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Eyebe Ayissi expose sur la protection de la fortune publique au Cameroun

Le ministre délégué à la présidence en charge du Consupe vient de produire un ouvrage sur le sujet, 40 ans après le travail de M. Mbouyom

Henri Eyebe Ayissi, le ministre délégué à la présidence en charge du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) a présenté hier à la presse la parution de son ouvrage : «La protection de la fortune publique au Cameroun», son premier livre, publié aux Editions Le Kilimandjaro.

Celui qui préside aux destinées de l’institution supérieure en charge du contrôle et de l’examen des finances publiques depuis décembre 2011 n’aura pas rencontré d’obstacles pour la collecte d’informations sur le sujet au vu de sa posture. Le manuscrit du nouvel ouvrage publié aux Editions Le Kilimandjaro dans la collection «Doctrine juridique africaine et malgache» a été transmis il y a deux ans. Il a d’ailleurs confié aux journalistes que les grandes idées de l’ouvrage sont le fruit de deux événements organisés par ses services: Le Forum national sur la protection non judiciaire de la Fortune publique, tenue en avril 2012 et l’organisation des Etats généraux sur la protection de la fortune publique au Cameroun du 09 au 11 octobre 2012.

L’ouvrage de 532 pages est organisé en deux grandes parties. Dans la première, consacrée à «la prévention des atteintes à la fortune publique», Henri Eyebe Ayissi présente sur 250 pages le dispositif juridique du Cameroun en la matière et quelques modèles occidentaux qui inspirent le pays dans le domaine. La deuxième partie du livre s’attèle à présenter quant à elle les mécanismes de protection des atteintes à la fortune publique. L’auteur expose ici sur la réparation par la sanction (administrative et juridictionnelle) et la réparation par la restitution de l’intégralité de la fortune publique distraite. Dans sa conclusion, le ministre délégué à la présidence en charge du Consupe fait quelques propositions pour améliorer les actions en vigueur au Cameroun non pas pour changer le système, mais pour «apporter un changement dans le système.»

Travail scientifique ou politique
Dans la préface rédigée par le Pr. Magloire Ondoa, qui est par ailleurs directeur des Editions Le Kilimandjaro, une question troublante est posée sans ambages: «Dans un contexte marqué par un affrontement idéologique entre le pouvoir en place et l’opposition, sur la finalité réelle des actions administratives et judiciaires dirigées contre les prédateurs de la fortune publique, un ministre en fonction, chargé au surplus de la protection du bien commun, même paré d’un manteau d’universitaire et de technocrate, et armé de sa méthode scientifique, peut-il livrer un propos objectif, c’est-à-dire expurgé de toute intention justificatrice et de toute arrière-pensée politique?»

Il s’agit d’un «soutien scientifique à une uvre politique» (du chef de l’Etat camerounais Paul Biya, ndlr), répond le Pr. Magloire Ondoa pour qui le ministre-auteur ne sera pas «le premier dans ce cas». Henri Eyebe Ayissi serait à l’image de Paul Laband, ce théoricien prussien du droit public qui résumait tous les actes juridiques à Bismarck ; ou comparable aux Professeurs Joseph Owona, Jacques Fame-Ndongo pour ne citer que ces deux universitaires. A titre anecdotique, Henri Eyebe Ayissi a dédié son ouvrage à Paul Biya tout comme Jacques Fame Ndongo, qui en avait fait pareil avec la sortie du livre «Enjeux et pouvoirs des médias». Le Pr. Valentin Nga Ndongo, qui a fait la note de lecture de l’ouvrage à la cérémonie de présentation de cet écrit, a indiqué pour sa part que le politique et le scientifique «peuvent trouver un terrain d’entente» chez Henri Eyebe Ayissi. «Aucun savoir n’est neutre», a affirmé le chef du département de sociologie de l’Université de Yaoundé I dans la lignée de la pensée de Jean Ziegler.


Les professeurs Magloire Ondoa et Valentin Nga Ndongo ont insisté sur la pertinence d’un sujet d’actualité qui est abordé 40 ans après le travail de François-Xavier Mbouyom. Ce dernier avait soutenu à Paris, en 1969, une thèse de doctorat en Droit sur «La répression des atteintes à la fortune publique au Cameroun». Ladite thèse a été publiée en 1970. Depuis, plus grand-chose dans le domaine scientifique selon l’avis du préfacier et de Me Akere Tabeng Muna, qui a rédigé l’avant-propos de l’ouvrage. «Il faut savoir gré à l’auteur d’avoir comblé un vide; car la recherche universitaire en matière de protection de la fortune publique était curieusement muette et laissait évidemment place à des études scientifiques de qualité contestable» écrit le vice-président de Transparency international. Avec cet ouvrage, Henri Eyebe Ayissi rappelle qu’il est, au demeurant, docteur en Droit public de l’ex-université fédérale du Cameroun, depuis le 18 juin 1983.

L’ouvrage «La protection de la fortune publique au Cameroun» sera disponible en librairie «dans les meilleurs délais». Après avoir rempli les exigences par rapport au dépôt légal, a informé l’éditeur. Le ministre délégué à la présidence en charge du Consupe y propose des réformes pour l’amélioration de l’environnement de la protection de la fortune publique au Cameroun. Notamment la consolidation des services uvrant dans ce secteur: Consupe, ANIF, CONAC, etc. A propos de la Commission nationale anti-corruption, Henri Eyebe Ayissi propose même qu’elle soit. restructurée.

Henri Eyebe Ayissi a présenté l’ouvrage « La protection de la fortune publique au Cameroun » le 30 juillet 2014 à Yaoundé
Journalducameroun.com / Eugène C. Shema)/n


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