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Finances Publiques: Le budget en cours d’adoption au Cameroun

Plusieurs ministres ont poursuivi la défense de leurs enveloppes budgétaires au cours d’une longue nuit d’adoption du budget programme

C’est ce mardi 11 décembre 2012, que le parlement camerounais devrait normalement adopter son budget pour l’année 2013. Depuis la fin de journée lundi, jusqu’à tôt ce matin, les membres du gouvernement ont défendu les différentes répartitions d’enveloppes budgétaires qui leurs ont été consacrées. Ce matin encore, le ministre en charge de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales répondait aux députés sur les risques de construction du barrage de Lom Pangar en matière de destruction des pâturages. «Nous avons signé un mémorandum d’entente avec Electricity Development Corporation (EDC), et nous pensons que cet accord permet de répondre positivement à la préoccupation que vous posez», a expliqué le Dr Taiga. L’autre ministre qui répondait aux députés ce matin, est celui de la Fonction publique et de la Réforme administrative. Il est revenu sur la situation des retraités. «Des mesures ont été prises pour que les personnes qui vont à la retraite, ne passent plus beaucoup de temps avant de recevoir leurs pensions, il n’y a plus de souci à se faire», a expliqué le ministre de la Fonction publique. Michel Ange Angouin a aussi apporté une réponse rapide à la question des pensions. Discrètement mais sûrement, le Cameroun fait aussi face au problème des retraites. Son gouvernement doit payer aujourd’hui plus de pensions qu’il n’y a de cotisation. «Nous sommes en discussion avec le ministère des Finances pour voir ce qu’il y a lieu de faire», a indiqué monsieur Angouin, sans grande conviction. La plus longue intervention de la matinée a été celle du ministre des travaux publics. Patrice Amba Salla a annoncé le bouclage prochain des négociations visant à achever la construction de la Ring Road dans la région du nord-ouest. Il a aussi admis avec les députés que les coûts de construction des routes au Cameroun étaient très élevés. «S’il est compréhensible que les intrants importés coûtent chers, on voit mal pourquoi les matériaux issus de la pierre peuvent eux coûter aussi cher. Nous travaillerons à réduire cela», a expliqué le ministre.

Depuis le début des échanges, on a peu entendu les ministres ou encore les députés s’attarder sur les questions techniques de fond. Peu ou pas de préoccupation sur les indicateurs de performance des programmes proposés par les ministres. Peu de discussion sur les objectifs fixés par les départements ministériels. La séance d’adoption du budget démontre sans détour qu’au-delà des discours, la classe dirigeante au Cameroun n’est pas encore aguerrie aux réflexes du budget programme et que la gestion des moyens de l’Etat risque de se poursuivre selon des méthodes anciennes. Au plan technique, quelques députés sont revenus sur le fond même du budget. Des questions ont été posées, sur les déficits budgétaires accumulés jusqu’ici. Deux experts notamment Babissakana et Dieudonné Essomba ne cessent d’attirer l’attention du gouvernement et des parlementaires sur le déficit budgétaire cumulé depuis près de 5 ans. Entre 2007 et 2013, le déficit estimé est de près de 3000 milliards de FCFA. Un chiffre qui n’inquiète personne, alors même que les estimations du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi, la boussole économique du pays, ne prévoyait pas plus de 300 milliards de FCFA de déficit pour la même période. Suivant l’analyse des deux experts, ce déficit commercial ajouté au déficit public place le Cameroun dans une position difficile pour l’amélioration des conditions de vie de ses populations. L’autre faiblesse du budget qui sera adopté et qui court aussi depuis des années, est sa taille assez réduite. Avec 25% de portée sur le produit intérieur brut et un secteur privé national incapable de soutenir un type d’investissement, la relance économique telle qu’exposée par le gouvernement risque de ne pas avoir lieu. Au parlement on continue d’assister à un jeu de questions/réponses sur des questions subsidiaires de constructions de salles de classes, ou encore de construction d’un élevage.

Le budget 2013 du Cameroun est discuté devant la représentation nationale



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