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Fecafoot: Mohammed Iya peut-il rempiler?

Le président de la Fecafoot et DG de la Sodecoton a reçu un coup de massue du Consupe vendredi dernier

Le directeur général de la Société de développement de Coton (Sodecoton), Mohammed Iya Shagari et par ailleurs, président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) est dans de sales draps. Dans un communiqué publié vendredi dernier, et lu à la CRTV, le ministre Délégué à la Présidence de la République chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, Henri Eyebe Ayissi, a explicité les griefs retenus à l’encontre de Mohammed Iya Shagari. En sa qualité de Directeur général depuis 29 ans de la Sodecoton, une entreprise parapublique, le dirigeant a été reconnu coupable de vingt fautes de gestion (période 2005-2009) par le Conseil de discipline budgétaire et financière (Consupe) du ministère en charge du Contrôle supérieur de l’Etat. Dans son communiqué, le Consupe précise que le DG de Sodecoton est par conséquent débiteur de 9 milliards de Fcfa, somme représentant le préjudice financier subit par l’entreprise de son fait.

Il écope également d’une amende spéciale de 2 millions de Fcfa et il est aussi « prononcé à son endroit, une déchéance valant interdiction pour une durée de sept ans, d’être responsable de l’administration ou de la gestion des services publics ou des entreprises d’Etat à quelques titres que ce soit ». Quelles suites seront données à ces décisions du Conseil de discipline Budgétaire et financière, on le saura bientôt, si le président Biya décide d’appliquer la décision sur la déchéance de l’actuel DG de la Sodecoton. Si tout porte à croire que Mohammed Iya Shagari pourrait être bientôt déchargé de ses fonctions de DG de la Sodecoton, cette sanction, a priori, ne devrait pas empêcher le président de la Fecafoot de se porter candidat, s’il le souhaite, à sa propre succession. «Devenu une cible de l’opération Epervier, les chances pour lui de s’en sortir sont très minces », indiquent plusieurs observateurs. Pour l’association qu’il dirige, plusieurs scénarios sont envisageables. Si Mohammed Iya Shagari est jeté en prison avant mai 2013 (date de l’élection présidentielle à la Fécafoot), et en cas de candidature, cette sanction du Consupe serait un véritable coup de massue qui fragiliserait l’équipe dirigeant
actuelle de la Fédération.

En revanche, si Mohammed Iya Shagari était interpellé après la présidentielle, et dans l’hypothèse, probable, de sa réélection, son vice-président le remplacerait. La Fécafoot étant une association privée, rien à voir avec les fonctions publiques mentionnées par les gendarmes de la République dans leur communiqué. La présidentielle à la Fecafoot aura lieu au mois de mai 2013. Et aucune candidature n’a été enregistrée jusqu’ici. Même pas celle du président sortant qui avait pris les rênes de la Fecafoot en 1998, en remplacement de Vincent Onana, président élu en 1996 pour un mandat de quatre et jeté en prison pour une affaire de trafic de billets du Mondial 1998. Tout ceci arrive quelques jours après que le ministre en charge des Sports ait demandé à Iya de suspendre le processus électoral dans les organes de la Fécafoot et ses Ligues décentralisées. En campagne la semaine dernière pour la reconduction de son équipe à la Fecafoot, le patron de la Tour de Tsinga et son staff s’étaient lancés dans un nième bras de fer avec la tutelle. Maintenant qu’ils sont fragilisés, ils doivent revoir leurs stratégies. De l’avis du Pr Eric Martial Owona Nguini : «Le Consupe vient d’envoyer à Iya un signal fort. S’il insiste à se porter candidat à la présidence de la Fecafoot, les autorités politiques vont monter en puissance».

Mohammed Iya Shagari

journalducameroun.com)/n

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