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Face au terrorisme, il est temps de nous interroger sur les causes réelles

Par Isaac Njoya

Le président du MCPSD n’a pas sa langue dans la poche, après avoir séjourné dans l’Extrême-Nord, enregistré une vidéo appelant tous les leaders politiques, les chefs religieux et la population tout entière à soutenir la politique de défense et de lutte contre Boko Al Haram, invite aujourd’hui le gouvernement camerounais à s’interroger sur les causes réelles de la violence dans notre pays et particulièrement dans l’Extrême-Nord du pays.

Le 10 décembre 2015, le Dr Vincent-Sosthène Fouda a interpellé la Conférence Nationale des Evêques du Cameroun dans une correspondance adressée à son Président, Mgr Samuel Kléda mais aussi au Nonce Apostolique représentant du pape François au Cameroun. Dans la dite correspondance, le président du MCPSD invite les évêques du Cameroun à s’exprimer sur le déni de justice dans notre pays : « Nos villes, nos villages tendent à se transformer en Commandement Opérationnel où les populations se croyant, voire se sentant abandonnées par les pouvoirs publics, assassinent en toute impunité ceux et celles qui sont accusés d’avoir commis un forfait. Le drame, c’est dans l’approbation de tous et le silence de ceux qui condamnent ces actes. La justice est l’un des piliers de la cohésion sociale dans la mesure où elle fait office de médiateur dans les conflits opposant des individus entre eux (droit privé), et aussi des individus avec l’État (droit public). Une justice respectable doit être médiateur et non bourreau. », écrit l’homme politique.

Sans utiliser l’expression, l’homme politique s’insurge contre les crimes perpétrés dans nos rues dans nos familles au nom de la justice dite populaire. Pour Vincent Sosthène Fouda, la justice est amoindrie chaque fois « qu’on lui accole une épithète », la justice, rappelle-t-il aux évêques dans une formule latine, « Platicitandiforma inaparadisoprimum videtur inventa », « la manière de plaider paraît se trouver d’abord au paradis », qu’ils doivent être les premiers à la défendre parce que le Seigneur en effet, interroge le coupable présumé et écoute les témoins, qui doivent être au moins deux (en l’occurrence la femme et le serpent), avant de délivrer sa sentence.

Pour Vincent-Sosthène Fouda, « les droits de la défense se trouvent inscrits dans le droit naturel. Voilà pourquoi, poursuit-il, nous attendons de vous ce rappel face aux dérives auxquelles nous assistons dans la société camerounaise. Les chrétiens, le peuple de Dieu que vous accueillez tous les jours est en passe de devenir un peuple d’assassins et ceci de génération en génération ! »

Face au terrorisme, le président du MCPSD pense que la réponse aux attaques perpétrées sur le territoire camerounais, la réponse doit être sécuritaire, mais qu’il est « temps de s’interroger sur les conditions politiques de cette violence, sur les humiliations, l’analphabétisme, la misère, qui font que la population est tentée d’apporter son soutien aux djihadistes. »

Vincent-Sosthène Fouda fait allusion ici aux nombreux rixes entre nos forces de défense nationale et les populations de plus en plus fréquents notamment à Kousseri le 10 décembre dernier quand les populations ont érigé des barricades pour protester contre l’arrestation de trois notables de la localité soupçonnés de financer Boko Haram. Pour Vincent-Sosthène Fouda, la population ne saurait se muer en agent de renseignement comme le lui demande le ministre René Emmanuel Sadi et tel qu’il le prescrit aux gouverneurs de région dans sa communication de clôture de la seconde rencontre semestrielle des patrons de régions le 11 décembre 2015. (voir Nouvelle Expression du 15 décembre 2015).

Loin des polémiques, le président du MCPSD, marque son territoire dans la proposition, le dernier rapport du Barreau du Cameroun sur « Milieu Carcéral: Le barreau dénonce la surpopulation et le mal vivre dans nos prisons » rendu public le jeudi 10 décembre 2015 et qui reprend de large extrait du rapport du MCPSD sur les conditions de détention au Cameroun. Vincent-Sosthène FOUDA dit en effet :« . la prison devrait avoir pour objectif de contribuer au maintien d’une société juste, vivant en paix et en sécurité, d’une part, en assurant l’exécution des peines par des mesures de garde et de surveillance sécuritaire et humaine, et d’autre part, en aidant au moyen de programmes appropriés dans les pénitenciers ou dans la collectivité, à la réadaptation des délinquants et à leur réinsertion social à titre de citoyens respectueux des lois de la République».

Cette fois, sera-t-il mieux écouter ? Seul l’avenir nous le dira. Dès janvier, le MCPSD annonce à nouveau un déploiement sur terrain pour expliquer aux populations ses positions.


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