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Filière banane au Cameroun: 216 milliards pour avoir un régime consistant

C’est la somme proposée par les membres de la plate-forme technique de formulation du programme de reconversion économique de la filière pour le développement

Environ 16 mois de réflexions
Ce programme est coordonné par le ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (MINEPAT) selon l’arrêté du 21 avril 2009 qui crée la plate forme technique de formulation de reconversion économique de la filière banane plantain (PREBAP). Depuis pratiquement 16 mois, le MINEPAT et les autres acteurs impliqués dans ce projet réfléchissent sur les actions à entreprendre, ainsi que sur les mécanismes de financement. Le 5 janvier 2011, ils se sont retrouvés encore à Yaoundé pour évaluer leur travail. On retient ainsi que le PREBAB nécessite 216 milliards pour sa réalisation. D’après le secrétaire général du MINEPAT, qui a présidé la cérémonie d’ouverture des travaux de cet atelier, l’état contribuera à hauteur de 60 milliards Fcfa et 156 milliards de Fcfa seront complétés par les promoteurs privés et leurs financiers. Concrètement, étaient présents aux travaux, les représentants des chambres consulaires et de l’Agence de promotion des investissements (API), les opérateurs économiques intervenant dans la filière, les représentants des établissements de micro-finance et certains membres de l’administration. Dans l’ensemble, il était question de valider cette proposition de l’équipe technique et suggérer des améliorations sur les modalités d’intervention de chaque axe. Au menu également des travaux, la relecture du projet de texte portant création, organisation et fonctionnement de l’agence d’exécution du programme, agence également proposée par la plate forme technique de formulation du programme.

Les six principaux points du PREBAP
Dans l’ensemble, le PREBAP s’articule autour de six points. Le programme prescrit l’implication des PME et des grands producteurs dans tous les circuits de production, de commercialisation et de transformation pour au moins le quart de la production, soit 800 000 tonnes sur les 3,2 millions de tonnes attendues chaque année pour ce qui est de la production du fruit vert. Il parle aussi de la traçabilité du matériel végétal et le conditionnement du fruit vert suivant les normes internationales, l’accentuation de la transformation du fruit vert en farine, (chips et surgelés), la conquête du marché sous-régional, l’appui de l’état en termes de garantie, de bonification, d’intrants et de terrains pour toutes PME intéressées par la culture et la transformation de la banane plantain et l’implication des producteurs de la banane desservi dans la filière banane plantain. La concrétisation de ce projet est le résultat d’un long processus déclenché depuis 2004 par le président de la République dans le cadre de la mise en uvre du Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), l’actuel Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE).

Signature des conventions
Malheureusement, la concrétisation du programme a pris beaucoup de temps et s’est étendue jusqu’en 2006. Pire, il a fallu attendre encore deux ans, précisément le 23 décembre 2008, pour que ce programme qui a pour objectif de faire de la filière banane plantain, un maillon essentiel de la relance économique et de la lutte contre la pauvreté au Cameroun, cesse d’apparaître dans le registre de simples annonces et des évocations répétées de la part des hautes autorités de l’état, comme l’indiquait Badel Ndanga Ndinga, le ministre de l’Industtie, des mines et du développement technologique (MINIMIDT). Pour avancer dans la réalisation du projet, le gouvernement a signé une convention avec l’Institut international de l’agriculture tropical (LIAT) afin d’avoir l’appui-conseil et l’accompagnement nécessaire dans la mise en uvre des activités de la filière de transformation de la banane plantain au cours de la phase pilote qui a démarré en 2008 et devra s’étendre jusqu’en cette année 2011. Le gouvernement a, par ailleurs, sollicité l’expertise du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) pour renforcer l’encadrement technique du projet. Globalement, apprend-t-on, le PREBAB a pour principal défi de faire passer la production annuelle de plantain, deuxième culture commercialisée au Cameroun après les pommes de terre, de 1,3 millions de tonnes à plus de 3 millions de tonnes en 5 ans. Les experts tablent sur un peu plus de 250.000 emplois à créer en 5 ans à l’issue de la phase pilote. Trois grandes entreprises produisent la banane au Cameroun. La Cameroon Development Corporation (CDC), la Société des Plantations du Haut Penja (PHP) et la Société des Plantations de Mbanga (SPM).

Filière banane: 216 milliards pour avoir un régime consistant
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