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Forum économique au Canada: Mission réussie pour la délégation camerounaise

La mission organisée à la faveur du cinquantenaire de la coopération entre les deux pays est rentrée avec plusieurs promesses de partenariats

Structuration des filières
Il y en a cinq principales. Cima international dans la réfection des centrales électriques et l’accompagnement managérial, un accord de principe dans l’agroalimentaire pour un projet de création d’une usine de transformation du cacao en beurre et poudre de cacao, une promesse d’achat d’un conteneur de fèves de cacao à un participant camerounais par l’un des plus gros producteurs de chocolat canadien, Laura Secord qui, en plus, prend l’engagement de s’impliquer dans le projet de transformation de ce produit au Cameroun et des promesses de partenariat entre Electricity development corporation (Edc) et Hydro Québec dans le domaine de la formation. Il n’a pas fallu deux jours pour apprécier les premières retombées de la mission économique camerounaise au Canada organisée la semaine dernière par le Groupe Afrique Expansion de la camerounaise Amina Gerba, à la faveur du cinquantenaire des relations entre les deux pays. Mais il y a eu plus. En vue de l’optimisation du rendement des agriculteurs et agro-industriels camerounais, une meilleure structuration des différentes filières s’impose et le modèle coopératif canadien peut inspirer. Du coup, Jean Claude Eko’o Akouafane, Sg du Minader a rencontré le ministre de l’Agriculture du Québec ainsi que le président de la Coopérative fédérée (la Coop Fédérée) avec laquelle le Minader souhaiterait bâtir un partenariat. Dans le cadre du projet de transformation de la biomasse, le Regroupement des exportateurs africains (Reaf) mobilisera ses compétences au niveau de la formation professionnelle et du renforcement de capacités, de la conception et design de machines, de la fabrication de broyeurs, tandis qu’un projet de partenariat pour l’exploitation du bois dans la construction des maisons pré-usinées a été acquis. Le Gicam n’est pas resté inactif. Son Secrétaire exécutif, Alain Blaise Batongué, a animé, en tant que conférencier principal, le déjeuner-conférence auquel ont pris part plusieurs hommes d’affaires canadiens, et même politiques. « Faire des affaires au Cameroun: le temps d’investir ». C’est le thème de cette présentation. L’orateur a proposé les trois raisons pour lesquelles, selon lui, il était utile d’investir au Cameroun : une stabilité politique et une situation géographique stratégique dans une région tourmentée, une économie ouverte et de bonnes perspectives de croissance, et enfin une stratégie d’investissement globalement cohérente, en cours de finalisation par un texte qui devrait être adopté par l’Assemblée nationale cette fin d’année.

Balance commerciale
Pour Alain Blaise Batongué, le Cameroun présente aujourd’hui cinq domaines prioritaires d’investissement. A savoir, l’agriculture et agroalimentaire, les infrastructures, les potentialités minières, le tourisme et ses filières, et les Petites et moyennes entreprises. Enfin, les investisseurs peuvent se faire encadrer par l’organisation patronale qu’il représente et qui, selon son exposé, assure une présence institutionnelle forte, une représentativité et des acquis incontestables dans le dialogue public/privé et au nom duquel il a fait une offre aux investisseurs canadiens. Mais si ces résultats sont prometteurs, il faudra plusieurs autres offensives du Cameroun pour rééquilibrer une balance commerciale aujourd’hui largement en faveur du Canada. « En 2011, le Canada a acheté au Cameroun du bois et ses dérivés, du caoutchouc, du charbon ou encore du café. En retour, il a exporté vers ce pays des céréales, des véhicules, du papier et des vêtements. Financièrement parlant, ces échanges ont généré plus de 27 millions de dollars en exportations pour le Canada contre 7 millions et demi pour le Cameroun. Même si ces échanges demeurent déséquilibrés, ils ont connu une croissance remarquable ces dernières années au point que le Cameroun est aujourd’hui en Afrique centrale le premier client et le deuxième fournisseur du Canada», a rappelé dans son propos d’ouverture Mallam Gerba, le président de Geram communications et co-organisateur du forum. Certes, les échanges de la semaine dernière ont déjà permis de battre en brèche cette formule longtemps partagée au Canada selon laquelle « Le système canadien n’encourage pas les exportateurs à aller en Afrique et ne les suit pas quand ils y vont. Pour les banques, un homme d’affaires qui choisit les États-Unis est très averti, celui qui opte pour l’Europe est audacieux, alors que celui qui va en Afrique est fou.» Mais il faut aller plus loin et convaincre les autres de ce que, avec un taux moyen de croissance de 5%, un retour sur investissement qui est l’un des plus élevés au monde, l’Afrique en général et le Cameroun en particulier ne laissent plus personne indifférente.

Aminata Gerba (Afrique Expansion) et Jean Claude Eko’o Akouafane, Sg du ministère de l’agriculture et du développement rural



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