Santé › Actualité

FAO : « Un enfant meurt de faim toutes les 6 secondes dans le monde »

Les dirigeants du monde invités par la FAO à Rome ont du mal à s’engager

Réduire la faim d’ici 2015
Pour la cinquième fois en treize ans, les leaders de la planète sont réunis, depuis lundi jusqu’à ce mercredi, à un sommet sur les moyens d’éliminer la faim. La réunion se déroule à Rome au siège de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Les enjeux étaient majeurs. Il était question de trouver des solutions pour arrêter la hausse des prix des denrées alimentaires et lutter efficacement contre la faim et la malnutrition, notamment dans les pays en développement. Une ambition assez délicate. L’atteinte d’un tel objectif nécessite que l’on puisse nourrir une population mondiale qui augmentera d’un tiers d’ici à 2050 pour atteindre 9,1 milliards d’êtres humains, alors que les difficultés économiques et les changements climatiques réduisent les terres fertiles disponibles.

Un accord sans engagement chiffrée
Les précédents sommets sur le sujet ont tous manqué les objectifs fixés. La raison en est le peu d’investissements accordé à l’agriculture (à peine 7 milliards de dollars par an alors qu’il en faudrait 44 milliards, selon la FAO). Cette fois encore, il semble qu’on se dirige vers une impasse. Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont engagés dès lundi dernier à « éradiquer la faim dans le monde », mais sans se fixer de délai chiffré. Une situation que déplore Jacques Diouf, le directeur général de la FAO. Une date, 2025, « avait déjà été approuvée », mais « il n’y a pas eu de consensus et je le regrette », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse. »Je ne suis pas satisfait du fait qu’il n’y ait pas d’engagement quant à la date, au montant et aux conditions » des promesses d’aides, a-t-il ajouté, se déclarant en revanche « satisfait » que le sommet soit parvenu « à un consensus sur la déclaration » finale. Le pape Benoît XVI qui apportait une dimension spirituelle à la rencontre a fustigé pour sa part « l’égoïsme », dénoncé « la spéculation » sur le marché des céréales et contesté « le recours à certaines formes de subventions qui perturbent gravement le secteur agricole ».

Sommet de Rome

Lexpress.fr)/n

La communauté internationale peu consciente de la situation
Dans le texte adopté au premier jour des travaux et qui devrait être rendu public ce mercredi 18 novembre 2009, les dirigeants réaffirment l’objectif du Millénaire de « réduire de moitié le pourcentage et le nombre de personnes souffrant de la faim et de la malnutrition d’ici à 2015 ». Un engagement qu’ils avaient déjà pris en juin 2008. Depuis, le nombre d’affamés est passé de 850 millions à 1,2 milliards de personnes. Pire, un enfant meurt toutes des 6 secondes de malnutrition dans le monde. Les investissements nécessaires pour accroître la production agricole n’ont pas été chiffrés. M. Diouf les a estimés à 120 milliards de dollars, dont 44 milliards d’aide internationale et 76 milliards émanant des pays concernés. Les causes de la faim dans le monde demeurent constantes. La pauvreté, les guerres, le développement agricole inégal issu de l’évolution historique très contrasté des agricultures du monde, les problèmes de l’accès à la terre et à l’eau, le poids de la dette. Les conséquences des programmes d’ajustement structurel sur les dépenses publiques notamment en matière agricole continuent de peser sur les pays concernés.

La faim, une affaire des pays pauvre
Une soixantaine de chefs d’Etat, venus surtout d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, avaient répondu à l’invitation de la FAO dans la capitale italienne. Du côté des pays du G8, seule l’Italie était représentée par son chef du gouvernement, Silvio Berlusconi. Preuve parfaite du désintérêt suscité par la rencontre. Pour résorber la faim, la planète devrait produire, selon la FAO, 70 % d’aliments en plus d’ici à 2050. Les experts s’accordent à penser que cela est possible, à condition de mettre l’agriculture et la lutte contre la malnutrition au centre des priorités. Or, on en est encore très loin. Un exemple, en juin 2004, les pays africains étaient convenus dans une déclaration rédigée à Maputo, au Mozambique, de consacrer à ces actions 10 % de leur budget. Seulement cinq d’entre eux le font. Cette situation renforce la position des pays riches, France et Etats-Unis en tête, qui sont désormais favorable à la lutte contre la faim, par le soutient de la petite agriculture.


Fao.org)/n
À LA UNE
Retour en haut