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Fecafoot : Embarquement immédiat par contrainte ?

Par Fernant Nenkam

Le train quitte la gare ce samedi 23 août 2014 vers une destination inconnue. A moins d’être un démiurge pour rassurer tout un peuple accroché au destin de « son » football mal-en-point depuis de nombreuses années. La convocation de l’Assemblée générale répond à une des missions du comité de normalisation en vue d’organiser les élections dans tous les démembrements de la fédération. Hélas ! Que d’incertitudes sur le chemin.

Elections en vue
Tout le randam observé à ce jour porte, malheureusement, sur la répartition des sièges. Une redistribution des cartes qui ne va pas s’opérer sans grincement de dents du fait de la réduction du nombre des membres de la future assemblée générale. Aussi, devrions-nous relever pour le déplorer, les élections dans le contexte actuel ne règlera pas les problèmes du football. Peut-être partiellement avec la nouvelle configuration qui accorde plus d’importance aux principaux acteurs que sont les clubs. De là à penser que la solution idoine est trouvée pour un redécollage n’est que chimérique et pour cause. A-t-on posé un bon diagnostic pour en prescrire une thérapie de choc à mesure de bousculer et de changer nos habitudes ? Sommes-nous entrain de tenir la corde par le bon bout dès lors qu’on envisage beaucoup plus un replâtrage dans les organes-dirigeants ? Faut-il encore cacher le sexe du diable du moment où les tractations de coulisse ont débuté, même si, certains potentiels candidats sont, pour l’instant, non pas indécis mais en embuscade. Certains sont chauds mais jaugent encore la profondeur du fleuve. Au-delà des calculs à des fins électorales, avec recul, on pressent que l’Assemblée générale ne se passera pas comme une expédition de courrier à la poste. Déjà, les délégués auront à se faire harakiri. Le code électoral ne leur offre pas des bonbons. Si le projet est amendé, nombreux vont libérer involontairement « l’hémiclyque » ; abandonnant ainsi tous les privilèges. Pas de choix quelconque à opérer. Pas du tout vraiment. Au lendemain de la publication des travaux du Comité de normalisation, des observations ont fusé ça et là. La contribution pertinente la plus médiatisée est celle de M. Nkou Mvondo, Président général de Ngaoundéré football club. Dommage qu’il ne soit pas un membre statutaire de ladite assemblée pour participer à la plénière. Son travail repris dans les média va constituer une base intéressante pour avancer. D’autres contributions ont été déjà envoyées au Comité de normalisation. On est à se demander si le temps imparti est suffisant pour tout compiler.

Temps suffisant mais…
Le Comité est truffé de stratèges conscients des enjeux. On joue contre la montre sur tous les fronts. D’un côté, le Comité doit rendre le tablier d’ici décembre prochain au plus tard après avoir absolument organisé les élections. D’autre part, les contestataires n’ont pas lâché prise. Abdouraman Hamadou, Président de l’Etoile filante de Garoua, candidat probable à la succession de son mentor Iya Mohamed, se trouve en Suisse pour la suite réservée aux dossiers en instance au Tribunal arbitral du sport. Que d’énergies, d’argent et surtout de temps gaspillés par les « amis » du football à cause de la correction de l’article 4 à son alinéa 1 relatif aux élections ? Dans un scénario semblable à celui de 1998 avec le Président Vincent Onana privé de liberté, des petits calculs ont obscurci la voie de la raison et empêché le respect scrupuleux des textes sur l’intérim du Président en cas d’empêchement. Rebelote. L’article en question a été repris dans les nouveaux textes soumis à l’amendement. A se demander si le 1er Vice-Président issu de l’Assemblée générale de 2009 n’a pas le profil de l’emploi pour poursuivre le programme de M. Iya Mohamed à la Fecafoot. De nombreuses langues révèlent que M. Begheni Ndeh, Vice-Président honni, est l’un des rares membres à ne pas contredire le Président sortant. Mais, il aurait, selon des sources, commis un impair considéré comme une traîtrise en saisissant la Fifa lorsque la succession de droit fut menacée. Patati, patata. Dans la foulée, les parties ne s’étaient pas accordées à l’issue de la rencontre de l’immeuble étoile. Conséquence, une Assemblée générale, par ailleurs très controversée, fut convoquée en 2013. En dépit de tous les couacs, scènes de ménage et invalidation, le Comité de normalisation ne veut rien en savoir.

Quelle assemblée générale pour l’amendement des textes ?
C’est au forceps que l’assemblée générale de 2013 va finalement amender les travaux du Comité de normalisation. Il eut fallu plus efficace et réaliste de mettre en place un comité ad hoc de relecture avant la soumission à l’Assemblée générale. L’avantage étant l’implication à la réflexion d’autres personnes-ressources non membres. Nous pensons, par exemple, à M. Nkou Mvondo de Ngaoundéré. Notre difficulté est notre incapacité à actionner le levier vertueux du sport. Le sport a horreur de l’exclusion. Nous avons besoin de tous les talents, de toutes les compétences, de toutes les intelligences pour une nouvelle vision managériale, technique et autres. D’où la mutualisation des compétences dont parle souvent M. Achille Manga soutenu par les compatriotes Fred Eboko et Noé Adolin Mbog. Face à l’épée de Damoclès, chaque fois brandie par la Fifa, instance faîtière du football mondial, nous n’avons pas d’autre choix au risque d’une suspension que d’emprunter le chemin balisé par le Comité de normalisation. Sauf par extraordinaire, une contradiction, par ailleurs peu évidente initiée et encadrée de l’intérieur.

Mutualisation des compétences
La vérité saute désormais à nos yeux. Nos équipes nationales ont pris du plomb dans l’aile. Nous avons l’obligation de redorer notre blason. Ceci passe par une prise de conscience effective de tous les acteurs. Les moyens humains, par exemple, existent et sont de bonne qualité. Il suffit simplement de mutualiser, sans fioriture, les efforts et les compétences. La vraie question est la suivante : pourquoi notre champ jadis fertile ne produit plus un rendement mirobolant ? Est-ce à cause de la pauvreté du sol, de la qualité des semences etc ? Répondre par les élections est réductible pour une raison simple. Les cultivateurs sont là mais limités. Il faut donc faire appel aux experts pour analyser la situation. Il se trouve que les conclusions de plusieurs réflexions « dorment » dans les tiroirs. Le temps est venu de les sortir pour une appropriation effective par les principaux acteurs. Si rien n’est exécuté de façon scientifique et méthodique avec des hommes épris du sens patriotique, la principale source de financement va tarir à cause de notre absence de la Coupe du monde Fifa. La provision financière existante depuis l’ère Iya Mohamed ajoutée à la cagnotte 2014 doivent être gérées avec mesure pour éviter l’anémie financière sur le moyen terme.

Chers compatriotes, écoutons nos c urs et pensons à l’avenir. Les « Lions », véritable cache-forêt, toutes catégories confondues, ont besoin d’une cure de jouvence. Sachons tirer des enseignements du passé et profiter des compétences existantes pour sortir la tête de l’eau. Bon vent.

Une vue extérieure du siège de la Fécafoot à Yaoundé
Droits reservés)/n


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