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Fécafoot: Tombi A Roko traîne UBA et Ecobank devant le TPI de Yaoundé

Le président de la Fédération camerounaise de football a procédé ainsi aux fins de déblocage des comptes de son institution mis sous scellés par trois de ses adversaires

Le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Tombi à Roko Sidiki, vient de traîner United Bank of Africa (UBA) et Ecobank devant le tribunal de première instance de Yaoundé-centre administratif, situé dans la capitale du pays, en procédure de référé d’heure en heure aux fins de déblocage des comptes de son institution mis sous scellés par trois de ses adversaires, apprend-t-on de sources proches du dossier.

Cette plainte intervient alors que l’instance fédérale est, depuis des semaines, confrontée à plusieurs tentatives infructueuses de décaissement de fonds dans ces établissements par lesquels transite l’essentiel de sa trésorerie.

Les deux banques ainsi assignées en justice, pour leur part, ont justifié leur refus par des «décisions d’apparence régulières», datant de début décembre 2015 et justifiant le non-paiement de tous les chèques portant la signature de Tombi à Roko Sidiki.

Lors de la première audience de ce procès, tenue à huis-clos mardi après-midi dans le cabinet de la présidente de ladite cour, les adversaires de M. Tombi ont argué que les avocats de la défense ne pouvaient pas représenter la Fécafoot parce que mandatés par un individu «qui n’est pas président de la Fécafoot».

Dans la foulée, et en attendant l’audience de vendredi prochain, lesdits adversaires à savoir Abdouraman Hamadou Babba (président d’Etoile filante de Garoua), Joseph Antoine Bell (président de Bandjoun FC) et Emmanuel Loga (président de Littoral Maison-mère) ont déposé une deuxième plainte avec constitution de partie civile contre Tombi à Roko pour «tentative de vol».

L’Etat du Cameroun, à travers le ministère des Sports et de l’Education physique, est également cité dans la même plainte pour «complicité» avec Tombi à Roko, élu en fin septembre dernier.

Voici quelque deux mois, rappelle-t-on, la Chambre de conciliation et d’arbitrage (CCA) du Comité national olympique et sportif du Cameroun (CNOSC) avait déclaré «nul l’ensemble du processus électoral» organisé par la Fécafoot «au sein des ligues départementales et régionales ainsi que celui poursuivi au niveau fédéral».

L’instance arbitrale avait été saisie par Abdouraman Hamadou Babba, Joseph Antoine Bell et Emmanuel Loga, qui s’appuyaient sur une disposition des nouveaux statuts fédéraux «en contrariété» avec la loi relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives au Cameroun, qui oblige à faire participer tous les corps de métiers du football au processus électoral depuis les ligues locales jusqu’au niveau national

La CCA avait, dans son arrêt, considéré que l’entier processus électoral avait été mené sous l’égide d’un article relatif à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives dans le pays «qui l’a vicié».

La Fécafoot, quant à elle, ne s’était pas pourvue en appel de cette décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne (Suisse) dans le délai de 21 jours à compter de la notification de la sentence.

Rentrant dans le jeu, le ministre des Sports et de l’Education physique, Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt, avait pour sa part constaté «la validité du processus électoral» de la Fécafoot et, «dans le souci de préserver la sérénité du football camerounais», a invité tous les acteurs concernés à «mettre en uvre et à pérenniser le consensus obtenu aux assemblées générales extraordinaires des statuts et du code électoral» de la fédération.

Pour justifier son immixtion dans ce dossier, le membre du gouvernement s’était appuyé sur la loi relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives ainsi que le décret portant organisation de son département ministériel, qui lui «donnent compétence exclusive» de veiller au respect par les fédérations des lois et règlements en vigueur.

La loi suscitée, a-t-il soutenu, ne reconnaît à la CCA du CNOSC «que le pouvoir de statuer sur les litiges opposant les licenciés et les fédérations sportives après épuisement des voies de recours internes à chaque fédération».

Pour lui, «en se prononçant sur un cas afférent au respect de la légalité républicaine, cette Chambre a outrepassé ses compétences en violation des règles de compétence qui, du reste, sont d’ordre public».

Tombi à Roko Sidiki.
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