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Festival de Cannes: Le Tchadien Mahamat Saleh honore l’Afrique

Le réalisateur tchadien a reçu le prix du jury pour son film «Un homme qui crie»

Mahamat Saleh Haroun a de quoi être fier et optimiste. En 13 années, c’est la première fois qu’un film originaire d’Afrique sub-saharienne était sélectionné en compétition officielle à Cannes. De même, depuis 1975 où la Palme d’or fut décernée au film algérien Chronique des années de braise de Mohammed Lakhdar-Hamina, c’est la première fois qu’un film africain figure de nouveau dans le palmarès de Cannes. C’est dire la place qu’occupe le cinéma africain dans le monde. J’ai l’impression de ramener mon pays, peut-être le continent sur la scène parce que ça fait très longtemps que ce continent est dans l’invisibilité. Je prends cette distinction comme une invitation à faire partie de cette famille du cinéma. Le cinéaste tchadien de rappeler, je viens d’un pays où il n’existe pas grand-chose. Dans ce contexte désertique, j’ai appris une chose: il faut faire les films comme les petits plats mijotés qu’on prépare aux gens qu’on aime a-t-il déclaré avant de recevoir une salve d’applaudissement. Avec ce film, Mahamat Saleh a voulu ramener l’Afrique dans l’humanité. Il me semble que souvent, on lui a refusé cela a-t-il lancé à la presse internationale réunie à Cannes. On me dit que mes films sont universels, mais je suis un homme donc je suis porteur d’universel. Cela ne devrait étonner personne, que je fasse un film universel!

Dans un Tchad en pleine guerre civile, Un Homme qui crie raconte l’histoire d’un père privé de son emploi de maître-nageur par son fils. Adam, la soixantaine, ancien champion de natation est maître nageur de la piscine d’un hôtel de luxe à N’Djamena. Lors du rachat de l’hôtel par des repreneurs chinois, il doit laisser la place à son fils Abdel. Il vit très mal cette situation qu’il considère comme une déchéance sociale. Le pays est en proie à la guerre civile et les rebelles armés menacent le pouvoir. Le gouvernement, en réaction, fait appel à la population pour un « effort de guerre » exigeant d’eux argent ou enfant en âge de combattre les assaillants. Adam est ainsi harcelé par son chef de Quartier pour sa contribution. Mais Adam n’a pas d’argent, il n’a que son fils. Le jury du festival a salué «l’universalité» de l’ uvre de Mahamat-Saleh Haroun, a souligné le compositeur Alexandre Desplat.

A 49 ans, Mahamat Saleh a réalisé plusieurs autres fictions. Un homme qui crie est le quatrième long métrage. En 1999, son premier film, Bye bye Africa est sélectionné à la Mostra de Venise et obtient le prix du meilleur premier film. Suivent ensuite Abouna (notre père) (Quinzaine des réalisateurs 2002), et Daratt, Prix spécial du jury à Venise en 2006 et l’Etalon de bronze au Festival panafricain de Ouagadougou (Fespaco).

Mahamat Saleh Haroun reçoit son prix à Cannes


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