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« Fièvre jaune », le vrai visage des chinois du Cameroun

Interview du réalisateur français Jean Daniel Bécache

Après « faux blancs » réalisé en 2004, le réalisateur français retourne au Cameroun pour un film sur les Chinois du Cameroun. Son dernier film « Fièvre jaune » sera diffusé au centre culturel de Douala le 7 octobre 2009.

Parlez nous du titre. Pourquoi fièvre jaune?
Fièvre Jaune, c’est à la fois le clin d’ il au péril jaune évidemment, fantasme immortel, l’engouement extraordinaire d’un continent pour une invasion de pacotille, et enfin une référence à la maladie. La présence chinoise vécue comme un virus économique mais aussi comme un soin possible. L’engouement pour la médecine chinoise est indéniable et répond à des besoins culturels précis. C’est cette dimension qui fait l’originalité du film par rapport aux approches purement économiques.

Parlez nous du tournage, des personnages…
J’avais un cadreur chinois, ce qui m’a permis de pénétrer plus facilement la communauté. Le rappeur Koppo m’a fait l’amitié d’apparaître au début du film et m’a présenté un jeune rappeur, Ardin qui a composé le rap du film: « Ils viennent de partout ». Le tournage s’est déroulé sur 3 semaines, à Douala, Yaoundé et Ndjombé dans une petite clinique chinoise de brousse. Dans le cadre de ce film, nous avons rencontré de nombreux chinois notamment le responsable de la construction du palais des sports et de l’hôpital ginéco-obstétrique qui est marié à une camerounaise, ce qui est rare.

Les chinois sont installés au Cameroun depuis de nombreuses années. Qu’est ce qui vous a interpellé pour que vous regardiez de près et décidiez d’en faire un film?
Le déclenchement du film c’est lorsque mon ami et assistant Eddy Bannem me raconta l’anecdote des beignets: les chinoises commençaient à vendre des beignets au marché faisant concurrence aux mamans… Et avec un peu de crevette, ça se vendait mieux. A ce phénomène de rue symboliquement fort, j’ai voulu réagir par un film…

Jean Daniel Bécache, réalisateur
Journalducameroun.com)/n

Ce n’est pas le premier film sur le Cameroun?
C’est mon quatrième film sur le Cameroun en effet, un pays que je fréquente depuis dix ans. On peut dire que ma caméra et mon stylo s’animent littéralement dès que je m’en approche… Allez savoir pourquoi ! « Faux Blancs » parlait de ces Blancs échoués au Cameroun, non recensés, qui dérangeaient autant l’ambassade de France que l’imaginaire africain. « Au Nom de Jésus » était la chronique d’une petite église pentecôtiste de quartier. « Eddy Cinéaste Premier », le portrait d’un jeune cinéaste à Douala qui n’avait pas de caméra; je lui en ai apporté une.

Parlez-nous du Cameroun que vous connaissez!
Le Cameroun de Bécache? C’est le titre trouvé par les organisateurs des projections au CCF les 6,7,8 Octobre. Mon Cameroun, c’est la joie du chaos, une créativité de tous les instants, une parole fière et haute qui refait le monde dans la rue. Une humanité entêtante qui fait du bien…

Un point sur les projections?
Au CCF de Douala le 6 et 7, et Yaoundé le 8 octobre. Seront également diffusés les films Fièvre Jaune, Faux Blancs et Eddy Cinéaste Premier pendant cette période. Fièvre Jaune sera ensuite diffusé les 11 et 12 Octobre sur France O. La chaîne STV diffusera aussi Fièvre Jaune.

Affiche du film
Journalducameroun.com)/n
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