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Fonds Mondiaux : Les raisons de l’inéligibilité du Cameroun au Round 9

CARE International a été indexée par certains, mais les vraies raisons sont fournies par les experts des Fonds Mondiaux

L’Etat aura besoin de ses partenaires
Au mois d’octobre dernier le verdict des octrois de financements par le fonds mondial excluait le Cameroun du volet VIH/SIDA. Un nouvel échec pour les autorités camerounaises et une vraie déception pour les nombreux acteurs impliqués dans les divers programmes de lutte contre cette pandémie au niveau local. Le ministère de la santé publique a essayé de minimiser les conséquences. Pourtant, dans le document de demande d’éligibilité aux financements du round 9, les experts du MINSANTE déclarent clairement que compte tenu des enjeux en cours jusqu’en 2014, l’assistance du fonds mondial est trop importante et permettrait d’éviter une situation dramatique pour les personnes vivant avec le SIDA. D’ici à 2014 ce sont quelques 201 227 personnes qui auront besoin d’être prises en charge. Un nombre que le gouvernement a déjà admis ne pas pouvoir supporter dans la totalité, sans l’aide d’un partenariat intérieur ou extérieur.

Certaines ONG mises en cause dans l’échec du Cameroun
Aux lendemains de l’échec du programme sida Cameroun au Fonds Mondial, des organisations locales en avaient attribué la responsabilité à l’ONG Care Internationale (CI). Selon les dires de ces organisations, Anne PERROT Coordonnateur de CARE Cameroun International aurait confisqué le volet prévention. Elle est accusée principalement d’avoir envoyé une correspondance aux représentations diplomatiques et organismes internationaux et aussi d’avoir surchargé le budget pour l’achat de biens d’équipement. Une accusation que rejettent Care International Cameroun. Anne Perrot pour sa défense avait précisé que son organisation ne se substituait pas à la société civile. Elle se limite à organiser des réunions en vue de déterminer les moyens et les objectifs de cette société civile. La responsable de Care avait surtout tenu à préciser que son organisme ne pouvait intervenir d’aucune façon dans le cadre d’un organisme du fonds mondial. Car, indique t’elle, le CCM est un groupe important qui a énormément débattu sur les propositions. Care a été invitée dans le cadre de leurs préparations sur le VIH/Sida à apporter sa contribution technique à la rédaction des projets.

Les manquements des experts camerounais
Cet épisode a surtout permis d’afficher au grand jour les discordes qu’il y a entre les acteurs des secteurs publics et leurs partenaires et les autres acteurs du secteur privé. Les analystes des Fonds Mondiaux ont relevé l’existence de ce léger antagonisme. Mais surtout, ils ont relevé de nombreux manquements dans la proposition camerounaise de financement de la lutte contre le SIDA. Si les raisons d’un rejet par le fonds mondial restent discrètes, l’analyse de la demande du Cameroun autorise à relever un ensemble d’inadéquations. Les experts des Fonds Mondiaux ont par exemple remarqué, que dans le ciblage des couches de population dites vulnérables, les autorités camerounaises ont accordé une priorité aux jeunes scolarisés, au détriment de ceux non scolarisés, pourtant ces derniers en raison de leur ignorance supposée sont plus exposés que les premiers. Les autorités sanitaires n’ont toujours pas su convaincre sur les besoins réelles en ARV et le nombre effectifs de personnes à atteindre. Certains des objectifs prédéfinis ne présentent pas clairement les résultats escomptés et l’utilisation qui sera faite des moyens mis à la disposition des autorités camerounaises.

Une situation qui mérite une attention particulière
Ces quelques exemples sont une petite partie d’un ensemble de données sur lesquels les analystes des fonds mondiaux attendaient de voir des améliorations apportées. Il n’en a visiblement rien été. De manière globale, la lutte contre le sida souffre au Cameroun du problème général dont souffrent les objectifs de l’administration publique. L’évaluation par objectif fait défaut, l’environnement de la lutte contre le sida (dépenses de fonctionnement) plombe sérieusement les objectifs de prise en charge. Et enfin le personnel recruté n’est pas toujours suffisamment compétent pour mener à bien les objectifs fixés ou tout simplement il est mal encadré. Certains agents recrutés sur financement PPTE affirment avoir passé plusieurs mois sans percevoir un salaire. Or l’urgence peut se déclencher à tout moment. Sur les 553 000 personnes vivant avec le VIH/SIDA au Cameroun, à peine 150 000 pourront avoir accès aux protocoles de prise en charge d’ici 2014. Une situation d’autant plus grave que la plupart des acteurs impliqués dans cette lutte ont eux aussi été débouté par le fonds Mondial.


europatlas.org)/n
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