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Fermeture des églises: Entre légalité et légitimité

De nombreux fidèles d’organisations religieuses frappées de sanction crient à l’arbitraire alors que rien ne garantit que ce soit pour eux la fin de leurs formes de croyance

Ils sont nombreux les adeptes d’églises dites réveillées qui s’insurgent contre la décision prise par les autorités camerounaises de fermer un certain nombre d’église. Dans le texte signé du ministre en charge de l’administration territoriale, les motifs sont divers. On parle de nuisance sonore, d’atteinte aux bonnes m urs et de défaut d’autorisations. Une chose dans laquelle plusieurs adeptes de ces églises ne semblent pas se reconnaitre. « C’est trop difficile d’entendre dire qu’il faut que des hommes nous donnes l’autorisation pour que nous mettions en uvre les recommandation de celui qui est au-dessus de tous les hommes. Aujourd’hui j’apprends que mon église est illégale et personne ne m’a encore convaincu de ce que cela signifie. Dans les autres églises légales je dois dire que j’ai vécu les pires déconvenues », affirme Anna S, adepte d’une église fermé. Sur les aspects de nuisance sonore très souvent soulevé par les riverains de ces églises, ils sont plusieurs à penser que là encore c’est une prescription biblique. « La bible dit d’adorer Dieu par les chants à sa gloire », nous indique un prête. Dans une partie de l’opinion, on critique surtout une mesure qui n’a pas été complètement évalué et qui semble précipité. « Je peux comprendre le souci de mettre de l’ordre dans els églises, avec tout ce qui se dit sur celles-ci, mais en réalité, lorsqu’on scrute la manière dont ces églises persuade leurs adeptes, la solution de fermeture, peut arriver à l’extrême, car même sans une étude et vue la rapidité avec laquelle elles ouvrent, il est clair qu’il y a une demande qui doit être satisfaite. Si l’église classique ne satisfait plus on risque produire de nombreux frustrés, ce qui est un danger pour la stabilité sociale », a commenté pour sa part un cadre du ministère de la culture sous anonymat.

Pourtant le gouvernement veut croire à la pertinence de sa décision. Répondant aux faits de violation de la liberté de culte évoqué par certains médias, le ministre Tchiroma de la Communication a donné ses précisions. C’est un acte de «salubrité publique» de la part du gouvernement, «Il n’en fallait pas plus pour que certains médias étrangers et autres sites d’informations en ligne, s’emparent de cette situation, pour fustiger ce qui, à leurs yeux, n’était rien d’autre qu’une opération déguisée de la part du gouvernement, pour mener une croisade contre le phénomène des églises dites de réveil», a dénoncé monsieur Tchiroma évoquant l’affaire. Aujourd’hui plus que tout, c’est la démarche unilatérale prise par le gouvernement qui est critiqué. « Nous savons que parmi les églises, il y en a qui ne sont pas forcément sur le chemin de Dieu, mais le gouvernement aurait pu discuter avec nous autres acteurs et nous associer à la mesure d’assainissement », explique le responsable d’une paroisse frappée d’interdiction. On ignore actuellement le nombre de fidèles qui composent l’ensemble de ces églises, mais il est constant aujourd’hui que leurs forces de pénétration et leur capacité de mobilisation ont éclipsé des regroupements comme ceux des témoins de Jéhovah. Or à la suite de la fermeture, le gouvernement n’a pas donné d’alternatives, pour alimenter des besoins en foi qui parfois comble et apaise la pauvreté ambiante


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