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Fermeture de l’institut Mida : les souscripteurs boudent les mesures du gouvernement

L'esplanade du siège du Mida au quartier Ahala le dimanche 22 avril (C) Droits réservés

Deux jours après la fermeture définitive de l’institut Mida, plusieurs souscripteurs n’acceptent pas cette décision. Ils réclament le paiement des sommes promises par ladite organisation.

Plusieurs souscripteurs au programme de formation de l’institut Mida continuent de camper au quartier Ahala ce lundi 23 avril 2018. Au lieu-dit Texaco Ahala comme à l’échangeur de Mvan, des dizaines de ces anciens pensionnaires  de la « Mission d’intégration et de développement pour l’Afrique » sont visibles. Ils ont rejoint cet endroit après avoir été délogé de force le dimanche 22 avril par les éléments de la gendarmerie et de la police, alors qu’ils avaient organisé un sit-in devant les bureaux de ladite organisation sis au lieu-dit repos du chef à Ahala.

L’opération des gendarmes et policiers est intervenue 24h après la publication d’un communiqué du ministre de la Communication, annonçant la fermeture définitive de cet institut. Dans son texte, Issa Tchiroma Bakary fait savoir que selon les résultats de l’enquête initiée par les autorités, il est apparue que la Mida est une « entreprise monstrueuse d’escroquerie de grande envergure », qui aurait déjà commis de nombreux forfaits du genre dans plusieurs pays dans le monde. Son stratagème consistait à rémunérer les épargnes de ses cibles, essentiellement sur la base des fonds procurés par de nouveaux adhérents. Le ministre confirme ainsi que le système de rémunération de cet institut repose sur la pyramide dites de Ponzi.

Le rôle trouble de l’autorité

Les souscripteurs rencontrés après la diffusion du communiqué du ministre Issa Tchiroma ne décolèrent pourtant pas. « Ils savaient depuis le début, et aujourd’hui, ils font comme si c’est la première fois qu’ils en entendaient parler », affirme Moussa, un des souscripteurs au Mida. Selon lui, des responsables de l’administration camerounaise ont accompagné et développé la confiance que les Camerounais ont eu lorsqu’ils investissaient dans la Mida. Il cite à cet effet, la présence du délégué régional du ministère de la Jeunesse et de l’Education civique M. Akono Bessala François lors de la clôture, le 10 février dernier, de la 5ème vague de ce projet ; ou encore la présence de l’adjoint du préfet du Mfoundi à la cérémonie de sortie de la 3ème vague.

Comme lui, Edimo, une autre victime accable, pour sa part, les médias. « Des reportages sont passés à la Crtv. Nous savions que c’était du sérieux. Si on dit que c’était une arnaque, qu’on établisse les responsabilités de tous », clame-t-il.

L’indemnisation du président Paul Biya

Le gouvernement camerounais a fait savoir que le président de la République, outre l’interdiction des activités de la Mida, a également instruit le remboursement intégral des victimes. Une mesure qui, loin de satisfaire les victimes de cette opération, suscite plutôt la colère chez certains d’entre eux. « Je me suis endetté pour participer à cette formation. Je dois rembourser cet argent avec les intérêts. Tout s’est déroulé normalement et je devais recevoir mon argent. Aujourd’hui on ferme Mida et on nous dit qu’on va nous donner les sommes de départ, qui va prendre en charge les intérêts maintenant ? Qu’on laisse Mida nous rembourser, et après si on veut on ferme », soutient Francky, un souscripteur malheureux.

Difficile de savoir si ces revendications trouveront une issue favorable auprès de l’administration camerounaise. Samedi dernier, les éléments de la police ont effectué une perquisition au sein des bureaux de la Mida. Ils continuent d’ailleurs de surveiller activement les lieux. Selon des sources officieuses, plusieurs milliards de francs CFA se trouveraient dans ces bureaux. Pour les souscripteurs, il est hors de question que cet argent soit transporté en d’autres lieux. C’est d’ailleurs ce qui justifie leur présence aux alentours de ce bureau.

 

 

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