant, sous la forme d’une armée constituée, de 400 à 500 hommes. Nos éléments, très motivés et déterminés à en finir avec eux, ont réussi à freiner leur élan dans leur objectif de faire du Nord leur base arrière », a soufflé un responsable militaire à Xinhua.

A l’origine de l’exode vers le Cameroun de quelque 20.000 ressortissants nigérians ayant fui leurs exactions dans leur pays, Boko Haram dont le principal fief situé dans la ville de Kano(Nord- Est) fait face au Cameroun, est apparu comme une menace sérieuse pour ce pays d’Afrique centrale depuis l’enlèvement revendiqué d’ une famille française (Moulin-Fournier) en février 2013.

Après d’autres rapts comme celui d’une dizaine d’ouvriers chinois d’un chantier routier dans la nuit du 16 au 17 mai à Waza, localité de l’Extrême-Nord abritant un parc national protégé, la secte islamiste a créé la sensation à travers un assaut spectaculaire le 27 juillet à Kolofata au cours duquel l’épouse du vice-Premier ministre chargé des Relations avec les Assemblées Amadou Ali et une quinzaine d’autres personnes avaient été kidnappées.

Vécue comme « une gifle » par l’armée camerounaise qui avait déploré au cours de ce mois de juillet un bilan très élevé d’ environ 25 personnes tuées dans ses rangs, cette attaque ayant aussi causé plus de dix morts parmi lesquels des soldats est citée comme l’une des actions les plus audacieuses de cette organisation terroriste sur le territoire camerounais, environ 12 ans après son apparition au Nigeria en 2002.

« L’étau se resserre autour de Boko Haram, surtout depuis que l’ armée nigériane, qui a semblé un temps se tenir à l’écart, a repris le combat sur son territoire. Maintenant, c’est par des incursions sporadiques dans des villages que cette organisation terroriste pourra opérer pour pouvoir s’approvisionner en vivres. Sinon, les attaques massives sont devenues quasi impossibles », assure le responsable militaire rencontré à Maroua.

Goulfey, proche de la frontière avec le Tchad, passe pour une plaque tournante d’un trafic florissant lié à ces engins de la mort favorisé par des réseaux alimentés par la circulation libre d’ armes dans ce pays voisin et des stocks libyens après la chute du régime du colonel Kadhafi en 2011. Le Soudan en serait un autre marché d’approvisionnement, à en croire les services de renseignement.

« A Goulfey, un Kalachnikov se vend 5.000 francs CFA (environ 10 USD) », fait savoir un militaire ayant servi dans la zone.

Les autorités affirment toutefois que la situation sécuritaire est sous contrôle dans cette partie du territoire national où l’ armée avait déjà été appelée à combattre il y a une dizaine d’ années des bandes de coupeurs de route communément appelées « Zarguina ».

Comme un mort d’ordre découlant d’une interdiction de communication imposée par la hiérarchie à Yaoundé, les autorités administratives locales contactées par Xinhua déclarent les unes après les autres un « calme relatif » dans leurs différentes unités de commandement.

Des soldats du Bataillon d’intervention rapide (BIR)
DR)/n


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