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Formation médicale: L’équation difficile de la qualité et la disponibilité de l’offre

Un rapport sur la qualité des enseignements supérieurs dans ce domaine au Cameroun établit de nombreux manquements et avec un gros débat

Les débats sont aujourd’hui ouverts à la suite du rapport de l’équipe d’évaluateur conduite par le professeur Sosso aujourd’hui recteur de l’Université de Yaoundé 1 sur la qualité des enseignements médicaux fournis par l’établissement agrée. Le Docteur Effila est chirurgienne dentiste et appartient au corps qui a ouvert des médecins qui ont ouvert les débats sur le sujet. Ce qui fait problème, c’est la prolifération des Instituts Privées d’Enseignement Supérieur (IPES). Cette prolifération a entraîné une dégradation de la formation en elle-même, a-t-elle déclaré lors d’un débat télévisé sur le sujet, reprenant entièrement le discours qui est celui de l’Ordre National des Médecin du Cameroun. Comme solution, elle propose de la fermeture pure et simple de ces établissements qui ne respectent pas les standards édictés en matière de formation médicale. Une telle question est une remise en cause de la loi d’orientation de 2011 qui donnait la possibilité à des privés d’ouvrir des centres de formation pour médecin pour suppléer aux limites des capacités des structures d’Etat. Le professeur Sosso qui a présidé le comité de rédaction du rapport lui se veut moins tranché. Il n’est pas question de remettre en cause le rôle des structures d’encadrement privées. Notre rapport a relevé un certains nombres de manquement dans certains domaines qui peuvent être corrigé. L’appui du secteur privé dans le domaine reste de mon point de vue important maintenant c’est à ceux à qui appartiennent la décision de réagir, a-t-il déclaré.

A côté de cette bataille entre les pros et les antis IPES, d’autres observateurs se posent des questions sur la responsabilité de l’administration. L’ouverture et l’exploitation de tels établissements de mon point de vue devraient être encadré par un ensemble de cahiers de charges, et de mesure de contrôle. La situation ne peut pas être arrivée à ce stade sans qu’il n’y ait pas une responsabilité de la puissance publique, fait remarquer Badi Omer, journaliste spécialisé des questions économiques. Pour un autre journaliste, Xavier Messe dont le journal Mutations a traité de l’affaire, la vraie question est celle de savoir le niveau de tort provoqué par le secteur privé. C’est facile de parler des IPES et des effets de la qualité des enseignements sur l’efficacité des médecins, mais je ne pense pas que ces différents établissements aient déjà eu le temps de fournir des médecins aux hôpitaux camerounais. La plus part des médecins aujourd’hui sont sortis des centres de formation publiques, fait-il remarquer. La question est très délicate. De nombreux médecins appartenant à l’ordre des médecins au Cameroun ont été formés ou ont eu une première formation dans le cadre du Centre Universitaire des Sciences médicales de Yaoundé. Le rapport n’est pas encore à la disposition du grand public mais une chose reste certaine pour de nombreux malades, l’offre de santé est très faible en quantité et aussi en qualité. Au sein de l’administration les hauts fonctionnaires ont recours à des voyages à l’étranger lorsqu’ils sont malades, preuve qu’eux même ne font pas confiance aux médecins qu’ils forment. Aujourd’hui avec 6000 étudiants dans les établissements privés de médecine au Cameroun, il sera difficile de juste appliquer des interdictions d’exercer.


medcamer.org)/n
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