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Football professionnel : Pour un retour dans les stades

Après deux semaines de boycott, les clubs d’élites ont décidé de renouer avec le championnat le week-end du 11 mai

Les présidents de clubs, réunis sous la bannière de l’Association des clubs de l’élite du Cameroun, (Acec) sont restés longtemps inflexibles. Après une première semaine de grève, ils ont maintenu leur mot d’ordre de suspension au championnat ce week-end, pendant que la Ligue de football professionnel (Lfpc) leur exige une mise à jour juridique. Après la réunion tripartite d’hier entre le Minsep, la Ligue pro et l’Acep, les présidents de clubs d’élites ont enfin accepté de lever le mot d’ordre de boycott. La reprise des championnats «professionnels de façade» est annoncé pour le week-end de 11 et 12 mai. Comment en est-on arrivée là ? Selon un communiqué dont Mutations a pu entrer en possession : « Le gouvernement du Cameroun a effectivement honoré ses engagements vis-à-vis des clubs, en mandatant à la Ligue le montant de 300 millions de F Cfa ». Pour rappel, la semaine dernière, les clubs des deux divisions d’élite du Cameroun (Mtn élite One et Mtn élite two) avaient décidé de ne plus prendre part à aucune compétition organisée par la Lfpc avant que leurs subventions ne soient versées. En réaction, le président de la Ligue Pierre Semengue à travers un communiqué de presse indiquait que : «La subvention de l’Etat en faveur des clubs est inscrite dans la Loi de finances 2013 dont le déblocage intervient après la mise en place du budget de l’Etat qui a lieu chaque année, à partir du mois de mars. Au stade actuel, le dossier est rendu à sa phase de liquidation au niveau du ministère des Finances et les clubs en sont déjà informés. C’est dire que la Ligue n’a encore rien perçu de la subvention de l’Etat et son président ne saurait donc être accusé de détournement. Quant à la subvention de la Fécafoot destinée à l’organisation des championnats, seule une partie de la première tranche a été versée à la Ligue, en l’occurrence 75 000 000 F cfa. Il est à signaler que toutes les subventions de la saison précédente, destinées aux clubs leur ont été entièrement reversées sans aucune retenue pour le compte de la Ligue. » Face à ces justifications, les membres de l’Acec ont tenu à préciser que la Lfpc leur devait encore 70 millions F Cfa des subventions promises la saison sportive dernière, ajouté à 210 millions F Cfa représentant quote-part d’un don du chef de l’Etat Paul Biya, y compris également les deux premières tranches de la subvention promise par l’Etat pour le compte de cette année. Comme dans un jeu de ping-pong, Pierre Semengué a de nouveau publié une circulaire qu’il a adressée aux dirigeants de clubs et dans laquelle il dit avoir pris acte de leur décision de suspendre leur participation aux championnats. «Par ailleurs, les démarches effectuées par la Ligue auprès des institutions chargées de la mise à disposition de ces fonds permettent de croire en un déblocage imminent de ceux-ci. Ce qui dégage la Ligue de toute responsabilité concernant l’arrêt du championnat. Toutefois, je tiens à rappeler qu’en application de l’articlé 30 de la Loi n°2011/018 du 15 Juillet 2011, relative à I’ organisation et à la promotion des activités physiques et sportives, seuls les clubs ayant opéré leur mise à jour juridique conformément à son article 30, pourront bénéficier de cette subvention », indique le président de la Lfpc. Une condition qui ne semble pas ébranler la sérénité des présidents de clubs. « La mutation des clubs en société n’est pas une obligation pour la mise en place de notre championnat professionnel », soutient le patron du TKC Emile Onambelé Zibi, par ailleurs président de l’Acec.

Financement
Pis, les clubs exigent également l’apurement des impayés dus aux arbitres et aux commissaires de matches. Selon la Ligue, ce problème aurait déjà été réglé. « Les officiels de match ont été régulièrement payés à l’occasion de tous les matches organisés par la Ligue depuis la saison dernière. C’est à titre exceptionnel qu’il leur a été demandé de préfinancer leurs déplacements pour les neuvième et dixième journées de championnat. Par ailleurs, le paiement de leurs émoluments est en cours. Nous nous inscrivons donc en faux contre les allégations selon lesquelles les officiels n’auraient rien reçu depuis le début du championnat ». Autre grief évoquée par l’Acec, le flou qui entoure l’organisation de la première édition de la Coupe de Ligue. L’association que dirige Pierre Semengué explique qu’en ce qui concerne cette compétition, aucun contrat de sponsoring n’a encore été signé. « Il va de soi que les frais d’affiliation à cette compétition (50 000 F cfa par club) seront restitués aux clubs si aucun sponsor ne se manifeste d’ici la fin de la saison ». Avec ce boycott inédit des clubs d’élites, on se posera toujours la question de savoir si on peut réellement parler de football professionnel au Cameroun si les joueurs n’ont pas de statut et s’il n’est pas capable de s’autofinancer. Dans la majorité des pays où le football est réellement professionnel, les principales sources de financement sont les suivantes : recettes des matchs : 20% du budget total, subventions des collectivités locales : 10%, sponsors : 10%, droits télévision : 50%, produits dérivés : 5% et transferts de joueurs. Nous sommes-nous rassurés qu’on avait créé les conditions requises pour parler de professionnalisme au Cameroun. La matière première d’un projet de football professionnel est l’infrastructure. Or, nos clubs de football, excepté Coton sport, n’ont pas de structures adéquates pour permettre l’épanouissement des acteurs que sont les joueurs. Nul n’a préparé les clubs aux exigences du professionnalisme, ce qui donne l’occasion à tout un chacun de faire ce qu’il veut. Est-il admissible que des clubs comme le Canon de Yaoundé, le Tonnerre et l’Union de Douala n’aient pas leur propre terrain d’entrainement ?

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journalducameroun.com)/n

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