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Facebook et Twitter: rendez-nous Eto’o Samuel et Afrique media

Par Hector Flandrin

Le cyberespace est un champ de bataille comme la terre, l’air, l’eau et l’espace. Voici que l’époque de la géostratégie s’emmêle à une nouvelle ère, celle de l’infostratégie. La géostratégie, qui est d’ailleurs fille de la géopolitique, s’est longtemps conçue comme une étude de la préparation et de la confection des espaces par la guerre, avec les rapports de force et de pouvoir y afférant.

Mais Voici donc venu le «temps» d’un autre «temps»: le temps inouï de l’infostratégie, le temps d’une autre guerre dans un nouvel espace. Temps au cours duquel les politiques averties ont compris les enjeux des communautés virtuelles. Lesquelles communautés s’assurent d’être d’abord les possesseurs de l’information digitale (idéologisée), ensuite les constructeurs des identités numériques prisonnières, les naufrageurs de ces mêmes cyberidentités, et donc les éventuels maîtres de cette grande topographie virtuelle qu’est le cyberespace.

L’artiste et homme d’état Paul Vaillant-Couturier déclarait: «Je ne sais pas comment sera la troisième guerre mondiale, mais je sais qu’il n’y aura plus beaucoup de monde pour voir la quatrième.» Hélas s’il vivait encore, je lui dirais que voici la troisième guerre et que la quatrième se fera sans qu’il y’ait mort d’hommes, mais morts d’Esprits.

Car, qui dit maître, dit assujettissement. Qui dit assujettissement dit captif, voire captif virtuel. Le maître semble toujours exploiter l’esclave à partir des bêtises de ce dernier: et il gagne la belligérance.

Et les Camerounautes dans tout ça.
Certains sont dans ce que Narmer Fokoua (un camerounaute qui fait l’exception) appelle le «confort virtuel» de Facebook et de twitter.

En effet, l’identité numérique camerounaise construite dans le camp des réseaux sociaux (Facebook en particulier), présente dans son ensemble une majeure agrégation dans des activités ludiques de divagation, d’accusation, de rejet collectif: une sorte d’exposition discursive ostracisant majoritairement quelques personnalités. (Je fais un baiser vert rouge jaune virtuel à ceux qui font la Règle par l’Exception). En dehors d’eux, on est dans une autre république: une «rue publique» virtuelle sans lois, là où mesdames Rumeurs se contemplent de violer madame Intimité dans les auberges pornographiques et rebattus de mesdames Diffamations.

Ce n’est qu’en étant ami avec certains camerounautes qu’on risque d’ouvrir sa page Facebook en plein boulot et de tomber sur une photo pornographique dans laquelle il vous a identifiés, le con. Peu importe le contenu du message rattaché à la photo, le boss et les collègues ne verraient que le caractère impudique de la jeune dame qui est vêtue de tenue d’Adam et qui aurait accepté de vendre son corps à l’industrie abjecte de l’obscénité. Et bienvenue le licenciement.

Dans leur grande opulence, ils veulent se sentir originaux avec des sujets vieillots, pour ainsi mendier les 100 «j’aime», les «100» partages, les 100 tweets devant un peuple de folkloriques followers, prêts à tout aimer, à tout commenter et à tout partager, pour manifester aussi leur présence numérique, et montrer aux autres que leurs téléphones «prennent aussi Facebook» et les captures d’écran.

Quels rapports avec Samuel Eto’o?
.C’est dans les réseaux sociaux que certains «pissaient», «grondaient» et tapaient même sur Samuel Eto’o.

.C’est dans les réseaux qu’une bande vandale et suspecte d’humoristes bouffons ont fait diffusé des blagues à la con pendant les moments difficiles d’Eto’o Samuel dans la tanière des lions indomptables du Cameroun. Les camerounais l’ont vendu au prix de 10 «j’aime» et de 10 «tweets». Au prix du buzz, au prix du «.pour être réaliste»: cerveaux éteints, en panne de sagesse et d’amour fraternel.

.C’est dans ces réseaux sociaux que certains pour se montrer «originaux» ont fait savoir qu’ils connaissaient une certaine N.K qui aurait publié des photos d’intimité du héros.

.C’est dans les réseaux sociaux que pendant la période allant de mai à Aout 2014, des images pernicieuses ont fondé une identité numérique pictographique préjudiciable et manifestement funeste contre un héros: un héros tué à vif par ses contemporains, un héros noyé dans le sang impénitent de la rage d’une rue-publique virtuelle sans emblèmes. Un héros renié, dénué, et exténué, crucifié, bêtifié, acidifié, agonisé et décamerounisé. A cause de l’information «familiale» avec laquelle on se marrait devant les inconnus.

.C’est dans les réseaux sociaux qu’il y’a un an, en Aout de l’an 2014, que Samuel Eto’o, par Facebook et par Twitter, crée le désarroi, le coup de tonnerre bruyant et désagréable en annonçant son départ de la tanière. Et pourquoi il sort? Non pas seulement par l’influence nocive des internautes volubiles et perturbants, mais aussi et toujours par amour, pour libérer les internautes: les libérer de leur haine insensée. Par ce coup fort, on comprend la défaite: nous sommes tués par nos propres informations?

Et Afrique-media?
Des internautes qui semblent vouloir s’exprimer au nom de la grande majorité l’ont vendu.

Il y’a une semaine que Mark Zuckerberg signalait que Facebook a atteint un record d’un milliard de connectés dans le monde.

En tentant par amusement des approximations un peu plus logiques, un grand analyste pourrait montrer les probabilités de chance (de malchance) qu’il puisse exister pour que des photos que des gens ont maladroitement publiés sur Facebook à propos de cette chaine, pour «s’amuser», aient pu atteindre les plus proches et même les plus éloignés. Eloignement non en terme de distance, car le net se moque des frontières géographiques, mais éloignement en termes des relations entretenues entre les internautes: les amis des amis des amis du petit frère des amis des amis de l’ami d’un frère de l’ami d’une tante Européenne qui a épousé un Asiatique qui vit en Océanie et qui travaille en Amérique: et voilà la chaine vendue au monde virtuel, voilà Afrique média crucifié par les afronautes et les camerounautes, surtout dans un contexte où les maitres exploitent l’information qui provient de l’esclave pour l’assujettir: le philosophe l’aurait appelé un auto-assujettissement inconscient.

Nous avons perdu la guerre du cyberespace et voilà deux de nos otages pris par l’ennemi que nous avons engendré et nourri: A.F et S.E.F.
Facebook et twitter: les Tombeaux de deux héros vivants
Afrique média et Eto’o Samuel s’en vont pendant un même mois de deux années distinctes : celui d’Août. Dieu merci, à son époque, Roger Mila n’avait pas de comptes Facebook, des gens auraient cherché à.. oui n s’attend à ça quand on a réussi en Afrique. Que ceux qui ont la clé de cet ensevelissement fassent libérer deux repères, deux orgueils, deux espoirs, deux étoiles: UN AVENIR..

Libérez Samuel Eto’o des chaines de jalousie haineuse, de bestialité et du «j’ai son mal, il se vante trop». Que la jeunesse camerounaute retire de son c ur frisquet et austère, l’image imputrescible d’un fils qu’ils ont vendu dans un espace virtuel, pour qu’il revienne, accepter notre pardon, et la réconciliation fraternelle. Facebook et Twitter enterrent maladroitement nos héros et nos personnalités. Stanley Enoh, a failli périr dans les flammes chaudes d’une diffamation dans les réseaux sociaux, à partir d’un groupe virtuel.
Son excellence Paul Biya dont l’image est victime de toutes les distorsions et de toutes les astuces qu’il puisse exister dans Photoshop, est un cas particulier. Et pour de vrai, comme l’aurait dit quelqu’une, toujours par l’intermédiaire d’un internaute, «le président Paul Biya est la seule république au monde que quand on l’insulte, il ne rembourse pas».


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