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Fibre Optique: Un an pour l’interconnexion en Afrique centrale

L’annonce a été faite par des responsables du ministère camerounais des postes et télécommunications

Lancement de la partie camerounaise des travaux
Ajouté aux réseaux d’accès, le principal réseau camerounais de fibre optique sera combiné avec le projet Réseau de télécommunications haut débit à fibre optique de l’Afrique centrale ou Central African Backbone (CAB), a expliqué Pierre Sonfack, coordinateur de la composante nationale du projet, lors de son lancement officiel au Cameroun. Le ministre Biyiti a pour sa part souligné l’importance du projet sur l’impact qu’il aura sur l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Il a indiqué que les services des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication ont connu au cours des 5 dernières années au Cameroun, un accroissement considérable. Pourtant, le coût des télécommunications y reste parmi les plus élevés dans le monde et la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. La suite de la cérémonie a donné lieu à plusieurs déclarations qui relevaient plus du politique que du concret. Pour de nombreux observateurs, si le problème des infrastructures en matière de NTIC est une réalité au cameroun, le vrai problème de ces technologies reste lié à la gestion du potentiel camerounais en la matière. Malgré une légère amélioration qualitative de son service, l’entreprise national Camtel, qui a la souveraineté dans la gestion de la fibre optique n’a réussit jusqu’ici qu’à se déployer qu’à un niveau moyen de performance, alors que le marché camerounais attend plus.

[Un projet soutenu par la Banque mondiale]
Avec un appui de 215 millions de dollars US sur 10 ans, la Banque mondiale est le principal bailleur de fonds de ce programme, à travers l’association internationale pour le développement. 200 millions de dollars supplémentaires sont attendus d’autres institutions financières comme la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque islamique de développement (BID). Le projet CAB a pour objectif de contribuer à accroître la couverture géographique et l’utilisation des services de réseaux régionaux à large bande et d’en réduire les coûts. Il comprend quatre composantes: la première consiste à établir un contexte porteur, cette composante vise plus précisément à promouvoir une intégration plus poussée des marchés à l’échelon régional; renforcer le cadre légal, réglementaire et institutionnel; soutenir la libéralisation des marchés et enfin promouvoir l’établissement d’une infrastructure qui, une fois en place, sera accessible à tous les prestataires de services de manière ouverte, transparente, compétitive et non discriminatoire. La deuxième composante est le volet connectivité et la troisième porte sur les applications e-gouvernement et les initiatives phares en matière de technologies de l’information et des communications. Enfin, la quatrième composante est la gestion de projet proprement dite, en fonction des modalités de mise en uvre spécifiquement prévues dans chaque pays, ce volet pourra englober soit l’appui en matière de ressources humaines dans des domaines de compétence couvrant la gestion, la passation des marchés, la gestion financière, le suivi et l’évaluation, l’audit interne et externe de la communication, dépenses d’équipements et bon fonctionnement.

La fracture numérique, un défi difficile pour l’Afrique
Au cours des dix dernières années, les dirigeants africains ont adopté des déclarations et des résolutions tendant à accélérer le développement des technologies de l’information sur leur continent. En 1996, les dirigeants africains se sont engagés à mettre au point des politiques et stratégies nationales en matière de TIC mais, dans beaucoup de pays, cela n’a pas encore été fait. Une déclaration prononcée lors d’une conférence régionale africaine à Bamako (Mali) avait invité les pays d’Afrique à supprimer les taxes prélevées sur le matériel et le logiciel des technologies de l’information et de la communication. Un grand nombre de pays n’ont toujours pas accédé à cette demande. Les pouvoirs publics attribuent cette apathie au manque de ressources, en particulier financières. Cette situation fait dire à de nombreux observateurs que le simple déploiement de la fibre optique dans la sous-région ne suffira pas. Les tarifs de communication élevés au Cameroun par exemple, s’expliquent aussi par les stratégies inadéquates des pouvoirs publics. Les ordinateurs et les téléphones cellulaires sont toujours considérés comme des articles de luxe et font l’objet de taxes élevées. L’accès à Internet reste très cher, pour une qualité qui reste très discutable. Pour que le Cameroun parvienne à résoudre ces problèmes en TIC, il faudra qu’il mette sur pied une politique plus ambitieuse et moins conditionnée par la crainte de la négativité des pouvoirs publics à exercer un contrôle absolu dans cet univers. Les experts affirment qu’un accès peu coûteux stimulerait la production de contenu local et permettrait de se constituer un public local mieux conquis.

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