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Fecafoot: La folle journée de vendredi 24 mai

L’assemblée générale élective de la Fecafoot prévue samedi dernier, n’a pas eu lieu, conformément à la décision du gouvernement camerounais.

Deux faits majeurs ont marqué la journée de vendredi dernier. En fin de soirée, le Premier ministre (Pm) Philémon Yang a, pour des raisons de sécurité demandé et obtenu le report des travaux de l’Assemblée générale (Ag) élective de la Fécafoot qui était prévue samedi 25 mai à l’hôtel Mont Fébé à Yaoundé. Peu avant l’entrée en scène du Pm, la Chambre de conciliation du Comité national olympique et Sportif du Cameroun, a invalidé les élections dans la quasi totalité des régions du Cameroun (9/10) et dans la foulée, invalidé les candidatures de Mohammed Iya et Marlène Emvoutou. John Begheni Ndeh qui avait saisi le Cnosc pour invalidation de la candidature de Mohammed Iya, ne peut non plus, aux yeux du Cnosc, être candidat. Le Cnosc s’étant rendu à l’évidence que même le scrutin qui a abouti à son élection dans la région du Nord Ouest, a fait entorse à la prescription gouvernementale qui demandait de suspendre le processus électoral.

Comment en est-on arrivée là. Le film de la journée de vendredi 25 mai est assez édifiant. La veille de l’Assemblé général élective de la Fecafoot, Mohammed Iya est arrivé vers 8h30 au siège de l’instance qu’il dirige. Après une séance de travail avec son Sg, Sidiki Tombi à Roko, il va rencontrer les délégués de l’Assemblée générale (Ag) dans les différents hôtels où ils se trouvaient. Il leur réaffirme sa volonté de travailler avec eux, et évoque son plan d’action. Pendant ce temps, son ancien directeur de cabinet Abdouraman Hamadou tenait sa conférence de presse à l’hôtel Hilton. Une fois cette conférence de presse achevée, certains individus qui ont pris part à cette assise sont venus au siège de la Fécafoot, en éclaireur. Dans la foulée de leurs arrivées, quelques « bensikineurs », une vingtaine, portant des pancartes, Iya doit partir, sauvons le football camerounais, nous défendons nos droits font du bruit au niveau du portail. C’est ainsi que les responsables de la sécurité de la Fecafoot, essayent de les calmer. Ils n’y parviendront pas. Certains vandales ayant pu escalader la clôture du siège. Un d’eux va cravater Faustin Mbida, un cadre d’appui à la Fecafoot. Sur ces faits, le responsable de la logistique Sabo Aboubakary, va prévenir tout le personnel : Il faut éviter l’affrontement, c’est ce qu’ils recherchent.

Sécurité
Les policiers du Gmi appelé en renfort, vont rétablir l’ordre. Certains manifestants seront embarqués. Quelques minutes après, autour de 15h, arrivent quelques membres du Comité de redressement du football camerounais, notamment Emmanuel Mvé, Louis Marie Ondoa et Lucien Mettomo. Interroger par les forces de maintien de l’ordre sur l’objet de leur présence, ils disent être venus seulement en observateur. Les policiers en faction leur demandent de repartir. Ils vont obtempérer. En s’éloignant du siège de la Fecafoot, ils vont accorder des interviews à quelques confrères. Alors que l’on pensait la situation maitrisée, Lucien Mettomo revenu au siège va avoir une vive altercation avec Soleil Nyassa, un délégué de l’Ag de la région du Centre. Ce dernier va voir son tricot être déchiré. La Fecafoot lui offrira un maillot des Lions et les forces de l’ordre vont parvenir à repousser la foule de curieux qui assistaient à la bagarre. Entre-temps, l’on remarque qu’une contre manifestation est organisée. Quelques jeunes portent des pancartes où l’on peut lire Iya à la Fecafoot pour l’éternité, Nous soutenons Iya. Ces manifestants seront également dispersés par les policiers.

Entre temps le président Mohammed Iya poursuivait ses consultations. Autour de 17h, il est saisi par sa secrétaire à Garoua qui lui dit qu’elle reçoit un message fax des services du Premier ministre signé du secrétaire général, Louis Paul Motazé, le conviant à une réunion dans ses services avec pour objet : «votre assemblée générale de la Fécafoot le 25 mai». Il interrompt ce qu’il est en train de faire et se rend à la Primature. Le président de la Fécafoot est accompagné pour la circonstance du secrétaire général Sidiki Tombi à Roko et du chef du département juridique, Patrick Tsanga Ebodé.
Au cours de cette réunion il est évoqué les périls sécuritaires autour de l’Ag de la Fécafoot et le président de la Fécafoot essaie de convaincre tout le monde de la nécessité de tenir l’élection et de régler les problèmes qui se posent après. Il précisera que la Fecafoot avait déjà obtenu du Groupement Mobile d’Intervention (GMI) la possibilité de mettre à sa disposition 220 éléments. Les autres corps de la sécurité devaient disposer de 80 éléments dont 15 éléments du commissariat de police du 2e arrondissement. Globalement, plus de 300 éléments des forces de l’ordre devaient assurer la sécurité des lieux. Sur ce, le Premier ministre va donner la parole au délégué général à la sureté nationale, Martin Mbarga Nguelé et au Général Elokobi qui représente le Secrétariat d’Etat à la défense (Sed) qui vont s’obstiner qu’il ne faudrait pas que l’élection se tienne parce qu’il y a des problèmes de sécurité.

Il va donc être demandé au président de la Fécafoot de lui-même assumer ce report et de saisir la Fifa pour indiquer pourquoi l’élection devait être reportée. Il indiquera à ses interlocuteurs séance tenante qu’il n’a pas qualité de prendre tout seul cette décision et qu’on lui laisse le temps de consulter les délégués de l’Ag qui sont déjà tous présents à Yaoundé. C’est sur cette note là que la réunion s’achève parce que, révèle t-on, le secrétaire de la Fécafoot a, un moment donné, proposé que l’Ag se réunisse le lendemain 25 mai et que l’assemblée soit sensibilisée pour que le report puisse être validé. Le ministre Jules Doret Ndongo qui participait également à la réunion, lui opposera un non catégorique : On vous connait. Qu’est ce qui nous dit que si on vous laisse vous réunir demain vous n’allez pas faire l’élection.

CTRV
C’est donc sur ce principe que le président de la fédération va rencontrer les membres de l’Ag à Somatel Hôtel, hyper sécurisé. Il est 22 h 30. Un émissaire de la Primature se présente à M. Iya Mohammed qu’il invite à se rendre au cabinet de Philémon Yang. Il est 23 heures. Le Pm est entouré des membres de son cabinet auquel s’est ajouté Jules Doret Ndongo. Yang Philémon prend la parole pour rassurer le président de la Fécafoot : M. le président, je n’ai rien contre les élections au sein de la Fecafoot. Mais ma conviction est que si cette élection se déroule dans ce contexte et dans ce climat, l’ordre public ne serait plus garanti. Iya Mohammed intervient : Monsieur le premier ministre, votre préoccupation au sujet de la sécurité n’est pas discutable. Notre élection ne concerne que 100 personnes. Que ferez-vous des centaines de milles spectateurs qui suivront la Can que le Cameroun projette d’organiser en 2017 si vous ne pouvez pas assurer la sécurité de 100 électeurs d’aujourd’hui (.) Quel message envoyons nous à la Caf ? Le Premier ministre insiste : il a des préalables : il faudra d’abord surseoir à cette élection pour le moment.
Or, bien avant que le président de la Fécafoot n’ait pu rencontrer les délégués qu’il avait conviés à une réunion à 21h il est annoncé déjà dès 19h30 sur la Crtv Télé que le premier Ministre a pris une décision indiquant que les élections ne se tiendront pas le 25 mai. Au moment où le président arrive à la réunion, tous les délégués sont informés de la situation. Il va quand même leur exposer la situation en leur indiquant qu’il fallait peut être faire cette lettre là parce que l’Etat le souhaitait. Les délégués ont opposé une fin de non recevoir à sa demande. C’est ainsi qu’ils diront qu’ils prennent acte de la décision du gouvernement de ne pouvoir assurer la sécurité et que dans ces conditions là, ils n’iront pas à l’Ag de peur qu’un incident leur soit imputé.

Le lendemain, samedi 26 mai, vers 10h, c’est par petits groupes que les délégués de l’Ag passeront au siège de la Fédération pour récupérer leurs frais de transport. Quelques heures plus tard, Iya Mohammed fait son arrivée. Souriant et l’air visiblement serein, le président sortant de l’instance échange quelques poignées de main avant de se diriger vers son bureau. Dans l’après-midi, un communiqué de la Fecafoot est rendu public.

Iya à son arrivée à la Fécafoot samedi 25 mai
Journalducameroun.com)/n
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