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Fête de la musique: La piraterie des uvres de l’esprit au Cameroun

La lutte contre la piraterie est rendue plus ardue par les forces de l’ordre qui rackettent les vendeurs des produits piratés au vu et au su de tous

La piraterie des uvres de l’esprit constitue aujourd’hui une gangrène dans le microcosme culturel et artistique camerounais. Une situation décriée à longueur de journée par les artistes et qui n’émeut plus personne. Jamais la prolifération des CD et DVD audio et vidéo n’a connu une percée aussi fulgurante. Plus rien ne va. Le métier d’artiste musicien, de comédien ou de cinéaste ne nourrit plus son homme à cause de la rude concurrence faite à ces derniers par les contrefacteurs. Les mélomanes issus de toutes les couches de la société se bousculent plutôt devant les comptoirs des marchands ambulants des CD et DVD venus tout droit des antres des usines de fortune spécialisées dans ce que le commun du mortel appelle la  »piraterie ». A travers les rues, des kiosques sont érigés dans le but de proposer aux passants ces produits plutôt bon marché. A longueur de journée, de nombreux jeunes déambulent dans les rues avec ces produits à la main et même dans leurs sacs à dos. Ils n’hésitent même pas à prendre d’assaut les bars, les bureaux, les restaurants et autres lieux où l’affluence est de mise.

Le déferlement de ces produits de la contrefaçon sur nos marchés est bien inquiétant et les artistes y assistent impuissants. Leur seule volonté ne pouvant suffire à endiguer le fléau. Et pendant que les autorités en charge de la lutte contre la contrefaçon des supports musicaux attendent de se doter des moyens de leur politique, l’affluence vers ces produits musicaux contrefaits va croissante au grand bonheur des vendeurs et même des consommateurs. Une situation que vient encourager la vulgarisation des outils informatiques de gravure et surtout la baisse drastique du prix d’un CD ou d’un DVD vierge vendus à moins de 100 francs CFA seulement. A tout venant, le CD est proposé et c’est au client de le marchander. Des CD et DVD de musique et de films d’ici et d’ailleurs, des musiques et des films venus des pays voisins en l’occurrence du Nigéria, des musiques venues outre atlantique sont exposés au regard des passants en attendant d’être liquidés.

Un business qui attire les foules qui choisissent le CD ou le DVD et payent le prix convenu selon que le titre ou l’artiste a le vent en poupe ou non. Les consommateurs sont bien conscients que ce sont bien là des produits de la  »piraterie » pour ne pas dire de la contrefaçon. A la présentation, étuis détachables, étiquettes approximativement montés avec très souvent des titres qui n’ont rien à voir à leur contenu… Quand on interroge les vendeurs sur leurs sources de ravitaillement, ils affirment qu’ils s’approvisionnent sur place et ignorent tout de la source principale. A la question de savoir si le produit vendu est de bonne qualité, ils haussent les épaulent avant de vous lâcher, je ne peux pas me prononcer dessus, je sais seulement que c’est la même chose que les gens vendent et achètent partout. Même les grands responsables achètent nos CD piratés. Les CD et DVD sont d’ailleurs vendus à la tête du client, les prix variant entre 250 et 1000 francs CFA.

Une vue des oeuvres piratées
Journalducameroun.com)/n
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