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Finances Publiques: L’appel du ministre des finances au secteur privé

Alamine Ousmane Mey a demandé au secteur privé de soutenir les efforts de mobilisation des finances du pays à travers les émissions de titre

En marge du Cameroun Business Forum qui s’est tenu à Douala le 21 février 2013, le ministre Alamine Ousmane Mey des finances au Cameroun, a invité le secteur privé à soutenir l’effort de mobilisation des financements du budget de l’Etat, en souscrivant aux différentes émissions de titres publics qui seront effectués cette année 2012. « Le recours aux marchés financiers par l’Etat, est une tradition à établir définitivement chez nous », a indiqué monsieur Mey, rappelant que le Cameroun est engagé dans cette voie depuis 2010. « Ce sont des placements rentables », a-t-il ajouté à l’endroit des banquiers, chefs d’entreprise et autres opérateurs économiques présents au dîner-débat. « Ils sont garantis par la qualité de la signature de l’Etat, déterminé à respecter ses engagements. Pour le premier trimestre 2013, le montant des souscriptions s’élève déjà à 27 milliards de Fcfa », a-t-il poursuivi. Le ministre des finances dans son développement, a aussi apporté des indications sur le comportement des titres publics, notamment ceux de l’emprunt obligataire, sur le marché secondaire. En 2012, il est indiqué que 8429 bons du Trésor assimilables ont été échangés. Pour un montant d’achat/ventes élevé à plus de 8,2 milliards de Fcfa. A la Bourse de Douala, pour les titres émis par syndication, 7 934 686 obligations ont été échangées. Montant des achats/ventes, plus de 79,2 milliards Fcfa. Le ministre Mey a enfin relevé le fait que ces financement profiteraient au secteur privé, parce que l’argent devrait servir à soutenir le programme des investissements du pays qui à terme créeront un meilleur cadre pour les investissements et les affaires.

Au sein d’un secteur privé fortement inféodé à la volonté politique, peu de réserves ont été apportées aux avances du ministre. Mais des chiffres et des faits permettent de dire que l’appel risque fort bien de ne pas être suivi d’un engagement. Le premier point est sur la signature du gouvernement. Même si elle reste bonne en raison de la soutenabilité de la dette publique (mois de 20% du PIB) et du fait que le pays a jusqu’ici respecté ses échéances de remboursement sur les précédents emprunts sur titres publics, le secteur financier est aujourd’hui très comprimé par le fait d’avoir concentré l’essentiel de ses prêts au gouvernement et à ses administrations spécialisées. Des observateurs pertinents des marchés financiers font d’ailleurs savoir que c’est la raison pour laquelle les deux autres emprunts prévus dans les lois de 2011 et 2012, n’ont jamais pu être effectués. Les emprunts émis sur les bon du trésor, eux ne souffrent pas de problèmes, étant garantis par la banque centrale (BEAC). Ensuite, l’idée selon laquelle les entreprises du secteur privé pourront plus que par le passé contribuer à l’effort de guerre du gouvernement pour la croissance, est illusoire. Le premier emprunt de 2010 on se souvient n’avait connu la participation du secteur privé tout acteur confondu, qu’à hauteur de 49 milliards de Fcfa sur les 200 voulus. L’essentiel de l’emprunt avait été le fait des banques, qui avait dû recourir à des appels de fonds. De même les entreprises seront frileuses d’apporter un soutien au gouvernement, parce que cela permettrait d’avoir une vision claire des bénéfices réalisés et par conséquent jouer contre elles dans un climat de relation public privé dominé par la méfiance. Enfin le gouvernement n’a toujours pas dit ce qu’il a fait du premier emprunt de 200 milliards de Fcfa. Au final 600 milliards de Fcfa dorment dans les banques et si le problème des concentrations de risques est levé, l’emprunt de 150 milliards de Fcfa pourra tenir la route.

Le ministre camerounais des finances, Alamine Ousmane Mey
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